La performance offensive de Victor Wembanyama face au Thunder, lors du Game 1 de la finale de conférence Ouest, a évidemment marqué les esprits. Avec ses 41 points et 24 rebonds, le Français a frappé un grand coup, sur le parquet du double MVP en titre, qui venait de recevoir son trophée Michael Jordan des mains d’Adam Silver…
« Wemby » a-t-il montré qu’il était le « meilleur joueur du monde », comme le claironnait Stephon Castle en conférence de presse ? L’intéressé a intelligemment éludé la question. En tout cas, il a bien montré qu’il était le meilleur « two-way player » du monde car son impact défensif fut aussi énorme que son impact offensif.
Pourtant, le 3e des votes pour le MVP n’a fini qu’avec 3 contres… sauf que les « blocks » ne sont que la partie visible de l’iceberg. Avec Victor Wembanyama, l’effet le plus spectaculaire est en effet parfois celui qui ne rentre dans aucune colonne statistique classique : l’instant où l’attaquant voit le cercle, les bras du Français, puis renonce.
Des prises de décision accélérées
« Quelqu’un m’a dit, je crois que c’était Joel Embiid, qu’il ne battra pas le record de contres parce que les joueurs auront trop peur de tirer face à lui » expliquait récemment Nicolas Batum. La formule est presque paradoxale : Victor Wembanyama pourrait être trop dissuasif… et donc plomber son propre total de contres.
C’est tout le sujet de « l’effet Wemby ». Il ne protège pas seulement le cercle, il modifie carrément la géographie mentale du terrain. Les drives se raccourcissent, les floaters partent plus tôt, les layups deviennent des passes en catastrophe. Cooper Flagg l’a résumé après avoir croisé la route du Français : « Il faut monter son tir, et vite, parce qu’il vient le contrer à chaque fois. » Face à Victor Wembanyama, le temps de décision se compresse.
Les données fournies par BBall-Index permettent de visualiser ce phénomène. Lorsque Victor Wembanyama est sur le terrain, les adversaires affichent un eFG% de 49.8%, contre 50.8% avec Chet Holmgren et 51.4% avec Rudy Gobert, sans doute les deux autres meilleurs protecteurs du cercle dans la NBA actuelle.
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L’écart se lit de façon géographique. Sous le cercle, les adversaires sont à 54.2% face à Victor Wembanyama, 52.4% avec Chet Holmgren et 55.6% avec Rudy Gobert. Mais avec le joueur des Spurs, le bleu envahit l’ensemble de la raquette et des zones intermédiaires, comme si l’attaque perdait ses repères en approchant du cercle. Comme si Wemby, par sa taille et sa mobilité exceptionnelles, contrôlait tout l’intérieur de la ligne à 3-points…
Un rayon d’action énorme
Chet Holmgren conteste très haut, Rudy Gobert organise toute une défense par sa présence, mais Victor Wembanyama ajoute une couche supplémentaire : son rayon d’action est énorme. Il peut être à plusieurs mètres de l’action, puis revenir dans le champ du tir. Et contrer même les shoots à mi-distance de Shai Gilgeous-Alexander !
« C’est unique. Lui et Steph sont probablement les seuls avec ce type de gravité » détaillait De’Aaron Fox. Stephen Curry étire les défenses dès qu’il franchit le milieu de terrain. Victor Wembanyama, lui, contracte les attaques dès qu’elles approchent la raquette. L’un crée de l’espace par la peur du tir, l’autre en retire par la peur du contre.
Le Wall Street Journal a même donné un nom à ces possessions qui disparaissent : les « nopes », ces actions où l’attaquant refuse de shooter simplement parce que Victor Wembanyama est là. Lors de la série face à Portland, le site en avait compté 56, soit 14 par match. Ce ne sont pas des contres… car ce ne sont même pas des tirs.
Shai Gilgeous-Alexander l’a d’ailleurs reconnu après le Game 1 de la finale de conférence : face à Victor Wembanyama, il ne suffit pas d’attaquer, il faut aussi recalibrer chaque décision.
« Il est très grand, très long, et il dissuade beaucoup de choses près du cercle », a expliqué le MVP. « Il faut être intelligent quand on attaque. Être patient, mais aussi agressif, et ne pas être trop timide. » C’est peut-être la meilleure définition de l’effet Wemby : un défenseur qui ne bloque pas seulement des tirs, mais qui force les attaquants à penser autrement, plus vite, plus tôt, et souvent plus loin du cercle qu’ils ne l’auraient voulu.
| Victor Wembanyama | Pourcentage | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Equipe | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Fte | Int | Bp | Ct | Pts |
| 2023-24 | SA | 71 | 29:40 | 46.5 | 32.5 | 79.6 | 2.3 | 8.4 | 10.6 | 3.9 | 2.2 | 1.2 | 3.7 | 3.6 | 21.4 |
| 2024-25 | SA | 46 | 33:12 | 47.6 | 35.2 | 83.6 | 1.8 | 9.2 | 11.0 | 3.7 | 2.3 | 1.1 | 3.2 | 3.8 | 24.3 |
| 2025-26 | SA | 64 | 29:09 | 51.2 | 34.9 | 82.7 | 2.0 | 9.5 | 11.5 | 3.1 | 2.4 | 1.0 | 2.4 | 3.1 | 25.0 |
Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.
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