George Mikan

Brokenarrow

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George Mikan

Message par Brokenarrow » 21 juin 2017, 23:37

Pour ce premier numéro, Good Old Days a décidé de remonter le temps loin, très loin, aux origines même de la NBA, avec une de ses premières et plus belles légende: George Mikan.
George Mikan, le géant précurseur by Brokenarrow
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Fiche joueur :
George Lawrence Mikan Jr
18 juin 1924 - 1er juin 2005
Pivot
2,08m – 111 kilos
Collège : DePaul University

Stats : 23,1pts 13,4rbds 2,8ast / 40,4%FG 78,2%FT
439 matchs – 10 156pts

Palmarès :
Champion NBL x2 (1947,'48), NBL MVP (1948), All NBL 1st Team x2 (1947,'48).
Champion BAA (1949), All BAA 1st Team (1949).
Champion NBA x4 (1950,'52, '53, '54), All NBA 1st Team x5 (1950-54), All Star x4 (1951-54), MVP du All Star Game (1953).
Meilleur marqueur x3 – Meilleur rebondeur x2
Elu au Hall of Fame en 1959. Elu parmi les 50 meilleurs joueurs de l'Histoire en 1996.
Maillot n°99 retiré par les Los Angeles Lakers.


C'est peut-être difficile à croire, mais avant les années 1940 le Basketball était considéré comme un sport pour des joueurs de petite taille plutôt que pour les grands, supposés moins agiles balle en main. Puis un jour débarqua George Mikan, un géant de 2,08m au toucher exceptionnel et à la rage de vaincre sans limite, voué à devenir le premier « Big man » de l'Histoire et un des meilleurs scoreurs de son temps. Mikan fait carrément partie de ces joueurs qui ont forcé la NBA à modifier certaines règles du jeu pour l'empêcher de dominer totalement la ligue. En 1950, « Mr.Basketball » fut nommé meilleur joueur de la première moitié du siècle...

Une Révolution en marche


A l'université, Mikan était déjà considéré comme un monstre. Dans les années 40, il semblait impossible que quelqu'un soit assez grand et puisse sauter assez haut pour dévier une balle au-dessus de l'arceau, mais George fit du goaltending un art à part entière, forçant la NCAA à l'interdire.

Mikan débuta ensuite sa carrière professionnelle en 1946 chez les Gears de Chicago de NBL, le prédécesseur de la NBA. Dominant chez les pros aussi bien qu'à la fac, il scora 16,5pts de moyenne et mena son équipe au titre dès sa saison rookie. Avant le début de la saison suivante, le propriétaire des Gears, Maurice White, voulu créer une nouvelle ligue de 24 équipes dans laquelle il serait propriétaire de toutes les équipes et de toutes les salles, mais le projet avorta au bout d'un mois et les joueurs furent redistribués dans les 11 franchises NBL restantes. L'histoire d'amour entre Mikan et les Minneapolis Lakers venait de naître...
En duo avec Jim Pollard, Mikan et les Lakers écrasèrent la saison régulière, les Playoffs, et remportèrent le titre dans une série au meilleur de 5 matchs 4-1 face aux Rochester Royals.
Avant la saison 1948-49, nouveau coup de massue : les Minneapolis Lakers, Rochester Royals, Fort Wayne Zollner Pistons et les Indianapolis Kautskys (renommés Jets) quittent la NBL pour rejoindre la BAA, la Basketball American Association. Pendant la saison, les Lakers et les Royals se tiennent coude à coude mais les Royals seront champions de la Western Conference avec 1 victoire de plus que les Lakers, malgré les 28,3pts de moyenne de Mikan, chiffre astronomique pour l'époque (seuls 2 autres joueurs tournaient à plus de 20pts: Joe Fulks et Max Zaslofsky...). En Playoffs, les Lakers atteignent à nouveau les Finals cette fois face aux Washington Capitols du désormais mytique Red Auerbach. Minneapolis gagne les 3 premiers Game mais perd le 4ème, Mikan ayant le poignet cassé. Durant le Game 5, Mikan jouera avec un plâtre pour marquer 22pts dans une nouvelle défaite. Les Lakers écraseront le Game 6 et deviennent champions BAA, Mikan tournant à 30,3pts pendant ces PO.
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La naissance d'une ligue


Pour le début de la saison 49-50, la BAA et la NBL fusionnent enfin pour former notre chère NBA. Pour sa première année d'existence, la Grande Ligue comportait 17 équipes réparties en 3 divisions, Minneapolis jouant dans la Central Division avec son meilleur ennemi, les Royals. Encore une fois, Mikan écrasera la ligue de son talent au scoring avec 27,4pts de moyenne, amenant les Lakers à un bilan de 51V-17D en saison. Sans surprise, les Lakers vont une nouvelle fois en Finals, contre les Syracuse Nationals. Les Nats repousseront alors l'inévitable jusqu'au Game 6, pliant sous les 31,3pts de moyenne de Mikan qui remporte son deuxième titre consécutif, la dynastie Lakers semblant intouchable. Coût originel de la franchise ? 15 000$...

Cependant, cette domination prendra fin la saison suivante dans les Western Conference Finals face... aux Rochester Royals, 3 matchs à 1, résultat en partie dû au fait que le pivot phénomène des Lakers joua la série le pied dans le plâtre.

Mais même blessé, Mikan attirait les foules dans les salles comme personne, les spectateurs désireux de voir le Goliath à lunettes des parquets réduire en bouillie ses adversaires avec son hook shot qui inspira tant une autre future légende de la ligue, un certain Lew Alcindore... De 49 à 54, Mikan fut élu pivot dans la All NBA 1st Team, et fut présent aux 4 premiers All Star Game de l'Histoire, incluant une performance de mammouth à 26pts 15rbds qui lui valut le titre de MVP du All Star Game 1952.
Des 2 côtés du terrain, on pouvait qualifier le style de jeu de George Mikan de... disons, rugueux. Le géant de l'Illinois termina en effet sa carrière avec 10 fractures, 16 points de suture et un record NBA avec ses 3 saisons en tant que leader en terme de fautes personnelles, ce qui évidemment faisait planer la crainte chez ses adversaires.

D'ailleurs, un match entre les Lakers et les Knicks le 13 décembre 1949 offrit une anecdote à ce sujet : en effet, à l'occasion de cette rencontre, l'annonce devant le Madison Square Garden laissait lire « George Mikan vs Knicks ».Lorsque Mikan pénétra dans le vestiaire avant le match, il trouva ses coéquipiers assis par terre avec leurs vêtements de ville. L'un d'eux s'exclama alors : « Il parait que tu joues contre les Knicks, alors va les jouer. On t'attend là. ».
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Il faut bien le dire, Mikan semblait dominer totalement le reste de la ligue de son époque, si bien que la NBA mit en place certaines règles afin de corser les choses pour le pivot, notamment en doublant la largeur de la raquette. L'horloge des 24 secondes par possession, partie intégrante du jeu d'aujourd'hui, fut imaginée également en partie à cause de Mikan. Durant un match opposant donc les Lakers de Minneapolis et les Fort Wayne Pistons en 1950, ces derniers décidèrent que le seul moyen pour eux d'empocher la victoire était de priver les Lakers de la balle. Résultat : une victoire pour les Pistons 19-18, record NBA du match au plus petit score à la clé ! La ligue installa donc la règle des 24 secondes par possession quelques saisons plus tard.
La fin d'une ère


Toutefois, même les meilleurs finissent un jour par descendre de leur petit nuage, et ainsi le grand George débuta sa lente descente statistique durant la saison 1951-52 : de 28,4pts de moyenne, il chuta à 23,8pts, même sort pour ses pourcentages puisqu'il passa de 42,8%FG à 38,5%FG... Ce qui ne l'empêchera pourtant pas d'mpocher un nouveau titre de champion au bout de Playoffs haletants après avoir vaincu les New York Knicks en Finals en 7 matchs grâce à des stats toujours aussi affolantes (23,6pts et 15,9rbds de moyenne, un monstre vous dis-je). L'année suivante, la production de Mikan continuera de glisser tranquillement vers 20,6pts de moyenne, tout en devenant meilleur rebondeur de la ligue (14,4 prises) pour la seule fois de sa carrière. Cette domination sous les panneaux, il en fera d'ailleurs la preuve lors du All Star Game 1953, lui valent le titre de MVP du match des étoiles. Pour finir la saison en beauté, les Lakers repartiront avec une nouvelle bague dans un triomphe en 5 matchs face au Knicks.
Enfin, la saison suivante verra les Lakers repartir avec leur cinquième titre en 6 ans et réaliser le ThreePeat, exploit que seul les Celtics (de 59 à 66) et les Bulls (91-93 et 96-98) répéteront dans cette deuxième moitié de siècle.
A seulement 29 ans et alors en pleine gloire, George Mikan assommera le monde du basketball en annonçant qu'il a décidé de prendre sa retraite de joueur : «Je sentais que mes fils grandissaient, mais qu'ils ne me connaissaient même pas. J'étais tellement souvent sur la route que je me suis dis qu'il était temps de penser à ma famille ». Avec Mikan en dehors du circuit, les Lakers devinrent bien moins impressionnants. Au cours de la saison 55-56, dépité de voir son équipe malmenée, Mikan choqua à nouveau tout le monde en retournant fouler les parquets NBA ; mais son absence se voit dans son jeu et après 37 matchs joués, 10,5pts de moyenne seulement, un bilan négatif en SR et une élimination au premier tour des Playoffs, le quadruple champion raccroche définitivement ses sneakers.

Par la suite, il restera néanmoins toujours en contact avec le monde du basket. Tout d'abord coach aux Lakers pour un bilan Woodsonien de 9V-30D, il redonnera les rênes de l'équipe à John Kundla (bilan final : 19V-53D), puis deviendra commissionner de la ABA de 1967 à 1969. Tentant de donner un nouveau souffle à cette ligue, il fut l'instigateur de l'utilisation du ballon tricolore : « Nous essayions de signer un contrat avec la télévision, et je pensais que la balle marron traditionnelle était très difficile à voir. Je me suis décidé avec un ballon rouge, blanc et bleu pour 3 raisons. De 1, par patriotisme, de 2 parce que la visibilité à la télé était fantastique, et de 3 par le potentiel de vente. Les jeunes l'aimaient vraiment. ». Puis Mikan disparaîtra des radars pour resurgir au milieu des années 80 en voulant ramener une équipe de basket à Minnesota : grâce au soutien financiers de 2 businessmen locaux, Harvey Ratner et Marv Wolfenson, il réussit pour la saison 89-90. Les Minnesota Timberwolves étaient nés !
Consécration ultime, George Mikan fera partie de la première promotion élue au Hall of Fame en 1959, et sera sélectionné parmi les meilleurs joueurs de la première moitié du siècle à l'occasion des 50 ans de la NBA en 1996.
Au regard d'une carrière exceptionnelle et d'une vie consacrée au sport de son cœur, sa place dans l'Histoire est assurée, et il pourra continuer de veiller à jamais sur ses Lakers du haut du Staples Center...
« Those days were really Good Old Day'z... »
:idea: Bonus : Pour finir en beauté ce premier numéro, GoD propose aux plus passionnés un documentaire somptueux rempli d'images d'époque sur le phénomène Mikan.
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