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Bilan à la mi-saison : l’année de la confirmation pour Brad Stevens ?

Après quasiment trois mois de compétition, les équipes viennent de passer ou dépasseront dans les prochains jours la barre des 41 matches joués, c’est-à-dire la moitié de la saison régulière. Le moment idoine pour faire un bilan dans la course aux différents trophées.

On commence avec celui de coach de l’année où les favoris se distinguent par leur capacité à mettre des collectifs en place et gagner des rencontres malgré des effectifs diminués ou largement modifiés. C’est aussi à ça qu’on reconnaît un grand coach.

1 – Brad Stevens : Boston (1er à l’Est, 34 victoires-10 défaites)

En dominant la conférence Est malgré 11 nouveaux joueurs dans l’effectif et la terrible blessure de Gordon Hayward dès les premières minutes du match d’ouverture, Brad Stevens confirme qu’il est un alchimiste digne de Gregg Popovich. Après deux défaites initiales, Boston a enchaîné une série de 16 succès d’affilée et on a alors vu les qualités de ce groupe : détermination, calme, grosse défense, circulation du ballon.

La progression et le niveau de jeu de Jayson Tatum sont bluffants, l’impact d’Al Horford en défense le positionne parmi les défenseurs les plus précieux de la ligue et Kyrie Irving a trouvé sa place dans ce collectif remarquablement dirigé. S’il y a eu un petit coup de mou récemment, logiquement lié à la fatigue accumulée, Brad Stevens est l’opposé même du « Monsieur Panique » et c’est dans le collectif qu’il trouve des solutions. Comme Gregg Popovich, le coach des Celtics trouve toujours un moyen de (bien) faire tourner la machine.

2 – Doc Rivers : Los Angeles Clippers (9e à l’Ouest, 20v-21d)

Au regard du classement, Doc Rivers ne devrait pas figurer dans cette course au titre de coach de l’année puisque les Clippers ne sont, pour le moment, pas qualifiés pour les playoffs. Seulement, quand on connaît le contexte et les blessures qui ont frappé sans cesse sa formation, il peut se féliciter d’être encore dans la course pour arracher un premier tour. Après 41 matches, on observe que Blake Griffin a joué 25 petits matches, Milos Teodosic 14, Danilo Gallinari 11, Patrick Beverley 11 également et sa saison est déjà terminée, et Austin Rivers 32…

Chaque match ou presque, l’ancien coach de Boston doit composer avec des blessés, des retours, des limites de temps de jeu… Néanmoins, les Clippers se battent et s’accrochent, Lou Williams est fabuleux et le basket proposé, à défaut d’être brillant, demeure cohérent. En ce sens, cela rappelle la saison 1999-2000 de Doc Rivers à Orlando, quand il avait remporté 41 matches avec un effectif très faible sur le papier. Clairement, le coach fait des miracles avec ce qu’il a sous la main et une place dans le Top 8 (ils ne sont qu’à deux matches de la 5e place) serait un argument de poids dans les votes en fin de saison.

3 – Dwane Casey : Toronto (2e à l’Est, 29v-11d)

Une révolution était annoncée et attendue à Toronto. Si elle demandera confirmation en playoffs, elle se matérialise pour l’instant dans le jeu, et elle est symbolisée par le shoot à 3-pts de DeMar DeRozan, qui découle lui-même d’une confiance entre Dwane Casey et son arrière All-Star. Cette (r)évolution nous offre une équipe de Toronto plus collective, plus concentrée sur la circulation de balle que sur les isolations pour Kyle Lowry ou DeRozan, et plus dangereuse à 3-pts.

Comme l’équipe a peu bougé, la cohésion de l’année précédente est encore présente, l’impact physique en défense aussi, les Raptors sont deuxièmes à l’Est et chassent les Celtics, le tout sans pression puisqu’ils évoluent dans l’ombre médiatique. Un constat qui pourrait, néanmoins, tout autant handicaper Dwane Casey pour ce trophée.

4 – Mike D’Antoni : Houston (2e à l’Ouest, 29v-11d)

Comment intégrer Chris Paul dans une équipe qui tourne tellement bien avec James Harden à la mène ? C’était la grande interrogation de la saison des Rockets et le grand défi de Mike D’Antoni. Mission réussie pour l’ancien coach de Phoenix. Quand Harden et Paul sont ensemble sur le parquet, la formation texane ne s’est inclinée que deux fois en 18 matches !

L’autre grand mérite de Mike D’Antoni, c’est d’avoir enfin imprimé une identité défensive à ses joueurs. Il a été aidé en ça par les arrivées de Luc Mbah a Moute et P.J. Tucker, mais encore fallait-il construire une patine collective. C’est le cas. Malgré les blessures successives de leurs deux meneurs de jeu, les Rockets sont en orbite et le décollage est prévu pour le printemps prochain.

5 – Gregg Popovich : San Antonio (3e à l’Ouest, 28v-15d)

En banalisant les saisons à plus de 50 victoires et les qualifications en playoffs, Gregg Popovich a presque fait oublier qu’il faisait partie des plus grands cerveaux de l’histoire de ce sport. C’est peut-être cette saison, alors qu’il est dans le dur, qu’il le montre le plus clairement. Privé de son meilleur joueur, Kawhi Leonard, et de son meneur de jeu, Tony Parker, pendant plus de 20 matches, sans oublier un Danny Green fragile ou un LaMarcus Aldridge qu’il fallait remettre en selle, il n’a pas eu la vie facile depuis mi-octobre.

Résultat ? San Antonio reste San Antonio. La rechute de Kawhi Leonard est un contre-temps fâcheux, mais les Spurs sont solides, développent leur académie de jeu, le papy Manu Ginobili se fait même plaisir dans le money-time… En clair, le train texan avance tranquillement pour monter en puissance en seconde partie de saison. Que les Spurs soient dans le Top 3 de l’Ouest ne devrait pas être une surprise – c’est une habitude depuis 20 ans – mais dans ces conditions et avec une telle concurrence, c’est absolument remarquable.

Mentions : Erik Spoelstra (Miami, 4e à l’Est, 24v-17d), Steve Kerr (Golden State, 1er à l’Ouest, 33v-9d), Nate McMillan (Indiana, 8e à l’Est, 21v-20d), Tom Thibodeau (Minnesota, 4e à l’Ouest, 27v-16d), Fred Hoiberg (Chicago, 13e à l’Est, 15v-27d).

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