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Duke – Butler, dix ans plus tard

Avril 2010. Butler défiait Duke en finale du tournoi NCAA, avec un tir du milieu de terrain de Gordon Hayward pour décider du sort d’une partie déjà légendaire.

Réunis à Boston depuis l’été 2017, Brad Stevens et Gordon Hayward sont des talents reconnus dans leurs professions respectives. Tous deux All-Stars en NBA, ils étaient déjà ensemble il y a dix ans à Butler, en NCAA.

C’est précisément la folle aventure des Bulldogs de ces deux années, 2010 et 2011, avec deux apparitions au Final Four mais aussi deux défaites en finale, qui a permis à Gordon Hayward d’abord (par la Draft 2010) et Brad Stevens (qui signe à Boston à l’été 2013) de rejoindre le grand bain.

« C’est un jet raté. Je déteste qu’ils appellent ça un tir »

Mais, ce tir… Ce shoot du milieu de terrain de Gordon Hayward pour la gagne, celui-là est encore omniprésent dans les mémoires de tous les acteurs de cette finale. Et, à vrai dire, c’est le genre de tir qui est dans la légende rien que par son contexte.

« C’est un jet raté », rectifie Coach Krzyzewski pour ESPN. « Je déteste qu’ils appellent ça un tir. Je n’ai jamais considéré la tentative d’Hayward comme un tir. C’est un jet de ballon. Quand on tire de plus de 15m, c’est un jet [ndlr : heave en anglais]. Et quand ça tombe dedans, que ce soit à la mi-temps ou à la fin du match, c’est toujours incroyable. »

Pas loin de rentrer, ce tir impossible (ou jet donc) aurait effectivement pu devenir un geste de légende, montré génération après génération sur la planète orange…

« Si Gordon rentre ce tir, c’est le moment le plus iconique de l’histoire », affirme en tout cas Matt Howard, son coéquipier passé par le championnat de France et auteur d’un écran précieux, mais souvent oublié, sur cette dernière action. « C’est au moins le raté le plus iconique… pour le moment. »

Dans le feu de l’action, Gordon Hayward a manqué de peu un exploit retentissant. Mais l’ailier se souvient encore plus d’un autre raté, à mi distance, un peu plus tôt dans cette fin de match haletante.

« Il s’agissait simplement d’un système où je vais chercher le ballon et je crée un tir. Ils m’ont bien forcé à partir à droite. Ce tir, je m’en souviens encore, je l’ai rentré tellement souvent. Je le sentais bien quand il est parti mais il a été un peu trop long. Il a tapé le fond de cercle. C’est le tir dont je me souviens, beaucoup plus que le tir du milieu de terrain. J’étais beaucoup plus déçu de celui-ci. »

« Ce titre a été énorme »

Mais cela aurait pu changer pas mal de choses pour Duke également. Les Blue Devils restaient de fait sur trois saisons moyennes et ce titre est finalement la récompense d’un cycle complet de formation.

« Ça ne fait aucun doute qu’au milieu des années 2000, on avait besoin de se réinventer », souligne Chris Collins, assistant coach de 2000 à 2013. « On avait eu JJ Redick, Shelden Williams mais ce groupe n’avait pas gagné. On avait été court aussi en 2004 avec Luol Deng et sa génération. On a eu quelques opportunités et puis, pendant quatre ans, c’était beau parce que ce groupe a lutté. On est à peine dans le tournoi et on perd contre VCU, puis on perd contre West Virginia l’année suivante. Duke essayait encore de se réimposer comme une équipe dominante. Et pour le recrutement et l’image de Duke, ce titre a été énorme. Surtout avec les gars qui l’ont fait. Des gars qui sont resté quatre saisons. Ça a remis Duke sur le devant de la scène. »

Ce que l’on apprend dans les détails de cette histoire remise en perspective, c’est que « Coach K » joue son va-tout sur la dernière minute. Avec des joueurs majeurs touchés par les fautes et un banc inférieur à celui de Butler, il ne veut absolument pas de prolongation.

Il sent que son équipe sera dominée sur la période supplémentaire et il demandera donc à son pivot Brian Zoubek de rater son dernier lancer pour laisser moins de chances à Butler de marquer sur les ultimes secondes.

« J’étais surpris qu’il rate son lancer intentionnellement », reprend Matthew Graves, l’assistant coach de Butler. « C’était leur stratégie, la plupart des coachs prendrait le lancer. On avait une stratégie pour attaquer après un lancer réussi. Mais sur un raté, ça devient une lutte pour la balle. Gordon a fini par trouver un bon tir. Mais combien de fois tu peux rentrer un tir du milieu de terrain ? »

« Je pense qu’il avait une bonne chance de le réussir, avec l’angle que j’avais. C’était dans l’axe mais bon, heureusement, c’était trop long »

« Coach K » a vu juste sur le coup. Non seulement sur les chances de perdre sur un « jet » de loin mais juste avant sur sa défense sur Gordon Hayward.

« On sentait bien que le ballon allait être pour Hayward. Exceptionnellement, on avait mis Zoubek sur la remise en jeu. Ils ont utilisé leur dernier temps-mort et on l’a laissé défendre sur la remise en jeu. Ensuite, on voulait que Hayward parte à droite. Et Zoubek est revenu dans l’action avec une grosse action défensive en aide. Ça l’a forcé à s’ajuster et son tir a fini court [long en fait, ndlr]. Et heureusement que Zoubs a fait ça, d’autant que c’est lui qui a pris le rebond. »

De son côté, Brian Zoubek n’en menait pas large malgré ses efforts : « Son tir partait bien, je l’ai suivi tout du long et j’ai fini sur la ligne des lancers quand il a fini sur le cercle. J’étais aussi surpris que tout le monde quand il n’est pas rentré. » 

Quand son assistant, Steve Wojciechowski, rajoute : « Je pense qu’il avait une bonne chance de le réussir, avec l’angle que j’avais. C’était dans l’axe mais bon, heureusement, c’était trop long. » 

Pas du tout l’avis de Mike Krzyzewski, qui assure n’avoir pas frissonné : « Je n’ai jamais pensé qu’il rentrerait. »

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