George Gervin

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George Gervin

Message par DR50 » 21 juin 2017, 23:30

George Gervin, un Iceman au Texas by DR50
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Fiche Joueur :
George Gervin
27 avril 1952
Detroit Michigan
Ailier
2,01 m - 84 kilos
Eastern Michigan

Stats : 26,2 ppg - 4,6 rpg - 2,8 apg - 51%/30%/84%
791 matchs - 20 708 points

Palmarès :
ABA All-Star Second Team (1975, '76); ABA All-Rookie team (1973).

All-NBA First Team (1978, '79, '80, '81, '82);
All-NBA Second Team (1977, '83);
Nine-time NBA All-Star (1977-85);
All-Star MVP (1980)
Meilleur marqueur x4 (dont 3 d'affilée)

Numéro 44 retiré par les Spurs. Hall of Fame en 1996.
Elu parmi les 50 meilleurs joueurs de l'Histoire en 1996.


"You don't stop George Gervin. You just hope that his arm gets tired after 40 shots. I believe the guy can score when he wants to. I wonder if he gets bored out there." La déclaration vient de Dick Motta, coach NBA, élu Coach of the Year en 1971. Avant Michael Jordan, avant Kobe Bryant, avant Kevin Durant et avant peut-être Bruno Caboclo, existait George Gervin, une véritable scoring machine. Avec 4 titres de meilleurs marqueurs, dont trois d’affilée (seuls Jordan et Chamberlain ont fait mieux pour l’instant), ainsi que 26,2 points par matchs en moyenne, The Iceman est devenu une source d’inspiration pour beaucoup d’arrières/ailiers en Amérique. Retour sur un joueur très mésestimé, tapi à jamais dans l’ombre des stars Julius Erving, Michael Jordan et Magic Johnson.

Entre lumière et obscurité...


George Gervin nait dans les ruelles sombres et froides de Détroit, dans une famille nombreuses (5 frères et sœurs). Rapidement, son père quitte le domaine familial, laissant la famille dans une extrême précarité, obligeant la mère a cherché et a accepté n’importe quelle job. George découvre alors le basket grâce à son cousin, qui avait pour voisin Ralph Simpson, une autre future star de l’American Basketball Association (ABA). A 13 ans, Gervin intègre la Martin Luther King High School. L’aventure aurait pu tourner court pour le jeune basketteur. En effet, le coach de l’équipe ne le trouvait pas au niveau, notamment sur son shoot. Heureusement, Willie Meriweather, l’assistant, est intriguer par ce jeune et convainc l’entraineur de le conserver dans l’équipe. Dès lors, Meriweather va devenir le père que George n’a jamais eu.

Conscient de ses faiblesses, George va se mettre au travail. Tous les soirs, il va alors s’entrainer dans un gymnase ou le gérant, M.Winters, lui laisse les clés à condition de laver le gymnase avant de partir. Après avoir régler ses problèmes sportifs, Gervin doit régler ses problèmes scolaires. Ses résultats sont médiocres et cela l’empêche de participer à tous les matchs de son équipe, dont il est devenu le meilleur joueur. Meriweather sera une nouvelle fois là pour George. Dans une relation père/fils, Willie oblige son poulain à travailler studieusement durant les vacances. Une fois son retard rattrapé, plus rien n’entrave la route de Gervin. En senior, il signe une saison à 31 points et 20 rebonds en moyenne par matchs et se retrouve sélectionné dans la All-American Team.

Très convoité, Gervin décide d’aller en Californie, à Long Beach. Peu habitué au soleil et aux étoiles de la côte Ouest des Etats-Unis, le natif de Detroit revient rapidement dans sa terre natale, à l’Eastern Michigan. L’échec de la période californienne n’influe pas sur George qui réalise une excellente saison sophomore avec 29,5 points le tout à 60%. A 20 ans, Gervin est déjà pressenti pour aller aux Jeux Olympiques. Mais, lors d’un tournoi à Indiana, un évènement stoppe nette la progression de l’ailier. Il frappe en effet un adversaire et à partir de là c’est la dégringolade : Pas de Jeux Olympiques, pas d’année junior, viré de la Fac. Sa carrière universitaire est terminée.
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Au sommet de son art


George reprends le basket dans une ligue mineure, la EBA (Eastern Basketball Association). Avec les Pontiac Chapparals, il marque 40 points par match. Johnny Kerr, un recruteur des Virginia Squires vient alors le voir jouer. Gervin ne rate pas l’occasion et éclabousse le match de son talent avec 50 points. Le soir même du match, le contrat est signé, Gervin passe de 500 dollars par mois à 40 000 par saison. Avec les Squires, le jeune ailier fait équipe avec un certain Julius Erving. Dans l’ombre de Doctor J, George réalise une bonne saison avec environ 14 points par match. L’année suivante, il prend les rênes des Squires avec le départ du chevelu aux Nets. La transition est réussie, l’ailier de Detroit offre une saison solide avec 23 points et 8 rebonds en moyenne par match. Malgré d’excellents résultats sportifs, les Squires connaissent quelques difficultés financières et ils décident alors de trader Gervin aux Spurs. Pour l’anecdote, le dernier panier de George avec Virginia est un superbe game-winner en finger roll, tout un symbole.

De 74 à 76, la star en herbe affole les compteurs texans. Avec plus de 20 points par matchs, il est titulaire pour la première fois d’un All-Star Game en 1975 où il affronte son vieux pote Simpson. Il termine le match avec 23 points. A la fin de l’année 76, les Spurs rejoignent la National Basketball Association. L’adaptation dans la grande ligue n’est pas difficile : 21 points de moyenne et sa première des neufs sélections pour le All-Star Game (il ne marque aucun points en six shoots). L’année suivante, le néo-ailier all-star passe la deuxième et score 27 points par matchs. Grâce à ses exploits, les Spurs affichent un très bon bilan de 52 victoires pour 30 défaites. Gervin arrache dans la dernière journée son premier titre de meilleur marqueur dans une lutte épique face à David Thompson. Mis dos au mur par ce dernier qui avait marqué 73 points, George devait mettre alors 58 points pour s’assurer le titre. Après un premier quart-temps désastreux (aucun point), the Iceman sortira une performance jamais dépassé encore avec la bagatelle de 33 points en un quart-temps. Il finit le game avec 63 points pour remporter son premier titre de meilleur marqueur de la ligue. Mais mieux que tout ça encore, grâce à ses exploits collectifs et personnels, le fantasque ailier fait partie des favoris pour la course au Most Valuable Player de la NBA (MVP). Il sera finalement devancé par Moses Malone.

Les années se suivent et se ressemblent pour George. Il rafle son deuxième titre d’affilée de meilleur marqueur avec 29,5 points par matchs en moyenne et il finit une nouvelle fois deuxième dans la course du MVP, devancé cette fois par Bill Walton. Mais le groupe texan acquiert de l’expérience et atteint pour la première fois les finals de Conférence après avoir d’abord chuté au premier tour en 76-77 puis en demi-finale en 77-78. Mais comme l’année précédente, Gervin et les siens butent sur les Washington Bullets. Pourtant, à l’orée du game 5, les Spurs menaient alors 3 à 1 dans la série grâce à son ailier auteur de superbes performances dont une pointe à 42 points dans le game 4. Mais Elvin Hayes et son équipe remonteront la pente et s’imposeront lors d’un game 7 très chaud (107-105) grâce à un jumpshoot de Bobby Dandridge (37 points) à 8 secondes du terme dans un match où Gervin brillera une nouvelle fois (42 points).

La saison suivante est plus difficile pour les texans. Avec un bilan tout juste équilibré (41-41), les éperons sont éliminés dès le premier tour par les Rockets de Moses Malone. Gervin ne connait pas de problèmes de son côté et enlève son troisième titre de meilleur marqueur d’affilée avec 33 points par matchs. A l’aube de la saison 1980-1981, San Antonio rejoint la conférence Ouest. Avec un Gervin moins scoreur (27 points par matchs tout de même) mais plus appliqué, les Spurs réalisent une excellente saison avec un bilan de 52 victoires pour 30 défaites. Malheureusement, il bute une nouvelle fois sur les Rockets de Malone en 7 matchs. Voulant retrouver les sommets, Gervin mets les bouchées doubles. Bouclant une nouvelle saison de haut niveau récompensé par son quatrième et dernier titre de meilleur marqueur (32,3 points en moyenne par match), l’ailier écrase les Sonics en demi-finals (4-1) et se retrouve pour la deuxième fois au porte de la finale NBA. Mais, face à eux, les Lakers de Johnson & d’Abdul-Jabbar sont bien trop fort. Un balayage clair et nette dans une série où les Spurs sortiront avec les honneurs (aucune défaite de plus de 10 points). Mais George ne lâche pas le morceau. Dès l’année suivante, il obtient sa revanche, en écrasant les Nuggets de sa classe en demi-finales. (4-1, avec 28 points à 60%). A bout de souffle, il craque une nouvelle fois face aux Lakers en 6 matchs avec un game 6 de toute beauté (victoire 101-100 des Lakers).
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La fin d'un monstre


Plus jamais Gervin n’atteindra cette étape et les saisons suivantes sont les témoins de la lente chute de l’Iceman. Malgré un scoring toujours présent (25 points en moyenne), les Spurs ne participent pas aux play-offs lors de la saison suivante puis sont éliminés au premier tour face aux Nuggets d’Alex English. La situation se dégrade avec Coach Fitzsimmons et Gervin quitte les Spurs après 12 ans passés au Texas. Il rejoint les Bulls pour une dernière saison anecdotique (16 points par match). Le jeune joueur qui a failli être coupé par son coach lorsqu’il avait 13 ans a fait du chemin depuis…

George Gervin a marqué l’histoire de la NBA avec son empreinte. Il a inspiré des générations d’arrière scoreur. Il a établi soixante records de franchises et a mené les éperons à 5 titres de champions de divisions en 9 ans. Il est rentré au Hall of Fame et il est membre des 50 plus grands joueurs de l’histoire. « Anybody can dunk, anybody can’t finger roll »…
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