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James Harden, le comble de l’isolation

Si Clint Capela et Eric Gordon ont réclamé moins d’isolations pour le prochain match face aux Warriors, suivis par de nombreux fans texans, ces remarques ont eu le don d’agacer Mike D’Antoni. « Oh mon Dieu, ils font de l’isolation, c’est tout ce qu’ils font », se moque le coach en imitant les critiques. « Non, ce n’est pas tout. C’est ce qu’on fait de mieux. On marque environ 60% du temps sur ces séquences. Vraiment ? ‘Ils ne font pas de passes, les gars sont statiques’. Vraiment ? Vous nous avez regardés pendant 82 matchs ? Nous sommes qui nous sommes et nous sommes très bons comme ça. »

Une stratégie trop caricaturale ?

Pour les Warriors, il faut donc tenir le choc face à ces attaques individuelles à répétition.

« À ce stade de la compétition, la seule chose qui compte c’est la défense, » martelait Steve Kerr après la rencontre. « Vous devez avoir une défense hermétique pour gagner un titre. Vous n’avez pas le choix. »

Houston a fait un grand pas dans cette direction cette saison en entourant James Harden de Chris Paul, P.J. Tucker, Trevor Ariza, Clint Capela et Luc Mbah a Moute en sortie de banc, soit cinq solides défenseurs capable de switcher sur toutes les positions. Les Warriors possèdent eux le même luxe quand Stephen Curry et le « Hamptons 5 » débarquent sur le parquet.

Dans cette configuration, James Harden et Stephen Curry sont toutefois les maillons faibles de leur équipe et lors du Game 1, les deux attaques ont cherché à attaquer, de façon différente, les deux joueurs pour en tirer profit.

Après quelques minutes de jeu, la stratégie des Rockets était néanmoins caricaturale. Si Stephen Curry était sur le terrain, le joueur défendu par le double MVP posait autant d’écrans que nécessaires pour le forcer à « switcher » sur James Harden. Sur ces actions, Stephen Curry a fait son maximum pour gêner autant que possible son adversaire. Malgré tout, James Harden a inscrit 1.31 point sur les 13 isolations où « The Beard » s’est retrouvé face au double MVP.

De l’autre côté, les Warriors ont attaqué James Harden de façon variée. Plutôt que de chercher systématiquement le « switch », ils l’ont également obligé à prendre des décisions loin du ballon, s’offrant ainsi pas mal de paniers faciles.

« Chaque fois que nous faisons une erreur, ils vous font payer immédiatement, » expliquait Clint Capela. « C’est un de leurs points forts. Vous n’avez pas le droit à l’erreur. »

Si James Harden n’est pas connu pour ses prouesses défensives, le système des Rockets lui a permis d’être performant de ce côté du terrain pendant la saison, en particulier pour défendre poste bas face aux intérieurs adverses.

Face à Golden State, cette stratégie est plus compliquée à mettre en place tant les Warriors bougent, posent des écrans et coupent sans cesse. Les champions en titre forcent leurs adversaires à prendre de nombreuses décisions sur chaque attaque. Autant physiquement que mentalement, il est d’autant plus compliqué de se relâcher dans ces conditions.

James Harden a dribblé plus de 500 fois…

Pour James Harden, c’est une proposition problématique tant il dépense la plupart de son énergie en attaque. S’il n’a eu besoin que de 24 tirs pour marquer ses 41 points, il a dû cravacher sur toutes ses tentatives face à une défense concentrée sur lui. Lors du Game 1, les Rockets ont dribblé 1 107 fois, dont 49.6% juste pour James Harden (39% de Chris Paul). Pour vous donner un ordre de comparaison, Kevin Durant, qui a marqué 27 de ses 37 points sur isolations, n’a lui dribblé que 187 fois.

D’après ESPN, l’action la plus efficace pour l’attaque de Houston lundi était tout de même l’isolation de James Harden. Mais cette stratégie est épuisante, et les Rockets en ont payé le prix fort en défense. Le dilemme proposé à la meilleure équipe de la saison est donc clair : comment James Harden peut-il à la fois attaquer sans relâche et conserver de l’énergie en défense sans toutefois heurter la capacité de Houston à ralentir Golden State ?

Pouvoir davantage compter sur ses coéquipiers devrait évidemment soulager James Harden mais ne croyez pas que Houston changera son système de jeu après avoir atteint la finale de conférence relativement facilement.

« Nous sommes qui nous sommes et nous devons être meilleurs dans ce que nous faisons » s’emportait Mike D’Antoni après l’entrainement des Rockets mardi matin. « Nous avons des super défenseurs qui sont aussi des spot-up shooteurs. Nous n’avons pas de joueurs qui peuvent prendre des écrans et créer leur propre tir et on ne le fera pas. »

Houston pourrait toutefois changer la façon avec laquelle James Harden et Chris Paul reçoivent le ballon avant d’attaquer. Au lieu de chercher le « switch » à tout pris, pourquoi ne pas trouver les deux All Stars en mouvement après un écran ? Quoi qu’ils décident, les Rockets ont besoin de trouver des éléments de réponse car il est impossible d’attendre de James Harden qu’il puisse porter l’attaque sur ses épaules, tout en étant irréprochable défensivement.

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