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De Michael Jordan à Magic Johnson en passant par Tony Parker… 35 ans de NBA à Paris

Vendredi, Bucks et Hornets joueront le premier match de saison régulière de l’histoire à Paris. Un vrai événement pour la France et tout a commencé en 1985 avec la venue, quasi incognito, de Michael Jordan…

1985. Champion olympique et meilleur rookie de la NBA, Michael Jordan est à Paris et personne ne le sait.

Il se balade au Trocadéro, reconnu par une poignée de badauds. Pour le Parisien en particulier, et le Français en général, c’est un parfait inconnu. La NBA n’a pas encore traversé l’Atlantique, et seul Maxi-Basket commence à éduquer les fans de basket à la NBA, ce championnat inaccessible où les joueurs sont plus grands, plus forts, plus adroits, mais aussi où les règles et les lignes du terrain sont différentes. En 1985, la NBA, c’est un autre monde, presque un autre sport, fermé sur lui-même, et c’est d’ailleurs Nike qui envoie Michael Jordan à Paris.

On ne le verra pas à Stade 2 mais sur Canal+ aux côtés de Coluche. Quelques mois plus tard, la NBA arrive justement sur Canal+ et il faudra se contenter, au compte-gouttes, de matches des Knicks de Bernard King. Il y a 35 ans, la NBA, c’est quasiment l’équivalent du cricket aujourd’hui pour les Français.

1990 : Michael Jordan provoque une émeute

Cinq ans plus tard, Michael Jordan revient dans la capitale, et là, c’est… l’émeute ! Il ne vient pas en touriste puisqu’une petite opposition est prévue, et le bouche-à-oreille fait que Nike aurait pu remplir Bercy. Sauf que la rencontre a lieu dans la petite salle Géo-André à Paris et on frôle le drame avec des vitres qui explosent, et des centaines de personnes refoulées à l’entrée. La NBA et Nike l’ont compris : Paris est devenu accro à Michael Jordan, et il va falloir nourrir cette passion.

« On avait peur d’un drame », se souvient George Eddy dans son livre Mon histoire avec la NBA. « La panique était générale. Michael Jordan ne voulait plus faire l’événement. « C’est trop dangereux et il fait trop chaud. Dès que je sortirai des vestiaires, la foule va vouloir m’arracher mes vêtements, donc on annule », a-t-il dit. Nike était catastrophé. Ils m’ont demandé de monter sur un bus pour annoncer à 8 000 personnes qu’il n’y avait pas assez de place pour les accueillir et qu’en conséquence, elles pouvaient rentrer chez elles. Jamais je n’ai autant été hué de toute ma carrière ! »

Dès l’année suivante, retour de stars NBA. Pas de Michael Jordan mais du très lourd tout de même avec Charles Barkley, David Robinson et Scottie Pippen pour participer à un match de gala à Bercy. Ils jouent évidemment en NBA, mais ce n’est pas la NBA qui organise cette rencontre. Depuis la première visite de Michael Jordan, la France a appris à connaître la NBA et ses stars. Merci à Canal+ et George Eddy d’ailleurs. Il est la voix de la NBA, et c’est avec lui et des magazines que toute une génération découvre les matches NBA. Il ne s’agit plus de photos et de posters qu’on accroche dans sa chambre, comme ceux de vedettes du showbiz. Grâce à Canal+, on voit enfin des matches NBA, même s’il faut être abonné, et les maillots de Michael Jordan et Magic Johnson, mais aussi leurs chaussures, sont légions dans les cours de récré et sur les… playgrounds puisque le street-ball fait son apparition. 1991 marque un tournant car les fans parisiens auront droit à une double dose de NBA, puisque l’Open McDonald’s pose ses valises à Bercy, et c’est un pas de géant pour la France, et Paris en particulier.

1991 : Magic Johnson débarque avec les Lakers

En octobre 1991, ce n’est donc pas un ou plusieurs joueurs qui posent le pied à Paris, mais une équipe NBA entière. Et pas n’importe laquelle : les Lakers de Magic Johnson ! Les finalistes en titre, vaincus par les Bulls de Michael Jordan en juin de la même année, sont à Paris pour disputer l’Open McDonald’s. Ce n’est pas Nike mais McDo’ qui est aux manettes pour une sorte de « championnat du monde des clubs ». C’est la 5e édition, et après Milwaukee, Boston, Denver, New York, c’est donc au tour de Los Angeles de représenter la grande ligue américaine. Le plateau est constitué, en plus de Magic et sa bande, de Badalone, Split (triple champion d’Europe en titre) et Limoges.

Après avoir disposé du CSP de Richard Dacoury en demi-finale (132-101), avec 21 passes décisives de Magic, les Lakers affrontent Badalone en finale. Un match qui va s’avérer bien plus intéressant que prévu. Certes, les Californiens vont mener de 19 points mais Badalone va revenir et offrir des ultimes minutes à suspense.

Mais une sortie de balle litigieuse, donnée aux Lakers, va confirmer le titre des Lakers, provoquant la grande déception des Espagnols. « Si on m’avait dit, avant la rencontre, qu’on allait perdre de 12 points, j’aurais été heureux », avait déclaré le coach de Badalone Manuel Sainz. « Mais quand on a une chance de l’emporter, comme ce fut le cas ici, ça fait mal. On n’était pas loin de marquer l’histoire. »

Les Lakers s’imposent finalement 116-114 et Magic Johnson, avec 16 points et 17 passes dans cette finale, est élu MVP du tournoi. Quelques jours après, le meneur du Showtime annoncera au monde entier sa séropositivité…

1994 : le premier match 100% NBA

Trois ans plus tard, c’est la consécration avec le premier vrai match NBA à Paris. Le monde a changé. La « Dream Team » a tout balayé sur son passage. La NBA est devenu « mondiale ». Les ventes de magazines explosent en kiosques. Michael Jordan est aussi connu que les stars du ballon rond. Pour satisfaire le public français, la NBA propose un match de présaison entre deux des équipes les plus sexy du moment : les Warriors et les Hornets.

Ce ne sont pas les Lakers face aux Bulls mais le public français a appris à connaître les jeunes vedettes, et il y a, en théorie, du très beau monde sur le parquet avec Larry Johnson, Alonzo Mourning, Chris Webber, Latrell Sprewell, Tim Hardaway ou encore Chris Mullin, membre de la « Dream Team ». Mais peu sont en tenue, et la NBA décide de communiquer sur un duel improbable : Muggsy Bogues face à Manute Bol, le plus petit joueur de la NBA contre le plus grand ! À l’époque, on ne parle pas encore influenceurs mais la NBA compte notamment sur Dorothée, l’idole des 3-10 ans, pour faire sa promo. Le ton est donné…

L’essentiel, c’est que la salle soit pleine. Toute la génération qui a été nourrie aux exploits de Michael Jordan et Magic Johnson est là, et elle va enfin voir, pour de vrai, un match NBA. À l’époque, on ne sait pas que la présaison ne vaut pas grand-chose… Le match n’est franchement pas intéressant. Les vedettes sont absentes ou blessées, les coaches font tourner au maximum. Clairement, le but n’est pas de proposer un grand spectacle mais d’apporter une part de rêve à une époque où il n’y a aucun Français en NBA. « L’événement vaut plus pour le côté historique de voir deux équipes NBA s’affronter à Paris » rappelle George Eddy dans Basket Le Mag. « C’était un cap franchi. Mais le match en lui-même était à sens unique et assez décevant. Le public a peut-être vu aussi que parfois, un match NBA, quand il y a un peu d’écart, ça peut être un peu long. »

1997 : champions NBA, Michael Jordan et les Bulls défient le PSG Racing

Trois ans après, la NBA revient à nouveau à Paris, et ce sont enfin les champions NBA qui débarquent à Paris. Mieux encore, c’est la légende Michael Jordan en personne qui revient dans la capitale française après ses passages en 1985 et 1990. L’arrière des Bulls est reçu comme un chef d’État à Canal + pour un passage à Nulle Part Ailleurs resté dans les mémoires. Durant ces journées parisiennes, il est une véritable rockstar pistée par toutes les caméras de la ville.

« Jordan avait accepté de le faire, donc il est arrivé à l’heure, bien habillé, il a répondu à toutes les ques­tions, ne fuyant aucune interrogation », raconte George Eddy, toujours dans son livre sorti en 2019. « C’était la meil­leure audience de la saison, avec Guillaume Durand à la présentation. C’est sa seule longue interview de 1997. »

Sur le plan sportif, le quintuple champion de l’époque est un peu isolé puisque ni Scottie Pippen ni Dennis Rodman ne sont du déplacement. Pas de panique pour autant, les Bulls entrent en scène en demi-finale contre le PSG Racing de Richard Dacoury, décidément gâté par les événements après sa participation en 1991. Victoire 89-82 des joueurs de Chicago et 28 points pour Michael Jordan, sous les yeux de Yannick Noah et de son fils Joakim… Face à Michael Jordan, en défense, Thierry Zig, formé à Bondy puis Levallois, symbole de cette génération de basketteurs qui a grandi avec des posters des Bulls et de « His Airness » dans leur chambre.

En finale, le 18 octobre 1997, Olympiakos ne pèse pas bien lourd (104-78) face à un Michael Jordan toujours aussi sérieux avec 27 points et le trophée de MVP du tournoi autour du bras bien évidemment.

2003 : Tony Parker enflamme Bercy comme champion NBA

Le « McDo » disparaît, et la NBA délaisse l’Europe jusqu’au lancement, en 2003, des « NBA Europe Game ». Paris est choisi pour en accueillir un, et pour se faire pardonner de ce silence de six années, c’est le « petit prince » du basket français qui est sur le parquet : Tony Parker « himself » avec les Spurs pour affronter les Grizzlies du jeune Pau Gasol.

Comme en 1997, c’est le champion NBA qui se déplace avec la plus belle des tête d’affiche : TP. Il a 21 ans, il n’est pas encore au sommet de son Art mais c’est le premier Français à vraiment réussir aux Etats-Unis. Pour ne rien gâcher, il est champion NBA aux côtés de Tim Duncan, MVP en titre. Bercy est conquis, et lui aussi. « Ils disent que le public parisien est très difficile à contenter. De le voir debout comme ça est quelque chose d’unique. Je suis très touché » réagira le meneur des Bleus, auteur de 19 points dans la victoire de San Antonio. « Pour moi, c’était aussi excitant qu’un match de playoffs. Je n’aurai peut-être jamais la chance à nouveau de jouer chez moi, à Paris, comme champion NBA« . On ne le sait pas à l’époque, mais dans le public, il y a… Nicolas Batum, qui assiste à son premier match NBA. Il a 15 ans.

Quatre ans plus tard, la NBA revient à Paris, après avoir fait un crochet par Lyon en 2006 pour un désormais cocasse Spurs – Asvel avec un Tony Parker à 26 points. En 2007, la tournée a encore changé de nom. Sponsorisée par EA Sports, on parle désormais de « NBA Europe Live », et le désormais vétuste POPB accueille à nouveau les Spurs, mais c’est pour affronter le Maccabi Tel Aviv. C’est moins sexy même si TP, MVP des Finals, régale son public. Il pensait ne jamais revenir à Paris comme champion NBA. Il s’était trompé.

2010 : la fin d’une époque

L’année suivante, le fan parisien n’a pas le droit au champion NBA, mais à une opposition de la conférence Est entre le Heat de Dwyane Wade et les Nets de Vince Carter. Cette fois, le « régional de l’étape », c’est Yakhouba Diawara dont la famille est présent à Bercy. Après le titre de 2006, Miami entame une période de transition et le public parisien découvre Michael Beasley, tout juste drafté en deuxième position. Devant un parterre de stars, le spectacle est très moyen, mais heureusement, le suspense sauve l’affiche avec une victoire après prolongation de New Jersey grâce à Devin Harris. Clairement, on sent que le concept s’essouffle… et il y a clairement moins de passion dans les tribunes.

En 2009, pas de match mais la visite d’un roi : LeBron James ! Pas de Bercy pour lui mais le Grand Palais dans le cadre de sa tournée de promotion pour Nike. Comme Michael Jordan il y a 20 ans, l’ailier vedette des Cavs fait la tournée des médias, et il est reconnu partout. Hélas, on ne l’a toujours pas vu jouer à Paris avec une franchise NBA.

En 2010, le King quitte Cleveland pour Miami, et la NBA propose une opposition entre les Knicks et les Wolves pour la présaison. Peut-être l’affiche la moins attirante de l’époque, mais il y a Amar’e Stoudemire, recrue phare des Knicks et le poupon Kevin Love à Minnesota. Le Français du soir, c’est Ronny Turiaf qui prend la parole au début du match dans une salle qui n’est même pas pleine ! La magie de la NBA n’attire plus, et le spectacle proposé est très pauvre. La salle de Bercy a pris un coup de vieux, et la NBA n’est pas au mieux. Le manque d’attrait des équipes, mais aussi la pauvreté du jeu en présaison pénalisent l’engouement et le spectacle. On ne le sait pas encore, mais Paris devra attendre dix ans pour revoir de la NBA ! Dix ans d’attente car la salle doit être rénovée et remise aux normes de la NBA, et pendant ce temps-là, c’est Londres qui prend la main.

2020 : Michael Jordan revient comme patron d’une équipe et sponsor du PSG

Le Royaume-Uni n’est pas une terre de basket mais Londres mais aussi Manchester possèdent des installations très modernes et la NBA y pose ses valises, même en saison régulière ! C’est nouveau pour l’Europe, et Paris attend son tour. La rumeur enfle qu’Adam Silver, le successeur du regretté David Stern, veut revenir à Paris, capitale d’une France qui se jette sur les produits NBA (1ère place en Europe) et qui s’abonne en masse au League Pass (2e en Europe). Tony Parker est en fin de carrière, certains de ses héritiers brillent. C’est le moment d’offrir ce cadeau à la France. Il faut dire aussi que l’engouement autour du Quai 54, seul événement capable de faire venir des stars NBA, ou les tournées promotionnelles de Nike et adidas prouvent que le public est dans l’attente. Son impatience prend fin il y a un an.

Dès février 2019, on apprend que la NBA a donné son feu vert pour l’organisation d’une rencontre de saison régulière dans le POPB rénové, devenu l’Accor Hotel Arena, et fin mars, l’affiche est dévoilée : Bucks – Hornets.

D’un côté, la meilleure équipe de la saison régulière avec le MVP en titre. De l’autre, la franchise de Michael Jordan, avec Nicolas Batum et Tony Parker comme têtes d’affiche. Trente-cinq ans plus tard, c’est encore Michael Jordan qui atterrit dans la capitale. Il n’est plus en survêt, mais en costard trop large. Un cigare à la bouche. L’un des plus grands sportifs de l’histoire s’est mué en un redoutable businessman. Il a carrément sa marque, Jordan Brand, devenu le sponsor du… Paris Saint-Germain. Sa silhouette se pose aux côtés de la Tour Eiffel. Comme en 1985. La boucle est bouclée.

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