Magazine NCAA News

Chantel Osahor, la nouvelle coqueluche du basket américain

chantal-osahor

A une époque où le basket s’appuie plus que jamais sur les tirs extérieurs, le tir en suspension est devenu une arme essentielle pour tous les shooteurs. Enfin presque… Sur ce dernier point, Chantel Osahor fait en effet figure d’exception. Avec son physique imposant, Osahor fait la loi dans la raquette pour l’université de Washington, au point d’être l’une des meilleures rebondeuses du championnat NCAA. Mais si ses qualités défensives sont assurément l’une de ses forces, c’est grâce à son tir qu’elle fait les gros titres ces dernières semaines. Si son adresse à longue distance est convenable (35.1%), c’est sa technique qui attise la curiosité. Quand Osahor dégaine, elle ne décolle absolument pas comme si ses pieds étaient cimentés au sol.

« C’est assez ironique car si l’on connait vraiment le basket, elle est aussi athlétique que les autres, mais dans un style complètement différent, » déclare Kelsey Plum, la star des Huskies, au Indianapolis Star.

D’autres joueurs ont déjà fait parler d’eux en raison de l’étrangeté de leur tir comme Shawn Marion, Tayshaun Prince, Michael Kidd-Gilchrist ou encore Joakim Noah, mais l’essentiel reste de marquer, peu importe l’art et la manière. Dans ce domaine, Chantel Osahor n’a pas eu à rougir dans la deuxième semaine de la March Madness avec son 54% de réussite à 3-points (7 sur 13) et une contribution énorme à la qualification surprise de Washington pour le Final Four. Malheureusement, le parcours des Huskies a pris fin en demi-finale face à Syracuse.

Son coude est incliné à 55°

Dans un épisode d’ESPN Sport Science, des spécialistes ont tenté décrypter sa mécanique de tir. En général, les jambes contribuent à hauteur de 30% de la vitesse du tir. Pour la joueuse, ce chiffre est 80% inférieur à la moyenne puisqu’elle n’a pas la même impulsion. Pour compenser, elle utilise avant tout le haut de son corps. Son coude est incliné à 55 degrés contre 90 degrés pour un jump shot conventionnel. Son avant-bras est utilisé comme une catapulte avec une vélocité supérieure de 30% aux tirs classiques. En seulement 0.07 seconde, sa vitesse de rotation est de 1500 degrés par seconde.

« Si son tir partait de plus bas, elle serait plus facile à contrer, la vitesse de son bras et de son poignet ne laisse pas le temps aux défenseurs suffisamment de temps pour réagir, » explique Brenkus. « Après avoir reçu une passe, elle peut shooter en à peine 0.4 seconde, soit la vitesse d’exécution du meilleur shooteur de la planète, Steph Curry. »

« N’essayez pas de corriger ce qui n’est pas cassé »

Très intelligente, elle possède un QI basket très au-dessus de la moyenne. Elle est même l’une des cinq joueuses du pays à tourner à plus de 10 rebonds (10.2) et 3 passes décisives (3.4) par match cette saison. Cependant, sa technique est l’objet des critiques des puristes mais Osahor ne compte pas modifier son style de tir.

« Je leur dis simplement, ‘n’essayez pas de corriger ce qui n’est pas cassé, » ajoute Osahor.

Aujourd’hui, Osahor est surveillée par les équipes adverses qui n’hésitent plus à faire des prises à deux sur elle. C’est pourquoi elle travaille aussi son jeu de passes.

« C’est fou le nombre d’heures qu’elle passe dans notre salle vidéo. Elle nous donne beaucoup d’idées, des choses qu’elle a vu sur son iPad, » explique le coach Mike Neighbors. « Elle analyse les angles et accumule de la confiance pour faire les passes au meilleur moment. Plus tôt dans la carrière, je lui demandais de shooter. Nous en avions besoin. Mais maintenant que les défenses se resserrent sur elle, elle a trois ou quatre options. »

Sa vision du jeu lui permet de trouver ses coéquipières dans de parfaites positions offensives. A la Draymond Green pourrait-on écrire…

« Je pense avec un temps d’avance, » conclut Osahor. « Je vois les choses avant qu’elles n’arrivent. »

L’an prochain, elle disputera sa dernière saison en NCAA avec Washington et tentera de poursuivre sa progression. Son rôle au sein de l’équipe devrait encore prendre de l’importance. Les adversaires sont prévenus. Attention à Chantel Osahor, la joueuse qui dégaine plus vite que son ombre !

Basket USA

à lire aussi

Commentaires Forum (et HS)  |  +  |  Règles et contenus illicites  |  0 commentaire Afficher les commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *