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[Happy birthday] Allen Iverson, le chef d’oeuvre inachevé

Allen IversonCe 7 juin, Allen Iverson va souffler ses 41 bougies, et il est un homme heureux. Heureux d’avoir chassé ses démons, et d’avoir mis fin à sa carrière entouré des siens. Heureux de constater que son aura reste intacte. Heureux de savoir que son maillot est bien accroché au plafond de la salle des Sixers, aux côtés de ceux de Julius Erving et Moses Malone.

Mais que le bonheur fut long à décrocher pour l’icône du sport américain du début des années 2000, devenue une star déchue, esseulée et sur le déclin 10 ans plus tard.

Portrait de ce fabuleux joueur, roi du crossover, et modèle pour toute une génération de meneurs de jeu.

Le premier MVP hip-hop

Allen Ezail Iverson naît à Hampton (Virginie) le 7 juin 1975 alors que sa mère Ann n’a que 15 ans. Longtemps, elle expliquera que son rejeton est l’immaculée conception : elle serait tombée enceinte sans avoir (totalement) perdu sa virginité… Elever Allen et ses deux jeunes sœurs, Liesha et Brandy, est une lutte quotidienne. Allen ne connaîtra pas son père, Allen Broughton. L’enfance de celui que l’on surnommera « Bubbachuck » au lycée est tourmentée. C’est sa grand-mère qui subvenait aux besoins de la famille. Elle décède peu de temps après sa naissance, victime de complications à la suite d’une opération.

« A la maison, il n’y avait pas d’électricité, pas de nourriture », racontera Allen. « Parfois pas d’eau. Quand il y en avait, elle n’était pas toujours chaude. Une bouche d’égout fissurée passait juste sous la maison. Ma sœur se baladait toute la journée en chaussettes parce que le sol était mouillé. L’odeur la rendait malade. »

Dans ce quartier miséreux au possible, le chauffage est lui aussi une denrée rare. Iverson rêve de rendre le quotidien des siens meilleur mais tout, autour de lui, le ramène au ghetto. Et à sa dureté. Allen nage dans le plus sombre des univers. La violence est omniprésente. La drogue aussi. Son meilleur copain est poignardé à mort. Sept autres sont assassinés. Les figures qui lui servent de modèles plongent toutes pour trafic de drogue. Notamment Michael Freeman. Freeman a perdu son boulot à la suite d’un accident du travail. Il s’est rapproché de la famille Iverson et sert de père de substitution à Allen. C’est lui qui lui enseigne les rudiments du basket. Mais Freeman multiplie aussi les allers-retours en prison.

Aussi nocif soit-il, ce monde est celui d’Allen. Il explique à un journaliste qu’il lui sera très difficile de couper le cordon avec l’environnement dont il vient. Iverson sera un authentique produit de la culture et de la mouvance hip-hop. C’est un enfant de la rue. Un enfant du rap. Avec leurs codes, notamment vestimentaires. C’est tout ce background que « A.I. » importera dans l’univers très policé de la NBA.

Champion de son Etat en basket et foot US

Sa scolarité est mouvementée. Ses notes sont mauvaises et il est régulièrement impliqué dans des incidents avec ses copains de classe et ses profs. Tout le monde connaît ses problèmes. Ann le met à la porte quand il a 16 ans. Allen part vivre chez son coach de foot à l’école élémentaire, Gary Moore (celui qui deviendra son agent). Il traîne déjà une réputation de garçon caractériel et ingérable. On prétend qu’il touche aux drogues, affirmation qu’il rejettera toute sa vie. Ann joua au basket au lycée dans les années 70. Elle devient le premier coach de « Bubbachuck ».

« Ses cousins lui ont appris à dribbler mais c’est de sa mère qu’il tient sa conduite de balle et son feeling pour le jeu », explique Dwyane Campbell, un ami d’enfance. « C’est elle qui lui a appris à pénétrer et à driver jusqu’au cercle. »

Iverson joue occasionnellement au baseball mais le sport qu’il kiffe par-dessus tout, c’est le foot US. Dans sa saison junior à la Bethel High School – le même bahut que « Mom » -, il crève l’écran comme quarterback (1 423 yards et 14 touchdowns à la passe, 781 yards et 15 touchdowns à la course). Son équipe remporte le championnat de l’Etat de Virginie en 1992. Allen réussit la prouesse de mener son école au titre en basket durant cette même saison (31.6 pts, 9.2 pds). L’agence Associated Press en fait le lycéen de l’année de l’Etat à la fois en basket et en foot américain… Il gagne le surnom « The Answer » (la Réponse), immédiatement tatoué sur son bras gauche. Iverson s’imagine sur un grand campus, pratiquant ses deux disciplines de prédilection.

« Le foot américain fut mon premier amour. Ça l’est toujours… J’avais l’intention de rejoindre une grande fac et de pratiquer les deux disciplines. Au début, je ne voulais même pas jouer au basket. Je pensais que c’était trop soft, pas assez physique. C’est ma mère qui m’a poussé à faire des tryouts. Je la remercierai éternellement pour ça. »

Peu à peu, la balle orange prendra le dessus. Allen sait que le basket peut sortir tous les siens de la misère. Iverson a « un plan ». Personne ne pourra le faire échouer. Mais tout bascule en février 1993. Impliqué dans une bagarre entre Afro-Américains et Blancs dans un bowling, il est poursuivi et condamné à cinq de prison, en dépit d’un casier judiciaire vierge. Il sort au bout de quatre mois en bénéficiant d’une libération conditionnelle.

Le deuxième joueur le plus jeune à claquer 50 points

En 1994 et à 19 ans, Allen rejoint la fac de Georgetown, connue comme une usine à pivots (Ewing, Mourning, Mutombo). Sous les ordres de John Thompson, il fait tout de suite un malheur (20.4 pts, 4.5 pds, 3.5 ints). Sa moyenne de points grimpe à 25 durant sa saison sophomore. Deux fois, Iverson est élu Défenseur de l’année de la Conférence Big East. Associated Press le retient dans le premier cinq universitaire. La NBA veut le nouveau prodige du basket US. Lorsqu’il apprend que le 1er choix de draft revient à Philadelphie, Pat Croce, président des Sixers, bondit littéralement de son siège. Philly attendait désespérément le successeur de Charles Barkley. Qui deviendra le premier détracteur d’Iverson…

En guise de cadeau de bienvenue, Philadelphie offre à l’ex-Hoya un contrat de 9,4 M$. Suffisant, déjà, pour sortir les siens de la pauvreté. Allen justifie cette confiance en s’affichant à 23.5 points, 7.5 passes et 2.1 interceptions. Sur les 8 derniers rendez-vous de la saison, il prend feu (39 pts). Le 12 avril dans une défaite 125-118 à Cleveland, « The Answer » devient, à 20 ans et 310 jours, le deuxième joueur le plus jeune, après Rick Barry, à atteindre la barre des 50 points.

Avec le Rookie de l’année 1997, la NBA sait qu’elle en prend pour 10 ans. Allen est un attaquant-né, véloce, redoutable en un contre un. Son crossover cloue les meilleurs défenseurs sur place. Il n’est pas très grand (1,83 m) mais n’a pas peur d’aller se frotter aux plus grands. Il prend des coups mais finit toujours par se relever. La vie lui en a infligé des bien pires. Cette dimension humaine – petit génie au royaume des géants – lui vaudra l’admiration sans bornes d’un jeune public. Sa boulimie de shoots ? Ses pourcentages foireux ? Ses fans s’en moquent. Allen régale. Dans sa deuxième saison, il glisse au poste 2. Dans sa troisième, en 1998-99, il enlève le premier de ses quatre titres de meilleur scoreur de la Ligue (26.8 pts). Il est aussi retenu pour la première fois dans le meilleur cinq NBA. « The Answer » est la réponse à tous les maux. Un virtuose de la balle orange qui décide de contrarier à lui seul le cours du destin.

Mais le jeu du bonhomme fait aussi débat. Son numéro de soliste n’est pas du goût de tout le monde. On montre du doigt ses pourcentages plus que faiblards (42.5 en carrière dans le champ). Ses turnovers (3.6). Son égoïsme. Son approche du jeu finalement très primaire. Ce que l’intéressé résumait par :

« Mon jeu séduit la moitié de la planète et dérange l’autre ».

Et puis il y a le personnage Iverson, adepte du trash talking. Tantôt arrogant, tantôt boudeur, le n°3 des Sixers renvoie l’image d’un joueur caractériel et lunatique. En coulisses, on décrit un garçon difficile à gérer. Depuis toujours ou presque, Iverson sèche des entraînements et prend des libertés avec la discipline. Larry Brown, son coach, devra avaler plusieurs couleuvres. Iverson considérait Brown comme son mentor mais ce dernier lui doit aussi quelques cheveux blancs. Jusqu’au bout, leurs relations auront été tumultueuses.

Il importe la culture hip-hop en NBA

Avec « A.I. », il ne peut tout simplement pas y avoir de juste milieu. On adore ou on déteste. Et quand on l’adopte, c’est pour tout ce qu’il représente. Il y a le basketteur, évidemment. Mais il y a aussi le kid venu du ghetto, ex-taulard élevé dans la pauvreté, nourri au biberon du hip-hop. Avec lui, Iverson trimbale toute une culture et une mode. Chaînes en or, diamants, bagouses, baggy pants et sapes XXL, do-rag, bandana, cornows, tattoos (21 au total, dont « Only the strong survive » et « Fear no one »)… Très fashion aussi, la protection qu’il se mit à porter au bras droit à partir de la saison 2000-01, après avoir subi une fracture. Pour une génération entière de jeunes Américains qui kiffent son style vestimentaire, « The Answer » est un héros des temps modernes. Un modèle.

Mais dans l’univers très propret de la NBA, l’énergumène détonne. Son attirail étiqueté « street » dérange les têtes pensantes de la Ligue – David Stern imposera un dress code – et ses fréquentations font jaser. Allen n’a jamais tourné le dos à son passé. Partout où il se déplace, des amis, recommandables ou pas, l’accompagnent en permanence. Lorsque l’enfant terrible déboule à Oakland pour le All-Star Game 2000, il est entouré d’une horde de potes qui lui servent aussi de bodyguards. Toute une clique issue du rap East Coast. Ses dirigeants, coaches et coéquipiers n’ont pas d’autre choix que de s’en accommoder.

En mai dernier, dans un article intitulé « Hip-hop et basketball : le parfait crossover », le site Neo Boto cernait le malaise créé par la « Iverson touch » :

« Intronisé par Allen Iverson, le style vestimentaire, largement inspiré de la tendance dictée par les rappeurs, dérange. Surtout que beaucoup se sont empressés d’imiter celui que l’on surnomme « The Answer ». (…) Bousculé de son piédestal, fervent militant d’une NBA lisse et en adéquation avec les valeurs puritaines de l’Amérique, David Stern, le haut commissionnaire, impose un dress code limitant les signes ostentatoires de richesse et provocateurs fièrement arborés par des joueurs revendiquant pleinement leurs origines populaires. L’image renvoyée par ces athlètes largement inspirés du mouvement hip-hop est l’objet de stigmatisations, les instances dirigeantes étant habituées et friandes de la dureté du jeu (les « Bad boys » de Detroit en sont l’illustration parfaite) mais réticentes quant à concéder du terrain à ce mouvement contestataire, parfois délibérément violent et misogyne qu’est le rap. Le système était pourtant gangréné depuis bien longtemps… »

« I am what I am »

Si la NBA n’a pas d’autre choix que de tolérer le personnage Iverson, c’est parce que Michael Jordan, auréolé de six titres, s’en est allé (il reviendra une seconde fois). Allen est censé prendre le relais en dépit d’une image sulfureuse. Finalement, tout l’oppose à « M.J. » Il est somme toute assez discret, Mike étalait sa classe naturelle et son incroyable charisme. Il s’habille parfois comme une « caillera », Mike était toujours tiré à quatre épingles. Jordan regardait fixement son auditoire, Iverson a parfois le regard perdu dans le néant. Michael habitait les rêves des enfants comme ceux des adultes, Iverson a le monde à ses pieds mais semble ignorer quoi en faire. Ses millions de fans ne savaient pas eux-mêmes s’il fallait aimer le joueur, l’homme ou les deux…

Iverson et la NBA, ça restera le choc de deux cultures. De deux mondes. Et le « bad boy » n’a que faire des convenances. Dans l’univers d’où il vient, le trouble est la norme. Les controverses ne l’empêcheront jamais de dormir. Sa réputation de perturbateur de vestiaire non plus. Avec son franchise player, Philadelphie ne sait plus, très vite, sur quel pied danser. Le n°3 est un joueur impossible à remplacer mais son comportement en dehors des terrains piétine toute notion de groupe, d’éthique, de discipline. Larry Brown est tout simplement à bout. Longtemps, en 1998, un trade sera évoqué. Après une longue discussion, Iverson décide de s’acheter un début de conduite. En janvier 1999, Philadelphie le fait resigner pour 6 ans et 70 M$.

« Quand je l’ai eu pour la première fois sous mes ordres, je ne pouvais rien lui dire », expliquait Larry Brown. « Il faisait n’importe quoi sur le parquet. Maintenant, il m’écoutera un peu. »

Son équipementier, Reebok, aborde les choses de façon pragmatique. Allen traîne 10 000 casseroles. En 1997, il s’était fait pincer, en compagnie d’amis, pour excès de vitesse. On le trouva en possession de marijuana et d’une arme à feu chargée. En 2000, il s’en prend, sous le pseudo Jewelz, aux femmes et aux gays dans le titre de rap « 40 Bars ». Iverson accepte de changer les lyrics mais renonce finalement à sortir tout l’album, intitulé « Non-Fiction ». Inutile de chercher à faire passer le gus pour autre chose que ce qu’il est. Un basketteur surdoué doublé d’un homme tourmenté. Le slogan « I am what I am » pondu par le département marketing collera parfaitement au keum. Je suis ce que je suis. Prenez-moi tel que je suis.

« Je n’ai jamais été dans un gang. Pourquoi les gens veulent-ils me juger sur mon apparence ? », affirmait Iverson dans « Sports Illustrated ».

Le Sixer affirme qu’il s’agissait là d’un simple lien avec son passé. A ses yeux, on lui fait toujours de mauvais procès.

48 points dans le Game 1 des Finales 2001

Les efforts de l’arrière rebelle se matérialisent au cours d’une année 2000-01 de toute beauté. Une année qui aurait dû voir Iverson évoluer… chez les Pistons. Les Sixers avaient conclu un échange avec Detroit mais le veto de Matt Geiger fit capoter la transaction. Il n’y a, a priori, rien à tirer du roster des Sixers (Raja Bell, Rodney Buford, Tyrone Hill, Jumaine Jones, George Lynch, Aaron McKie, Eric Snow, Kevin Ollie, Matt Geiger, Todd MacCulloch, Theo Ratliff…). Mais « The Answer » joue véritablement son rôle de leader et s’attache à impliquer davantage ses coéquipiers en attaque. Philadelphie se dote enfin d’un véritable collectif. L’arrivée de Dikembe Mutombo au lendemain du All-Star Game de Washington participe à la mue du groupe. Iverson s’occupe du scoring (31.1 pts), les autres du sale boulot.

Les Sixers finissent en tête de leur division (56-26) avant d’avancer jusqu’aux Finales – une première pour la franchise depuis 1983 – en sortant Indiana, le Toronto de Vince Carter et le « Big Three » des Bucks Sam Cassell-Ray Allen-Glenn Robinson. La perte du titre (4-1 pour les Lakers) n’empêche pas Allen Iverson, MVP de la saison régulière (le plus petit et léger de l’histoire…) et meilleur scoreur de la Ligue pour la troisième fois, d’accéder au statut d’icône planétaire. Le basketteur venu du hip-hop a signé 48 points dans le Game 1 face à Los Angeles après prolongation (puis 23, 35, 35 et 37). Il est désormais la star n°1 des sports américains. Voilà pourquoi Reebok lui a offert 50 millions de dollars sur 10 ans. Qu’il n’ait pas su, après son arrivée dans la Ligue, changer et tourner le dos à un passé de « bad boy » violent ou qu’il ait simplement fait de mauvais choix, qu’importe, au fond. Le cas Allen Iverson est un peu semblable à celui de Dennis Rodman : la nocivité supposée du zèbre a participé à sa popularité…

« J’ai passé ma vie à courir après le titre NBA et je n’en ai toujours pas », expliquait « The Answer » en marge du All-Star Game 2009 à Phoenix. « A l’inverse, je n’ai pas toujours recherché le titre de meilleur scoreur de la Ligue et j’en ai quatre. Je serais déçu si je devais quitter la Ligue sans une bague. »

En 2009, il n’est déjà plus aux Sixers. Le divorce est consommé après des années de conflit. Transféré aux Nuggets, il épaule un certain Carmelo Anthony. Ensemble, ils forment un incroyable duo de scoreurs, mais ils s’inclinent 4-1 face aux Spurs en 2007 puis prennent 4-0 face aux Lakers en 2008. La magie ne fonctionne plus, et le revoilà transféré, cette fois-ci à Detroit. Il retrouve sa côte Est, mais son physique ne suit plus. Son hygiène de vie est douteuse, et à Detroit – où il délaissa pour la première fois le 3 au profit du 1 –, on ne cède pas à ses caprices. L’entraîneur d’alors, Mike Curry, décide même  de se passer de ses services pour les playoffs 2009.

Alcool, ruine, divorce…

Engagé par les Grizzlies au début de la saison suivante, il quitte Memphis deux mois plus tard « pour raisons personnelles », après seulement 3 matches. Iverson était mécontent de son rôle de remplaçant. Pour pallier la blessure de Louis Williams, Philly se met en quête d’un arrière d’expérience. Le MVP 2001 accepte un contrat non-garanti au salaire minimum et reçoit une standing ovation assourdissante pour son grand come-back chez les Sixers, le 7 décembre contre Denver, dans une salle comble. Mais le 2 mars 2010, le GM, Ed Stefanski, fait savoir que la saison de l’ex-enfant terrible du basket US est terminée. Allen est au chevet de sa fille de 4 ans malade à Atlanta. Preuve de sa popularité intacte, le public l’avait élu starter pour le All-Star Game à Dallas, joué dans le nouveau stade des Cowboys…

Après des courts passages en Turquie et en Chine, Iverson croit encore à un comeback en NBA. On est en janvier 2013, et il a besoin d’un guide et d’instructions. La première : il faut arrêter de boire. Son agent et ami de longue date, Gary Moore, envoie donc un article sur le sujet, ainsi qu’un lien pour les Alcooliques Anonymes.

En attendant, Moore contacte plusieurs équipes NBA, mais peu sont intéressées, surtout après le message d’Iverson envoyé à Dallas, expliquant qu’il ne voulait pas faire de D-League. Les équipes n’ont plus de garanties avec l’ancien quadruple meilleur scoreur de la ligue, elles veulent donc le tester, mais il refuse.

Pour retrouver des garanties, notamment physiques, Moore appelle Tim Grover, le préparateur physique personnel de Michael Jordan et Kobe Bryant. Mais après une discussion avec Iverson, Grover annonce qu’il n’a pas le temps de s’entraîner avec The Answer.

Des adieux réussis. Chez lui…

En mars 2013, Iverson revient sur les terres de ses plus grands exploits, à Philadelphie. Une nouvelle occasion pour Moore de placer son ami dans les petits papiers de la NBA. Il implore les Sixers de prendre Iverson en tant que consultant. En vain…

Du temps de sa splendeur, « A.I. » parlait de « jouer chaque match comme si c’était le dernier ». De toute évidence, le 7e meilleur scoreur de l’histoire en saison régulière (26.7 pts) et 2e meilleur scoreur en playoffs derrière Michael Jordan (29.7) ne s’est pas fait à l’idée que celui-ci ait déjà eu lieu.

« J’ai mis mon destin dans les mains de Dieu. Il m’a beaucoup aidé à accomplir toutes ses choses en NBA. J’ai fait tellement de choses que les gens pensaient que je ne serais pas capable de faire. Mais un moment, c’est la fin » sourit-il. « Maintenant si une chance de rejouer se présente… J’aimerais la saisir. »

Finalement, le 30 octobre 2013, il réunit la presse, et décide enfin de mettre un terme à sa carrière. Ses mots sont forts, et il rend hommage à trois hommes : John Thompson, Michael Jordan et Larry Brown.

« John Thompson m’a sauvé la vie, Michael Jordan m’a inspiré, et Larry Brown m’a aidé à devenir un basketteur professionnel. J’ai tout donné donné au basket, et le basket me passionne encore, mais je ne me vois plus comme joueur. Ce fut une magnifique aventure. Je pensais que le jour de ma retraite serait un jour tragique, mais aujourd’hui je suis heureux. »

Ce bonheur, on le lira sur son visage, le 1er mars 2014, lorsque son célèbre numéro 3 a rejoint le plafond de la salle des Sixers, sous les yeux de Moses Malone et Julius Erving, deux autres légendes de la franchise.

« C’est chez moi ici. Je suis Philadelphie, et Philadelphie, c’est moi. Je serai un Sixer jusqu’à ma mort. »

Jusqu’à sa mort, A.I. restera fidèle à lui-même, sans compromis, ni concessions, et ce n’est pas sans ironie qu’il observe ce qu’est devenue cette société qui le raillait à son arrivée en NBA.

« A l’époque, on me critiquait parce que je portais des cornrows. Aujourd’hui, je vois un policier qui en porte. (…) Je me suis donné des coups de pied au cul pour rester moi-même, et je suis fier d’être resté moi-même. Ma carrière a eu des hauts et des bas, j’ai fait des erreurs, mais je suis toujours resté moi-même. »

Une authenticité et une sincérité que l’on retrouvera sans doute en septembre lorsqu’il effectuera son entrée au Hall Of Fame. Ce sera aux côtés du Shaq pour un remake de « David et Goliath ».

CV

41 ans

1,83 m, 75 kg

Roadbook : Philadelphie (1996-2006), Denver (2006-08), Detroit (2008-09), Memphis (2009), Philadelphie (2009-10), Besiktas Istanbul (2010-11)

1er choix de draft 1996

14 ans de NBA

MVP de la Ligue 2001

11 fois All-Star

4 fois meilleur scoreur de la Ligue

3 fois meilleur intercepteur de la Ligue

3 fois All-NBA First Team

3 fois All-NBA Second Team

1 fois All-NBA Third Team

Rookie de l’année 1997

All-Rookie First Team

2 fois MVP du All-Star Game

Médaille de bronze aux J.O. 2004

Moyenne en NBA : 26.7 pts, 3.7 rbds, 6.2 pds, 2.2 ints, 42.5%, 31.3% à 3 pts, 78% aux lancers francs

Gains en NBA : 154,5 millions

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