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Mondial Basket Portrait

Le fabuleux destin des MVP : Allen Iverson, chef-d’œuvre en péril

allen-iverson-grizzlies

Privé de playoffs par Detroit, « The Answer » n’a plus réponse à rien. L’icône du sport américain du début des années 2000 est aujourd’hui une star quelque peu esseulée et sur le déclin.

Allen Iverson tentera de se refaire la cerise à Memphis. Pour tenter de rappeler le fabuleux joueur, roi du crossover, qu’il a été.

L’étoile Allen Iverson s’est projetée dans le ciel de Detroit début avril. Dix-huit minutes exactement. Pas une de plus. Season over.

« Je n’ai jamais connu cela », lâcha un Iverson incrédule.

Humilié en son for intérieur. Encore plus après la décision du coaching staff de se passer de ses services pour la totalité des playoffs 2009. Incompréhension totale avec Michael Curry (remercié depuis), production personnelle en baisse, étoile pâlissante… « A.I. », la star n°1 des sports américains au début des années 2000, est une icône sur le déclin. Arrivé au bout de son contrat, « The Answer » a quitté le Michigan. La seule porte de sortie qu’il a réussi à trouver donnait sur le Tennessee. Avec un contrat rikiki (1 an et 3,5 M$) pour un élément de sa trempe. Pas de big deal. Pas de contender. Simplement une franchise accueillante, un staff compréhensif, un rôle sur mesure – 6e homme, lui qui réclamait une place de starter… – dans une équipe où tout reste à faire (passer un tour de playoffs par exemple). Histoire, peut-être, de tirer sa révérence dignement.

Après 13 saisons dans la Ligue et quatre titres de meilleur marqueur (en 1999, 2001, 2002 et 2005), Iverson court toujours, comme tant d’autres, après cette consécration qui se refuse obstinément à lui. A 34 ans, il garde de beaux restes mais le basket US s’est trouvé de nouvelles figures de proue et têtes d’affiche, que ce soit à Cleveland (LBJ), Miami (Flash) ou New Orleans (CP3). Le Allen Iverson esseulé en salle de presse avant le dernier All-Star Game à Phoenix faisait peine à voir. Il semblait à des années-lumière de la mégastar adulée à Philadelphie, surtout après une exceptionnelle saison 2000-01 conclue par un titre de MVP (31.3 pts de moyenne) et une Finale perdue (4-1) contre les Lakers de Shaq et Kobe. « The Answer » évoluait alors sur une autre planète, entouré d’une équipe de cols bleus à vocation résolument défensive sous la coupe de Larry Brown. Les travailleurs de l’ombre avaient pour noms Eric Snow, Aaron McKie, Raja Bell, George Lynch, Tyrone Hill, Rodney Buford, Jumaine Jones, Matt Geiger ou Dikembe Mutombo, débauché à Atlanta au lendemain du All-Star Game. Avec un tel casting, Iverson n’avait pas d’autre choix que d’aller au charbon et de prendre des coups soir après soir. C’est d’ailleurs ce qui lui a valu l’identification du public. Avec son 1,83 m, Allen Ezail Iverson est toujours apparu étonnamment humain au royaume des géants.

Attaquant-né, le natif d’Hampton (Virginia) allume méthodiquement les défenses avec des rafales de tirs et des hits à 40-50 points, comme un Dwyane Wade en est devenu coutumier. Le roi du un contre un s’affranchit des règles enseignées au lycée de Bethel puis chez les Hoyas de Georgetown, sous la coupe de John Thompson, entre 1994 et 1996. « The Answer » est la réponse à tous les maux. Un soliste magnifique qui décide de contrarier à lui seul le cours du destin. Pat Croce, ex-président des Sixers, bondit littéralement de son siège lors de la lottery pick qui attribue le 1er choix 1996 à Philadelphie. Il salive d’avance à l’idée de voir Iverson dans la cité de l’amour fraternel, convaincu que son impact sera égal à celui d’un Dr. J ou d’un Charles Barkley.

Sportif accompli (il excellait en football américain), figure rebelle, « A.I. » devient une personnalité à part dans le paysage NBA. Une poule aux œufs d’or, aussi. Reebok lui fait signer un big deal qui lui permet de « se sucrer » avec le meilleur produit marketing du moment. Background difficile. Caractère bien affirmé. Surdoué de la balle orange. De l’or en barres ! Iverson n’entre dans aucun des standards chers à la Ligue. Tatouages, chaînes, guns, rap : toute la culture hip-hop semble résumée chez ce petit lutin toujours très (bien ?) entouré. La marque Iverson se décline aux quatre coins de la planète. Ses frasques et ses innombrables prises de bec avec Larry Brown ajoutent à la légende de l’individualiste forcené complètement ingérable. Il ne se passe pas une semaine sans que le « Philadelphia Inquirer » relate une sombre affaire avec des clubbers et autres oiseaux de nuit insomniaques. Liaisons dangereuses. Monde interlope.

Lorsque l’enfant terrible déboule à Oakland en février 2000 pour son premier All-Star Game (c’était le n°100 de « Mondial Basket »), il est entouré d’une haie de bodyguards qui sont en fait des potes. Toute une clique issue du gangsta rap East Coast. Ils sont une vingtaine autour du phénomène, adulé par des millions de fans. Michael Jordan, auréolé de six titres NBA, a mis les voiles. Iverson doit prendre le relais en dépit d’une image sulfureuse. Mais « A.I. » est le contre-pied de Michael. L’un est somme toute discret, l’autre étalait sa classe naturelle et son incroyable charisme. Allen s’habille comme une « caillera » avec une casquette ou un bandana, « His Airness » était toujours tiré à quatre épingles. Jordan regardait fixement son auditoire en salle de presse, Iverson a le regard perdu dans le vide. Michael habitait les rêves des enfants comme ceux des adultes, Iverson a le monde à ses pieds mais semble ignorer quoi en faire. Ses millions de supporters ne savent pas eux-mêmes s’il faut aimer le joueur, l’homme ou les deux…

Evidemment, Iverson collectionnera toutes sortes de trophées, d’awards, notamment deux titres de MVP du All-Star Game (2001 et 2005). Il manquera toujours l’essentiel : une bague de champion.

« J’ai passé ma vie à courir après et je n’en ai toujours pas. A l’inverse, je n’ai pas toujours recherché le titre de meilleur scoreur de la Ligue et j’en ai quatre… Je serais déçu si je devais quitter la Ligue sans un titre NBA », confiait Iverson à Phoenix en février dernier, en marge du All-Star Game.

Le temps presse. « A.I. » ne songe pas sérieusement à jeter l’éponge. S’il a perdu de sa vitesse, s’il n’est plus celui qui rend les autres autour de lui meilleurs, s’il n’a plus ce shoot assassin au sortir de son fameux crossover, il reste néanmoins, comme l’ont confirmé les millions de fans qui ont voté pour lui pour le rendez-vous dans l’Arizona, un phénomène à part entière. Suffisamment rassembleur pour susciter l’intérêt d’une franchise qui avait besoin d’un coup de projecteur et d’un coup de fouet, à la fois sportif et économique. Les inconditionnels le voyaient plutôt dans un marché porteur comme New York.

Ce sera Memphis, au pays d’Elvis, où les maillots et les billets de match se vendent déjà comme des petits pains mais où les perspectives de titre sont proches du néant. Iverson a-t-il encore la force d’emmener une équipe sans vécu et sans passé – mais pas sans talent – tout en haut de la pyramide NBA ? Tombé à 18 points de moyenne, « The Answer » est l’ombre du little big man qui s’affichait à 31.1 points, 3.8 rebonds, 4.6 passes et 2.5 interceptions sur 42 minutes. C’était il y a huit ans. Une éternité…

Titre de MVP : 2001

Nombre de matches NBA : 886

Nombre de points en carrière : 23 983




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