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La vie de jeune star à Los Angeles, sa descente aux enfers : les confessions de Darius Miles

Avant de faire les choux gras de la rubrique « fait divers » à cause de ses problèmes d’argent, Darius Miles a été un joueur marquant du début des années 2000. Dans ses premières années pleines d’espoir chez les Clippers, habitués au bas de tableau, il a laissé le souvenir d’un joueur à la dimension physique au dessus de la moyenne et au jeu hyper spectaculaire, faisant de lui un basketteur très apprécié des fans de « showtime » et un habitué des Top 10 hebdomadaires.

Dans une longue lettre truffée d’anecdotes publiée sur « The Players’ Tribune », l’ailier tout droit sorti du ghetto d’East Saint-Louis (Illinois) a raconté sa vie de rêve de jeune adolescent de 18 ans, troisième choix de la draft 2000, propulsé en jet privé, direction Los Angeles, en compagnie de Quentin Richardson (« Q »), devenu son ange gardien. Il raconte notamment ses frasques quotidienne aux côtés des autres jeunes loups des Clippers, Keyon Dooling, Corey Magette et Lamar Odom.

« On avait l’habitude de rendre fou Alvin Gentry. On se pointait littéralement au premier jour du training camp avec des pistolets à eau géants. Je me souviens qu’on terrorisait tout le monde et que le vétéran Derek Strong nous regardait faire depuis son siège dans le vestiaire, froid comme une lame, à nous dire : « N’essayez même pas de me tirer dessus ». On était juste des enfants. Moi, « Q », Lamar Odom, Corey Magette, Keyon Dooling. On était comme une équipe de fac. On bougeait partout à cinq, minimum. Imaginez cinq joueurs NBA débarquer dans un putain d’hypermarché du genre : Quoi de neuf ? ».

Sa rencontre avec « MJ » : « La première lueur d’espoir »

Darius Miles a également évoqué sa première rencontre avec Michael Jordan, lors d’un camp pour jeunes organisé par ce dernier. Un événement qui lui a fait prendre conscience de son potentiel.

« Je me souviens quand je suis arrivé au lycée et que j’ai commencé à recevoir des lettres d’universités. Ça ne semblait même pas réel, j’étais comme dans un autre monde, ce monde qui n’était pas fait pour nous, vous comprenez. Il y a eu un moment qui a changé ma vie malgré tout, le jour où j’ai rencontré MJ. (…) MJ était un héros pour tous les gamins, mais pour nous (originaires de l’Illinois), c’était à un autre niveau. On est arrivés au camp le premier jour et MJ était là, en chair et en os. Quand il a commencé à jouer avec nous, personne ne voulait défendre sur lui. Rappelez-vous, on était des enfants. Qui va se mettre sur le chemin de MJ, pour de vrai ? Mais avec « Q », on se regardait à se dire, « vas-y, on n’a pas peur ». Donc j’ai voulu défendre dur sur lui. Bien sûr, c’est MJ, il a des moves, et il m’a tué. Mais j’ai continué à défendre dur et il a commencé à me montrer du respect. Après le camp, j’ai fait une photo avec lui et tout et je l’ai ramené à la maison où je l’ai mise en évidence, comme si MJ était un de mes oncles. Je revois ma mère me demander « Il est comment, MJ ? » Je lui disais « Maman, c’est fou, Michael Jordan était là à jurer. Il parle comme nous ! ». C’était la première lueur d’espoir. Je me disais : merde, Michael Jordan est comme moi. Il est normal. Je peux peut-être le faire ».

Cet épisode contribuera d’ailleurs à ce que Quentin Richardson et Darius Miles signent avec Jordan Brand quelques années plus tard, alors que la marque prenait de plus en plus de place sur le marché.

La retraite anticipée, les problèmes d’argent : le début des gros ennuis

Malheureusement pour Darius Miles, des pépins physiques au genou l’ont contraint à mettre un terme à sa carrière NBA bien avant l’âge de 30 ans. Concernant sa descente aux enfers, le joueur l’explique par plusieurs facteurs : la pression de l’environnement dans lequel il a grandi, les mauvais choix financiers et la maladie puis le décès de sa mère.

« Mon gars « Q » avait l’habitude de me parler avec sagesse, et je n’ai jamais voulu écouter. Il disait : « Tu peux rester vrai, mais ne le sois pas trop ». J’avais l’habitude de revenir à East St Louis, chaque été (…). Je me souviens que lorsque j’ai commencé à faire le buzz, tout le monde disait : « Ne nous oublie pas ». Et je promettais de ne pas les oublier. Je revenais pour les enfants, pour qu’ils voient le genre de voiture que je conduisais, comment je vivais, les histoires que je racontais. Juste pour qu’ils voient que c’était possible de se sortir de là. Je croyais que la rue m’aimait, ça a été mon erreur. La rue n’aime personne… »

L’ancien « JailBlazer » a ainsi enchaîné les investissements ratés.

Quand tu es jeune, tu crois que l’argent va tomber et durer pour toujours. Ce n’est pas une question d’intelligence ou des gens que tu as autour de toi, quand tu passes de rien à brasser des millions de dollars à 18-19 ans, tu n’es pas prêt pour ça. Si tu lis les journaux qui parlent de moi maintenant, il est uniquement question de ma banqueroute. Les gens me demandent : « Mec, comment peux-tu perdre autant d’argent ? ». Cette partie est facile à expliquer. On a déjà entendu cette histoire un million de fois, avec un million de joueurs, avec le cliché du gars qui devient fauché à force d’acheter des Ferrari ou des trucs du genre. Ecoute, ça prend beaucoup de temps de se faucher à acheter des Ferrari. Ce qui te met sur paille, ce sont les affaires douteuses. Ça fait disparaître l’argent très rapidement. Mais ce n’est même pas la partie la plus intéressante de mon histoire. À la fin, quand j’étais au plus bas, je ne voulais même plus d’argent. Je me foutais de tout. Je ne pouvais même pas quitter la maison. J’étais devenu parano, dépressif et j’allais faire du mal à quelqu’un ».

De longues années avant de sortir de la dépression

Alors qu’il se voyait comme « un dur à cuire », la disparition de sa mère l’a alors plongé dans une profonde dépression. Il a alors fallu de longues années pour que l’ancien joueur se remette de ce triste événement.

« On m’a pris le basket à 27 ans et j’étais perdu. Puis quelques années plus tard, on m’a pris ma mère, et je suis devenu plus ou moins fou. Quand tu es en NBA, les gens croient que tu es un super héros et peut-être que tu crois en être un. Mais il y a tout un tas de choses à côté de ça dont le public n’a pas idée. Ma mère a combattu trois cancers : cancer du foie, du colon, et des os. Quand je pense aux équipes dans lesquelles j’ai jouées après LA – à Cleveland, Portland, Memphis – ce dont je me rappelle en premier, ce sont les hôpitaux de toutes ces villes. J’ai dû gérer ça presque tout au long de ma carrière et j’essayais juste… d’enfouir tout ça. Par fierté, je me tenais droit et je ne me laissais jamais casser par ça. Je n’ai jamais pleuré, pas une seule fois. Mes proches tombaient comme des feuilles mortes quand j’étais dans la ligue… des amis, des cousins, ma grand-mère… et je n’ai pas pleuré une seule fois. J’ai perdu mon grand-père d’un cancer de la gorge, ma grand-mère d’une maladie du cœur, mon meilleur ami Geracy, poignardé dans la rue en 2004… Je ne dis pas ça pour attirer de la sympathie. Tout le monde passe par des moments difficiles. Je dis juste que j’ai gardé la tête haute malgré tout ça. Mais ma mère, c’était une histoire différente. Peu importe à quel point tu peux être dur, ta maman reste ta maman (…) Je me souviens quand elle était proche de la fin (…) Elle était en train de disparaître devant mes yeux (…) Les deux dernières semaines, elle ne pouvait plus parler. Et quand elle est décédée, je ne vais pas mentir, ça m’a cassé en deux. Après les funérailles, je devais nettoyer sa maison, mais je n’ai pas pu le faire. Je n’ai pas pu quitter sa maison pendant une année entière. Je n’avais plus la volonté de faire quoi que ce soit. J’étais au fond du trou. Je ne répondais plus aux messages, même à ceux de « Q ». Ce n’était pas comme si les gens n’essayaient pas de m’aider, je ne voulais pas d’aide, j’étais juste… parti. Je dormais en plein jour et je passais mes nuits à boire et à fumer de l’herbe, juste pour essayer de m’évader. J’étais parano. J’avais le permis de port d’arme, donc j’en avais une sur moi tout le temps. »

Puis finalement, c’est le déclic, et les retrouvailles avec Quentin Richardson.

« Je sais que les gars comme moi ne sont pas sensés parler de dépression, mais je vais en parler. Si un vrai enfant de la rue comme moi peut souffrir de ça, alors tout le monde peut en souffrir. Je suis resté dans la maison de ma mère, à Est St Louis pendant trois ans. J’étais juste… piégé. À porter mon gun partout avec moi, à ne pas pouvoir dormir, je ne pouvais pas m’évader de mon propre esprit, je ne trouvais pas la paix. Et puis un soir, j’en ai juste eu assez. J’ai appelé « Q », qui vivait en Floride depuis quelques années. Je lui ai demandé : « C’est sympa là-bas ? », il a répondu : « Bien sûr ». J’ai dit : « Je crois que je vais venir par là ». Il a répond « Bien sûr ». J’ai fait mon sac et j’ai conduit 14 heures à travers la nuit. Il fallait que je fasse quelque chose, il fallait que je provoque un changement(…). Maintenant, je vis dans la même rue que « Q » en Floride. J’aime bien cet endroit. Pour la première fois depuis des années, j’arrive à dormir la nuit, je n’ai pas à porter d’arme et je peux enfin vivre en paix. J’essaie juste de devenir meilleur, une meilleure personne, jour après jour ».

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