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[Portrait] Horace Grant, glass securit

Aux côtés de Michael Jordan, il y avait le Lieutenant Scottie Pippen, mais aussi le Général Horace Grant, 54 ans ce 4 juillet. Trois fois champion NBA avec les Bulls, cet ailier-fort célèbre pour ses lunettes ira ensuite au combat avec Shaquille O’Neal au Magic puis aux Lakers.

Horace Junior Grant est grand. Par la taille, bien sûr. Deux mètres et huit centimètres, mesurez, ça commence à faire haut. Grant est grand mais pas seulement sous la toise. Jugez plutôt.

Hiver 1993. Le magnifique bus des Chicago Bulls stationne devant l’hôtel de l’équipe à Philadelphie. Comme d’habitude, les joueurs descendent et s’engouffrent rapidement dans le hall du palace. Il fait un froid de canard, un temps à ne pas mettre un chien dehors. Vent, neige : ça caille un max. De l’autre côté de la rue, un homme est roulé dans un sac de couchage. Il gît, allongé sous un porche pour éviter d’être recouvert par la neige qui tombe à gros flocons. Horace Grant a du mal à supporter cette vision. Il n’écoute que sa foi. Il traverse la rue,  réveille le gars, l’invite à manger et lui paie une chambre dans l’hôtel des Bulls, devant les yeux incrédules des réceptionnistes. Il glissera aussi deux gros billets de 100 dollars dans sa poche pour passer quelques nuits au chaud.

En NBA avec son frère jumeau, Harvey

Vous nous direz : « Oui mais avec l’argent qu’il gagne… » Encore faut-il le faire.

Le plus remarquable, c’est que Grant ne se contente pas, à l’époque, de jouer les bons samaritains financièrement parlant. Il chapeaute de nombreuses œuvres de charité et d’entraide et il n’est pas rare de le voir traîner aux alentours du Chicago Stadium, l’antre des Bulls. Le nom du quartier ? Henry Horner Homes Project. Project, ça se traduit grosso modo par HLM. Seulement, ce coin-là est tout simplement l’un des pires ghettos de tout le pays. En comparaison, certains blocs de Vaulx-en-Velin ou Sarcelles auraient presque l’air luxueux. Contrairement à Michael Jordan qui refuse d’y aller, Horace Grant y passe régulièrement pour discuter ou pour jouer avec les jeunes des cités qui n’ont pas les moyens de se payer un ticket dans l’arène toute voisine des Taureaux. Et qui ont pourtant tant besoin de se trouver des héros…

Horace et Harvey, son frère jumeau star des Washington Bullets, ont grandi dans la pauvreté.« Notre enfance, nous ne l’avons pas passée en ville mais à la campagne, en plein cœur de la Géorgie. On avait juste besoin de quelques dollars pour pouvoir s’occuper ou s’acheter des bricoles. Les gamins de Chicago, eux, ils ont absolument besoin d’espoir. De quelqu’un qui pense à eux de temps en temps », soupire Horace.

Pour tous ces mômes, il est devenu un exemple. Et lorsque sa voiture débouche au coin de la rue, c’est l’explosion de joie dans le quartier. Ces visages trop vite endurcis, qui transpirent habituellement la haine et la colère, s’illuminent. Les kids lui demandent des billets pour la prochaine rencontre, parlent de ses performances. Lui leur raconte des anecdotes. Ensemble, ils parlent de la vie…

« Quelque part, ça me révolte. Il y a des gens qui habitent juste à côté du Stadium et qui n’ont jamais pu y entrer. C’est l’une des choses les plus ridicules qui soient. Michael (Jordan), Craig (Hodges) et moi-même n’y pouvons pas grand-chose. Le moins que l’on puisse faire, c’est d’aller les voir de temps en temps. C’est juste humain. Il y a autre chose à faire dans ce monde que marquer des paniers de basket. »

Michael Jordan ? Le sujet qui fâche…

A bon entendeur… Allô, Mike ? On ne peut pas dire que Jordan et Grant soient de grands amis. Horace ne veut d’ailleurs pas en parler. La seule chose qui a le don de l’agacer vraiment, c’est la manière avec laquelle Jordan s’accorde certains passe-droits. Comme ses absences répétées à chaque reprise d’entraînement. A tel point que lors d’un training camp où Sa Majesté brillait une fois encore par son absence, Horace quitta certaines séances avant la fin, histoire de marquer sa désapprobation. L’attitude peut se discuter mais c’est vrai que le comportement de Michael laissait à penser qu’il se considérait comme le seul responsable du triomphe des Bulls pendant trois ans, de 1991 à 1993. Ce qui est faux. Sans Grant et sans Scottie Pippen, bien sûr, « MJ » n’aurait sûrement pas obtenu trois bagues de champion. Horace était censé demeurer le back-up de Charles Oakley, top rebondeur et défenseur des Bulls. Il fut bien mieux que ça une fois « Oak » transféré à New York contre Bill Cartwright en 1988.

Intronisé dans le cinq majeur, le natif d’Augusta (Géorgie) s’imposa à la fois comme un aspirateur à rebonds, un défenseur émérite (c’est lui qui sécurisa le titre de 1993 avec un contre de dernière seconde sur Kevin Johnson dans le Game 6 des Finales) et comme une option offensive fiable en soutien du duo Jordan-Pippen. Ecoutez Jim Cleamons, à l’époque assistant coach à Chicago : « Horace a accepté de tenir un rôle ingrat en sachant très bien que personne ou presque ne remarquerait son abattage. Il est là pour faire le sale boulot. Il est indispensable. Que Michael marque 40 points et que Scottie en plante 30, c’est bien. Mais nous ne pourrons pas gagner si Horace ne fait pas son job sous les panneaux. »

En juillet 1994, un an après la première retraite de Jordan et après avoir passé sept saisons dans l’Illinois, Horace Grant décide de tenter sa chance à Orlando, une équipe qui rêve de grandeur avec son duo Penny Hardaway-Shaquille O’Neal. Comme tout athlète, un peu de reconnaissance individuelle ne lui déplairait pas. Son ambition, pour ne pas dire son objectif suprême, était d’être sélectionné pour le All-Star Game. Il fut retenu pour le rendez-vous de Minneapolis le 13 février 1994 (17 mn, 4 pts, 8 rbds, 2 pds). Cette saison-là sera la meilleure de sa carrière sur un plan individuel avec 15.1 points, 11 rebonds et 3.4 passes de moyenne. « En 1992, quand j’ai appris que je n’étais que remplaçant des sélectionnés, ça m’a fait mal. J’ai passé une journée entière à ne penser qu’à ça. Après, je suis redevenu le même : enthousiaste, souriant, positif. C’est vrai qu’il est important de remporter des titres NBA mais devenir All-Star m’a permis d’être reconnu et respecté pour le boulot que je fais. C’était difficile d’exister derrière Michael et Scottie. Cette sélection fut comme une sorte d’aboutissement dans ma carrière. J’ai évolué avec les meilleurs joueurs du monde. »

Au bon endroit, au bon moment…

Choisi en 10e position de la draft 1987 après une honnête carrière à Clemson University (où il faisait partie de la confrérie Pi Kappa Alpha), Horace commença sa carrière professionnelle au petit trot. Il n’était pas vraiment en vue. Et pour cause : il était myope ! Au début des années 90, Grant se met à porter des lunettes blanches du plus bel effet, qui ne le quitteront plus et qui deviendront un peu sa signature basketballistique. Au fil du temps, les couleurs changeront. Un look flashy, unique en NBA, quoique copié par Bo Outlaw.

En 1994, donc, Orlando se frotte les mains. Sous le maillot des Bulls, Horace Grant faisait le ménage au rebond et faisait exploser les défenses adverses avec des dunks sauvagement puissants. La franchise floridienne se dit qu’en associant O’Neal et Grant sous le cercle, elle se promènera dans toutes les raquettes du circuit. Et de fait, Orlando atteint les Finales NBA dans la foulée. Avec le résultat que l’on sait (sweepé par Houston). Un deuxième coup de balai contre Chicago, un an plus tard en finale de Conférence, sonne le glas des rêves de grandeur floridiens. Shaq plie bagages. Le Magic devient un amuse-gueule. Horace Grant, un joueur d’appoint.

Orlando l’expédie à Seattle juste avant le coup d’envoi de l’exercice 1999-2000. Un an plus tard, un trade providentiel lui permet de rejoindre les Lakers, champions en titre (la transaction envoie Patrick Ewing à Seattle et Glen Rice chez les Knicks). Comme beaucoup d’autres durant l’ère 2000-02 (n’est-ce pas, Mitch Richmond ?), Horace Grant est au bon endroit au bon moment. La domination implacable des frères ennemis Shaq et Kobe lui permet de glaner une quatrième bague. Sa ligne de stats à L.A. (8.5 pts, 7.1 rbds) témoigne de son apport du moment.

Doc Rivers le compare à un « cancer »

Contre toute attente, le binoclard le plus célèbre de la Ligue choisit en juillet 2001 de retourner à Orlando, où Tracy McGrady assure le show en solo. Une opération au genou gauche subie en septembre 2002 empoisonne son début de saison suivant. Ses relations avec le coach, Doc Rivers, sont déplorables. Des témoins assurent que les deux hommes en sont venus aux mains. Peu importe la production chiffrée de l’intéressé (8 pts et 6.3 rbds la première année, 5.2 pts et 1.6 rbd sur 5 matches durant la seconde). Rivers l’accuse de vouloir saper son autorité auprès des plus jeunes et exige qu’il soit coupé. « Voici la façon dont je vois les choses, déclare l’actuel coach des Clippers devant les caméras de la chaîne ESPN. Quand vous avez un cancer, vous devez le retirer… »

Au retour d’un déplacement à Chicago, Grant et McGrady ont des mots dans l’avion, dans la partie réservée aux joueurs. Alerté, Rivers prend la défense de T-Mac. La discussion dégénère. A 3 h du matin, après que l’avion a atterri, le coach se rend chez le GM de l’époque, John Gabriel, pour demander la tête de Grant. « Nous sommes désolés de le voir partir, commente John Gabriel, mais honnêtement, nous avions le sentiment que sa contribution était limitée. Reste qu’Horace a fait une grande carrière et ses bagues sont là pour le prouver. »

Le n°54, quatre fois membre de la NBA All-Defensive Second Team (entre 1993 et 96), décide de raccrocher ses baskets avant de replonger chez les Lakers en 2003-04, comme back-up de Karl Malone. L’histoire se finit en eau de boudin, avec la claque infligée par Detroit (4-1). Horace Grant aura atteint les Finales NBA à six reprises (de 1991 à 1993, en 1995, en 2001 et en 2004) pour quatre succès. Quatre galons pour un General dont la famille continue de briller en NBA puisqu’il n’est autre que l’oncle de Jerami du Thunder et Jerian du Magic, les enfants de son frère Harvey.

Palmarès

17 ans de carrière

4 fois champions NBA (1991, 1992, 1993, 2001)

1 fois All-Star (1994)

4 fois élu dans la Second All-NBA Team (1993 à 1996)

11.2 points, 8.1 rebonds, 2.2 passes, 0.98 int, 0.98 ct en 1 165 matches (1 037 fois titulaire)

50.9% aux tirs, 69.2% aux lancers francs.

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