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Interview Fabien Friconnet (Basket News) : « chaque numéro est une aventure »

Ce jeudi 19 avril, Basket News fête son 600ème numéro avec Jacques « The Voice » Monclar en Une.

À l’occasion de cet anniversaire, Fabien Friconnet, le rédacteur en chef, s’est confié sur cette aventure débutée il y a 12 ans.

Un entretien pour dresser le portrait de l’unique hebdo du basket en France, à travers son équipe, son histoire, ses souvenirs et son avenir.

 

 

Pour commencer, comment s’est déroulé le bouclage de ce numéro 600 ?

Pas mal du tout. C’était une semaine particulière car on avait deux journalistes en vacances. Je préviens, ce n’est pas une excuse, c’est juste histoire de préciser (rires). On n’a pas fait de numéro spécial, et la pagination n’a pas été changée.

On est fier de ce travail, 600 numéros, c’est pas mal. Surtout dans le contexte actuel de la presse écrite.

Pourquoi Jacques Monclar pour ce numéro anniversaire ?

On avait envie de lui donner la parole, car on l’entend beaucoup mais pas chez nous. Donc on a discuté de tout et de rien. On a mis Jacques Monclar en Une, en short devant un mur avec des graffitis. C’est d’ailleurs lui qui nous a donné cette photo.  Je précise aussi qu’il y a aussi une excellente interview de Kevin Séraphin.

Donc revenons un peu sur l’histoire de l’hebdomadaire. Avant Basket News, il y avait Basket Hebdo.

Oui, c’était la première version de Basket News, entre 1996 et 2000. Crée et dirigé par Didier Le Corre. Cela s’est arrêté en 2000, à cause d’un conflit social entre l’éditeur et la rédaction. Tous les journalistes de Basket Hebdo ont été à la rue en juillet 2000. En plein Jeux Olympiques, donc dans un superbe timing ! On a donc sorti le premier Basket News en octobre 2000.

Des premiers numéros faits avec les moyens du bord

Basket News a donc été crée par besoin, après la « mort » de Basket Hebdo ?

C’est une émanation de Basket Hebdo. Et c’est né d’une poignée de journalistes qui ont décidé qu’ils voulaient faire ça. On l’a fait un peu avec les moyens du bord au début, des tables de camping, les ordinateurs de tout le monde et voilà comment ça a commencé.

Combien de personnes travaillent par semaine sur Basket News ?

Il n’y a pas de rédaction spécifique à Basket News. Tous les journalistes sont sur les trois supports, BAM, Maxi Basket et Basket News. En tout, on est une dizaine. Certains ont un statut particulier, comme Pascal Giberné ou Remi Reverchon.

« Avec Internet, on est obligé de réfléchir sur la construction de l’hebdomadaire »

Peut-on dire qu’il y a eu des évolutions marquantes au fil des 600 numéros ?

Il y a eu beaucoup d’évolutions à plusieurs niveaux. On a changé le format et le papier plusieurs fois. On a essayé plein de choses. Le grande évolution, c’est la fusion avec Maxi Basket, en 2008, et c’est le lot d’une structure comme celle-là. On a eu Thierry Bretagne, comme rédacteur en chef, entre 2005 et 2008. C’est un journaliste qui a de la bouteille, du métier et cela a fait du bien professionnellement.

Il a fallu gérer l’explosion d’Internet…

Internet mange des ventes à la presse papier. On a dû s’adapter. Maintenant, les gens ont les infos en cinq minutes. Donc on est devenu un hebdo d’analyse plus qu’un hebdo d’actualité. On n’est moins concentré sur l’information. On est obligé de réfléchir sur comment se construit un hebdomadaire basket. Et c’est pas facile. Avant on faisait un quotidien que l’on transformait en hebdo. On annonçait les blessures ou les signatures de joueurs, alors que maintenant, avec l’instantané, cela n’a plus de sens.

Quels ont été les numéros marquants ?

Le plus épuisant mais exaltant à faire, c’est celui du premier titre de Tony Parker en 2003. Le 6ème match était dans la nuit du lundi au mardi. Et comme on boucle le mardi, nous avons fait une nuit blanche pour regarder le match. Il y a avait alors deux configurations : soit les Spurs sont champions et on a dix heures pour mettre un numéro spécial en place. Avec une dizaine de papiers sur le titre et sur Parker. Soit les Spurs perdent et on était coincé. C’était un numéro marquant, fait dans les conditions du direct et c’est probablement celui qui a le plus marché en kiosque.

« L’hebdo’, c’est un rythme de folie »

D’autres en tête ?

Les numéros marquants viennent avec l’actu. Donc il y a aussi l’Euro 2005 avec la médaille pour l’équipe de France. Et puis, il y a la Une la plus improbable et repoussante que l’on ait faite. C’était lors du break de Laurent Sciarra dans sa carrière. Avant qu’il ne signe à Dijon, il vivait à Tahiti. Je l’avais eu au téléphone. Et on n’avait pas de photos à mettre en Une, donc on était parti dans un délire avec un montage de lui, en mode Tahiti, avec la plage, les colliers de fleur à la place de son maillot… C’était n’importe quoi cette Une, mais elle avait bien marché (rires). Cela avait un peu bouleversé nos certitudes sur la presse. Enfin, c’est un peu banal à dire, mais chaque numéro est une aventure. C’est un rythme de folie, ça revient tout le temps. Donc on doit tourner la page rapidement après chaque numéro.

Des souvenirs particuliers de cette aventure de 12 ans ?

On me parle souvent de mon papier sur la sortie du League Pass. À l’époque, l’hebdo était en grand format et en papier journal. J’avais pris le League Pass et dans un week-end, je voulais tout regarder. Du soir jusqu’à 6 heures du matin. Et regarder la journée, les matches que je n’avais pas vus dans la nuit. Et je prenais des notes durant les matches. C’était un bon souvenir. Et je parle de cela dans mon édito de la semaine, avec le streaming et le fait de pouvoir tout voir. Il y a beaucoup de choses irracontables aussi. Et comme on est dans le milieu, ils nous arrivent toujours des choses à raconter. Il y a l’effet « Basket News », on parle d’une équipe ou d’un joueur et dans la foulée, ils dégringolent . Et, on nous en parle dans le milieu du basket. Christian Monschau, quand on l’appelle, nous dit souvent qu’il va lui arriver un truc dans les prochains jours avec son équipe. C’est pas rationnel, mais ça arrive, ça les fait marrer et les coaches nous font souvent la remarque.

« Le basket français mérite-t-il un hebdomadaire ? »

D’ailleurs, il y a en couverture de BAM ce mois-ci, un article titré « La fin de KG ? ». Or Kevin Garnett est très bon depuis un mois maintenant…

Oui, et on a fait récemment le comparatif entre les deux meilleurs pivots de la NBA, Dwight Howard et Andrew Bynum. On a été assez élogieux sur Bynum, et le lendemain, il fait des mauvaises stats, puis il y a l’histoire du shoot à 3 pts. Quant à Howard, il se brouille avec les médias pour l’histoire avec Stan Van Gundy. Autre exemple, j’étais parti faire un papier sur Boulazac. L’idée, c’était d’expliquer qu’ils gagnaient tout à domicile. Le papier sort, et le match suivant ils se font cueillir à domicile.

C’est toute la problématique de l’hebdomadaire.

On est à un carrefour, et c’est tout le problème de la presse écrite en général. Qu’est-ce que tu vends et à qui ? Nous, on est hebdomadaire, donc il faut être dans l’actu mais pas complètement. On ne sait pas ce que les gens veulent. Il y a en a qui veulent des news et de l’info et d’autres, qui mangent beaucoup de basket sur internet, donc ils ne veulent pas relire ce qu’il savent déjà. On danse d’un pied sur l’autre. C’est compliqué, et je le comprends, de faire faire un acte d’achat à des gens, alors que tout semble gratuit et accessible sur internet. Il faut être complémentaire d’Internet, mais il faut savoir comment faire. En plus dans l’état actuel du basket français, je ne sais pas s’il mérite un hebdomadaire. Je ne sais pas s’il est assez fort, s’il a les épaules et la surface pour. Mais heureusement, le constat est meilleur qu’il y a quatre ans, grâce à l’équipe de France. Mais on essaye de ne pas se poser trop de question. En espérant faire un numéro 700 (rires).

Propos recueillis par Jonathan Demay pour Basket USA

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