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Wilt Chamberlain, Monsieur 100 points

wilt chamberlainQuatre titres de meilleur joueur de la Ligue sont venus garnir le panier de Wilt Chamberlain dans les années 60. Il fallut une armada comme les Celtics de Red Auerbach et Bill Russell pour barrer régulièrement la route du titre à celui que l’on surnommait « The Stilt ».

Un échassier vraiment pas comme les autres, recordman du nombre de points inscrits dans un match (100). Il aurait eu 78 ans ce 21 août.

Le 12 octobre 1999, Wilton Norman Chamberlain meurt d’une crise cardiaque à 63 ans. Au même moment, le big circus NBA fait sa promo d’avant-saison à Milan, à l’occasion d’un McDonald’s Championship avec les San Antonio Spurs de Tim Duncan et David Robinson. Pendant trois jours, entre matches d’exhibition et business à gogo, on comprend que « The Big Dipper » laisse un grand vide. Chamberlain a profondément marqué tous ceux qui l’ont connu, comme Jerry West avec lequel il remporta son deuxième et dernier titre, en 1972 chez les Lakers. Chamberlain tire sa révérence un an après, sous le maillot des San Diego Conquistadors (ABA). Il aura cumulé plus de 31 000 points et frôlé la barre des 24 000 rebonds en tout juste quatorze ans de carrière. Le record de points inscrits dans un match NBA – 100 pour les Philadelphia Warriors contre les Knicks, le 2 mars 1962 à la Hersheypark Arena – est sa propriété. Parmi tant d’autres.

Quatre fois MVP, 100 points sur un match, mais seulement deux titres NBA

Si cette montagne de 2,16 m pour 125 kg n’a pas gagné plus de deux titres de champion NBA, c’est parce que les Celtics de Red Auerbach et Bill Russell se sont régulièrement dressés sur sa route et sur celle des Sixers dans les années 60, barrant la route de la consécration. Une fois seulement, en 1967, après quasiment une décennie de frustrations, « The Stilt » (L’échassier) força le destin. Philadelphie sort Boston en cinq matches en finale de Conférence Est avant de disposer de San Francisco, en six rencontres, en Finales. Bizarrement, 1967, année de tous les succès pour Chamberlain, fut celle où pour la première fois de sa carrière, il s’afficha dans des standards de scoring à peu près raisonnables (24.1 pts de moyenne)… Quand on lui demanda si cette baisse de productivité était due à l’âge ou à la qualité des défenses adverses, Chamberlain s’énerva :

« Si je compare mes sept dernières années aux sept premières, celles-ci étaient une plaisanterie. J’ai arrêté de prendre des tirs parce que les coaches m’ont demandé de faire autre chose. »

Le premier entraîneur qui lui demanda de moins affoler les compteurs pour mieux participer au jeu et cadenasser celui de l’adversaire fut Alex Hannum chez les Sixers. Une stratégie payante, avec plus de défense et d’altruisme, qui déboucha sur le titre évoqué plus haut. Chamberlain, qui jouait rappelons-le pivot, termina la saison avec une moyenne de 7.8 passes ! L’année suivante, en 1967-68, le natif de Philadelphie prit son nouveau rôle très à cœur. Il intégra la All-NBA First Team pour la septième fois et fut élu MVP de la Ligue pour la quatrième et dernière fois. Les Sixers allaient être éliminés en finale de Conférence par Boston pour la troisième fois en quatre ans. Quelques semaines plus tard, « The chairman of the boards » passait de nouveau à l’Ouest après avoir connu San Francisco pendant deux saisons, en 1963 et 1964.

Plus de 70 records NBA à lui tout seul

Avec les Lakers, le grand Wilt continue de manger son pain noir. Quatre Finales en cinq ans mais un seul succès à la clé, en 1972. Avec les arrières Jerry West et Gail Goodrich, les ailiers Happy Hairston et Jim McMillian plus Chamberlain sous le cercle, Los Angeles aligne une équipe au style atypique. La saison 1971-72 est celle des fameuses 33 victoires de rang, un record qui tient toujours. Les hommes de Bill Sharman établissent également une marque record en fin d’exercice avec 69 succès pour 13 revers. Il faudra attendre les Chicago Bulls de 1995-96 pour voir cette vieille perf tomber (72-10). Les Lakers remporteront le titre NBA contre New York au cours d’une série fabuleuse en cinq matches, avec un immense Chamberlain.

Une fois retiré des terrains, le grand Wilt débuta une carrière d’entraîneur dans la ligue ABA, avec San Diego. On le vit aussi au cinéma en 1982 dans « Conan le Barbare ». Il y eut cette proposition de combat contre Muhammad Ali (Kareem Abdul-Jabbar a bien affronté Bruce Lee et son 1,67 m dans « Le jeu de la mort »…) ainsi que toutes sortes d’offres plus farfelues les unes que les autres. Comme si Wilt Chamberlain, l’un des plus grands basketteurs de tous les temps, avait besoin de s’exhiber pour exister ! Quelques managers peu scrupuleux n’avaient pas oublié qu’il s’était produit pour les Harlem Globetrotters en 1958-59 contre 50 000 $…

Disparu il y a 15 ans, Chamberlain restera un personnage marquant de l’histoire de la Ligue. Les règles du jeu, les lancers francs notamment, ont évolué grâce à lui. Ultra-dominant à son poste, Chamberlain était un laboratoire du jeu à lui tout seul. Un chercheur. Un pionnier. Un produit rare, flashé à 39.4 points de moyenne lors de ses sept premières saisons avant de tourner à 20.7 sur les sept dernières… Cette mutation lui permit d’acquérir deux titres NBA. Preuve que intelligence et talent font toujours bon ménage dans la Ligue américaine. Quelles que soient les époques. Quant à ses records, quelques-uns ne sont pas près de tomber : nombre de points dans un match (100, donc) mais aussi nombre de matches à 50 points et plus (118), nombre de saisons en tête du pourcentage de réussite aux tirs (9), nombre de points dans une mi-temps (59), nombre de points pour un rookie sur un match (58)…

Titres de MVP : 1960, 1966, 1967, 1968

Nombre de matches NBA : 1 045

Nombre de points en carrière : 31 419 (30.1 pts/m)

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