Dave Debusschere

Brokenarrow

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Windy City
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Dave Debusschere

Message par Brokenarrow » 21 juin 2017, 23:36

Dave Debusschere, la parole à la défense by Brokenarrow
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Fiche joueur :
David Albert Debusschere
16 octobre 1940 – 14 mai 2003
Ailier/Ailier fort
2,00m – 106 kilos
Collège : University of Detroit Mercy

Stats : 16,1pts 11,0rbds 2,9ast / 43,2%FG 69,9%FT
875 matchs – 14 053pts

Palmarès :
Champion NBA x2 (1970, '73), All NBA 2nd Team x1 (1969), All Star x8 (1966-'68, 1970'74), All Defensive 1st Team (1969-'74), All-Rookie Team (1963).
Elu au Hall of Fame en 1983. Elu parmi les 50 meilleurs joueurs de l'Histoire en 1996.
Maillot n°22 retiré par les New York Knicks.


« Vanina rappelle toi, que je ne suis rien sans toi, Vanina si tu... » Pardon, je m'emporte.
Le Dave dont je devais vous parler est un artiste lui aussi, mais son truc, c'est pas la chanson. Son truc à lui, c'est le sport. Touche-à-tout, très doué et leader dans l'âme, « Big D » s'est essayé au baseball et au basket avant de prouver une bonne fois pour toute son amour de la balle orange en 1962. Dur au mal et tenace dans l'effort malgré son gabarit somme toute normal, Debusschere est encore aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs défenseurs de tous les temps. Son éthique de travail sans reproche durant ses 12 années de carrière l'aura propulsé vers les sommets de la NBA...
L'enfant prodige
Né à Detroit, Debusschere était un vrai héros local dès l'enfance. Brillant au basket comme au baseball, il aura emmené l'équipe de l'Austin Catholic Highschool à un titre de Champion de l'Etat du Michigan, puis emporté le championnat de la ville avec l'équipe de baseball et amené une équipe locale en tête du championnat national junior, faisant le bonheur de ses concitoyens et tapant dans l'oeil des recruteurs...
Les Colleges de tout le pays étaient attirés par l'étoile montante de Motown, mais c'est tout naturellement qu'il choisit d'entrer à l'Université de Detroit Mercy, tournant à 24,8pts de moyenne et permettant ainsi à la ville de participer au NIT (National Invitation Tournament) de la NCAA 2 fois, et même de participer au championnat NCAA 1 fois.
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Une fois son diplôme en main en 1962, Dave était confronté à un choix cornélien : basket, ou baseball ? Au début des années 60, le monde de la balle orange comportait beaucoup de joueurs de talent et possédait un vrai esprit de compétition, mais ne pouvait pas rivaliser avec la popularité du baseball. Pourquoi ne pas essayer les 2, au fond ? C'est ce qu'il fit, en signant un bonus de 75 000$ avec les White Sox de Chicago, ainsi qu'un contrat de 15 000$ avec les Detroit Pistons qui l'ont drafté en tant que Territorial Pick ( = type de choix de draft en vigueur entre 1950 et 1965 qui permettait de sélectionner un joueur développé dans la région de l'équipe en dehors de la draft classique).
Ainsi, c'est pour la saison 1962-63 que celui qui deviendra plus tard « Big D » entre en scène. Et de quel manière : 12,7pts 8,7rbds 2,6pds à 43% au tir, sélection dans la All Rookie Team à la clé. Dès ses débuts dans la grande ligue il montra de solides talents offensifs. En plus de sa hargne à se battre sur tous les points sous les panneaux, il a prouvé qu'il pouvait aussi scorer avec un bon shoot longue distance, bien qu'inconstant. Plutôt habile balle en main pour un big man, les Pistons l'ont même utilisé comme guard pendant cette saison ! Malgré son air de gros malabar, Debusschere faisait déjà preuve d'une grande maturité, sachant garder la tête froide et l'esprit vif sur les parquets. Avec un bilan de 34V-43D, ces Pistons ont pu goûter aux Playoffs mais pour seulement 4 matchs, s'inclinant 3-1 face aux Hawks de St-Louis.
Malheureusement, la saison suivante marquera pour Dave le début d'une longue traversée du désert, qui débuta par une fracture de la jambe ne le laissant jouer que 15 matchs sur cette saison 1963-64, avec des Pistons qui ne réussiront qu'à remporter péniblement 23 matchs. Pour la saison 64-65, Debusschere revint en pleine forme sur les parquets, mais pour autant son équipe continuait de ramer en début de saison, à un tel point que le propriétaire des Pistons, Fred Zollner, le nomma en novembre « joueur-coach », devenant à seulement 24 ans le plus jeune coach de l'histoire de la NBA. Ces nouvelles responsabilités l'ont alors fait abandonner sa double carrière baseball-basketball, en refusant l'appel que lui faisait les White Sox fin 1965. Le passage de Debusschere comme coach s’avérera catastrophique, probablement du fait de sa jeunesse et de son inexpérience, mais lorsqu'il demandait aux autres équipes quels joueurs des Pistons les intéresseraient pour un trade, la réponse était toujours la même : « Vous ». Après 3 saisons en tant que coach, la main passera alors à Donnis Butcher à la fin de la saison 66-67 après un bilan de 79V-143D et aucune apparition en Playoffs, handicapé par une équipe en manque cruel de talent. Pour autant, Debusschere a souvent dit que le coaching lui appris beaucoup, même si cela lui coûta cher : « C'était un soulagement que d'abandonner le coaching » déclara-t-il plus tard, « Je réalise maintenant que je n'étais pas capable de contrôler certaines choses. Dès le moment où je n'ai plus eu qu'à m'occuper de moi-même, j'ai fait ma meilleure saison. Je scorais plus, je captais plus de rebonds, je défendais mieux, je faisais tout mieux ».
Sortir du brouillard...
Au fil des ans, le talent de Debusschere était convoité par bon nombre d'équipes, mais les Knicks étaient les plus persistants. Chaque année, ils le priaient de quitter Detroit mais subissaient à chaque fois le même refus. « Debusschere était notre Saint-Graal » déclara le coach des Knicks de l'époque, William Holzman, dans son livre A view from the bench. La situation se débloqua lorsque Paul Seymour devint coach des Pistons. Désireux de refondre cette équipe des Pistons, et Debusschere étant sa star la plus bankable, il décida de l'envoyer aux Knicks en décembre 1968 contre le pivot Walt Bellamy et le guard Howard Kowives
Pour Debusschere, ce trade fut comme une renaissance. Bien que Detroit était sa ville natale, il était lassé de perdre constamment saison après saison : « Comme coach j'étais très frustré de perdre tout le temps, et en tant que joueur je ne voyais derrière moi que 6 années de défaite. Quand ils ont annoncé ce trade, j'étais heureux de devenir un winner. ». Les Knicks plaçaient de grands espoirs en lui, voulant consolider leur frontcourt et voyant en Debusschere l'ingrédient final qui les amènerait au titre. Bellamy parti, Willis Reed pu passer d'ailier à pivot, Debusschere évoluant PF et Bill Bradley en tant que SF. Dès le début, le changement promettait de belles années : les Knicks finiront la saison 1968-69 sur un bilan de 54-28, Dave scorant 16,3pts de moyenne avec une sélection en All NBA Second Team comme récompense. Les Knicks termineront ce beau parcours aux portes des Finals, éliminés face aux terribles Celtics en 6 matchs.
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En plus de capter beaucoup de rebonds, le rôle de Debusschere était surtout d'éteindre son match-up, chose dans laquelle il excellait. Le regard déterminé, la mâchoire serrée et le maillot trempé de sueur, il donnait tout ce qu'il avait sur le terrain et ses rivaux connaissaient déjà l'horrible soirée qu'ils allaient passer face à lui. « Il n'y avait personne d'autre dans cette ligue qui se donnait à 100% comme le faisait Debusschere, chaque nuit, chaque match de la saison, des deux côtés du terrain » dit un jour Bill Bridges des Hawks d'Atlanta. Véritable clé de voûte de la défense New Yorkaise, il sacrifia la performance individuelle pour le bien de l'équipe.
...pour toucher les étoiles
Dans la saison 1969-70, les Knicks étaient blindés de talent et de personnalité, trouvant grace auprès des fans. Il faut dire qu'entre le flashy et excellent Walt Frazier, le futur sénateur du New Jersey Bill Bradley et le téméraire Willis Reed, il y avait de quoi attirer les foules ! Pour parachever cette œuvre, Debusschere apparaissait évidemment comme la pièce finale du puzzle de la quête des Knicks vers le titre NBA. « Parfois, il n'allait scorer que 4 ou 6 points en 40 minutes » dit Holzman pour Newsday. « Les gens me demandaient : comment tu peux le laisser jouer si longtemps ? Je leur répondais parce qu'il fait un putin de travail pour nous aux rebonds, et un putin de travail en défense ». Et pourtant, Dave trouvait foi auprès des fans car contrairement à des gars comme Frazier ou Bradley, il paraissait comme un mec normal. Un mec franc, qui aimait descendre des bières dans les vestiaires après les matchs.
Pour cette saison 69-70 donc, les Knicks répondirent aux attentes des fans. Sous les tonitruants « DE-FENSE ! » qu'entonnait le Madison Square Garden chaque soir, Debusschere et ses accolytes roulèrent sur le reste de la ligue pour un bilan final de 60V-22D. Pendant les Playoffs, ils sortirent d'abord les Baltimore Bullets en 7 matchs, écrasèrent les Bucks de Lew Alcindor (aka Kareem Abdul-Jabbar) en 5 games pour finalement rencontrer les Lakers en Finals.
Quel affiche, on ne pouvait rêver mieux ! L'Est contre l'Ouest, le travail d'équipe des Knicks contre le glamour des Lakers et ses superstars Wilt Chamberlain, Jerry West ou encore Elgin Baylor. Leur confrontation en 7 matchs fait désormais partie de la légende. Willis Reed, blessé et attendu comme out pour le Game final stupéfia tout le monde en apparaissant en tenue sur le terrain du MSG, boitant à droite à gauche et marquant néanmoins les 2 premiers paniers des Knicks en poussant son équipe à une victoire 113-99 à la maison. Évidemment, Reed remporta le titre de MVP des Finals mais Debusschere avait abattu un travail de titan tout au long de la série, aidant à contenir l'immense Chamberlain dans le Game 5 décisif, et performant un superbe 18pts 17rbds dans le Game 7 tout en faisant passer une sale nuit à Elgin Baylor.
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Et l'Histoire ne s'arrête pas là. Pour la saison 1972-73, les Knicks vont récidiver avec un Debusschere meilleur rebondeur et deuxième meilleur marqueur de son équipe. Pour les Eastern Conference SemiFinals, il marqua 16,3pts de moyenne sur la série en 7 matchs contre des Celtics handicapés par l'absence d'un John Havlicek blessé. La suite ne sera qu'une formalité, une victoire 4-1 face aux Lakers avec le deuxième titre de l'histoire des Knicks à la clé.
Pour ses 3 dernières saisons, Debusschere tournera à au moins 15pts de moyenne, sélectionné au All Star Game chaque année et également choisi dans la All NBA Defensive First Team, place qu'il aura de toute façon gagnée les 6 premières années d'existence de cette récompense. Il terminera sa carrière de joueur à la fin de la saison 1973-74, sans pour autant se retirer totalement des affaires.
En 1974, il devint vice président et General Manager des New York Nets, équipe de ABA. L'année suivante il deviendra commissioner ABA et aida la ligue à fusionner avec la NBA en 1976. En 1982, Debusschere retournera chez les Knicks en tant que vice président exécutif et directeur des opérations basket. On retiendra son visage empli de joie lorsque les Knicks ont remporté la première NBA Draft Lottery télévisée en 1985, leur permettant de sélectionner un certain Patrick Ewing...
Elu au Hall of Fame en 1983 et élu parmi les meilleurs joueurs NBA en 1996, il aura surtout fini par gagner le respect de ses pairs de par son parcours exemplaire. Durant ce qui sera la dernière saison du Big D, son coéquipier et ami Bill Bradley déclara au nom de tous les joueurs : « On ne remplace pas un Dave Debusschere. »

« Those days were really Good Old Day'z... »



:idea: Bonus : En bonus de ce deuxième article, GoD vous propose de remonter le temps et revivre le fameux Game 7 de 1970 entre les Knicks et les Lakers, synonyme de premier sacre pour la ville de New York !
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