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[reportage] Les Pacers au plus que parfait

Reggie MillerDeuxième étape du Road Trip de l’un de nos photographes, Thomas Savoja, avec une escale à Indianapolis. C’était le 11 novembre dernier pour le match face aux Grizzlies.

Dans tout RoadTrip qui se respecte, la route, au sens premier du terme, joue bien évidemment un rôle central. Après mon étape inaugurale à Washington, voilà que je file désormais sur l’Interstate 70 en direction du Nord-Ouest. Après le Maryland et ses forêts à perte de vue, je découvre la Virginie Occidentale et ses Appalaches. Puis vient Pittsburgh la « blue collar » où j’assiste à une rencontre NFL des Steelers sous un blizzard à glacer le sang. Je traverse maintenant l’Ohio dernière étape avant Indianapolis.

La ville se passionne pour les Pacers

La ville des 500 Miles est actuellement en pleine ébullition et ce n’est pas à cause de la célèbre course mais bien pour sa franchise NBA qui est tout simplement ce qu’il se fait de mieux à travers tout le pays ! Paul George, le leader des Pacers toujours invaincus lorsque j’écris ces lignes vient d’être nommé pour la seconde fois de sa carrière « Player of the week » et il est pour le moment sur un rythme de MVP. Ce soir, Indiana reçoit donc les Grizzlies de Memphis dans une affiche qui me fait saliver d’avance.

A quelques dizaine de miles de l’Indiana, pressé d’arriver à destination et grisé par la proximité du mythique ovale, je m’autorise une petite pointe de vitesse que le Shérif local n’a lui guère appréciée ! Lorsque j’aperçois dans mes rétros ses gyrophares et que j’entends hurler sa sirène, je m’imagine déjà au poste avec les menottes dans le dos. Wouw : « 87 miles au lieu de 70 … » m’annonce-t-il d’un air laconique ! Heureusement, je m’en sortirai à moindre frais. Je fais amende honorable et lui concède que je viens spécialement à Indy pour voir un match des Pacers et photographier Ian Mahinmi ! Par sur que ce dernier argument ait été décisif mais il saura se montrer clément !

Banker Life Fieldhouse

« Downtown Indianpolis » est un centre ville typique des métropoles US. Ses grandes rues désertes n’invitent guère à la flânerie même si je classe celui d’Indy parmi les plus agréables que j’ai pu voir. Je gare ma voiture dans le parking du Circle Center, le centre commercial autour duquel la vie semble s’articuler et m’octroie une pose déjeuner au restaurant « Champions », un Sport’s Bar doté d’une cinquantaine d’écrans géants ! Le Kobe Burger y est particulièrement goûtu !

Une salle très « universitaire »

Le Bankers Fieldhouse Arena n’est qu’à une centaine de mètres de là et sur les coups des 17h je m’y dirige tranquillement alors qu’une fine pluie neigeuse commence à tomber sur la ville. Autant vous le dire tout de suite, j’ai été très impressionné par les infrastructures des Pacers. Leur complexe est ultra convivial et c’est sans conteste une réussite architecturale. Je commence à avoir fait pas mal de salles NBA et elle a pourant une quinzaine d’année mais je n’ai jamais vu d’équivalent ! Comme son nom l’indique c’est une « Fieldhouse » et non pas simplement une salle de basket et elle a été conçue comme telle. C’est un bâtiment qui a été modelé à l’image des « College Fieldhouses » de l’Indiana qui sont des lieux de vie étudiante à part entière et on retrouve ce petit côté retro notamment avec les briques rouges.

Pour atteindre l’entrée presse je fais le tour du complexe et qu’elle n’est pas ma surprise de tomber sur le terrain d’entraînement en contrebas derrière une vitre en plexiglas. Deux joueurs des Pacers s’entraînent ainsi à la vue de tout le monde quelques heures avant le début du match !

Empreintes de Roy Hibbert

Je fais l’impasse sur le buffet à 8 dollars proposé aux médias de peur de m’empoisonner et je prends connaissance de la feuille de match. Danny Granger est toujours out mais son coach a annoncé que l’ancien meilleur marqueur de l’équipe pourrait bientôt faire son retour puisqu’il reprend l’entrainement cette semaine. De quoi inquiéter encore plus les futures adversaires d’Indiana ? Je vais ensuite faire un tour dans les coursives de la salle pour humer l’atmosphère. On se croirait dans une rue des années 50. Le choix de nourriture et de merchandising est tout simplement phénoménal.

J’ai hérité d’une place à deux mètres du banc des visiteurs ce qui me permettra d’être aux premières loges pour capter l’intimité des Grizzlies. Les festivités d’avant match battent désormais leur plein. Un chanteur rondouillard s’époumone sur le « Strar and spangled banner » et 11 Novembre oblige, les vétérans sont à l’honneur. Un jeune soldat qui a perdu ses jambes en Afghanistan est exhibé au centre du terrain et reçoit l’ovation du public. C’est d’un côté un hommage émouvant mais je n’ai jamais été partisan du mélange des genres dont cette Amérique raffole.

Dunkeur

Une présentation de qualité

L’écran géant du stade est absolument fabuleux avec un son digital à vous déchirer les tympans. Il est de la toute nouvelle génération des écrans de ce type à l’image du Méga écran du Cowboys Stadium à Dallas. L’introduction du 5 majeur ne fait d’ailleurs pas dans la nuance avec une vidéo à vous donner des frissons : « In 49 states it’s just basketball… but this is Indiana ». Le ton est donné. Ici, le basket prend une dimension supplémentaire.

Cheerleaders

Le match est parti sur des chapeaux de roues et dés les premières minutes on ressent la supériorité d’Indiana et de sa défense ultra agressive. Zach Randolph en fait les frais côté Grizzlies et se blesse dés le début de match. Il retourne rapidement sur le banc les yeux dans le vide et on lui pose une grosse poche de glace sur le genou. Mike Miller entre le terrain sous une bronca monumentale. Le public est très chaud. On sent des passionnés de basket. N’oublions pas que nous sommes en Indiana, terre de Basket par excellence. Je citerai ici les paroles de James Naismith créateur du jeu : « Le Basket a véritablement ses origines en Indiana, qui reste le centre de ce sport ».

Paul George, l’aboyeur

Un arbitre me marche dessus sous les panneaux et c’est à peine s’il s’excuse ! Le filiforme Tayshaun Prince râle en permanence sur le banc de Memphis. Il conteste même les choix de ses partenaires et leur fait savoir ! Il échange avec passion sur les faits de jeu avec Marc Gasol et Mike Miller. Côté Pacers, Paul George n’est pas en reste et il ne cesse de parler sur le terrain : aux arbitres, à ses coéquipiers, aux adversaires et à lui-même !

Paul George

L’arrière des Pacers Lance Stephenson chaud bouillant tente d’imiter MJ en prenant la balle dans sa main comme une orange et il se voit siffler une faute technique ! Roy Hibbert est une vraie machine à contrer. Il en est à son 5e pancacke ce soir ! Ce n’est pas pour rien qu’il est domine la ligue de cette catégorie ! J’aime bien la performance de Ian Mahimi très présent au rebond et qui nous gratifie de quelques dunks spectaculaires.

On sent en tous les cas une grosse puissance se dégager de l’effectif des Pacers. Paul George est impressionnant à voir évoluer avec son jeu à la fois fluide, puissant et tout en contrôle. Il a d’ailleurs mis un coup d’accélérateur quand il a fallu et cela a amplement suffi ce soir pour distancer définitivement Memphis. « Un-de-feat-ed » hurle la salle dans les dernières minutes de la rencontre.

Cheerleaders

Vous le savez déjà si vous suivrez de près l’actu NBA, le match se soldera par une nette victoire des Pacers 95-79. Les voilà donc avec un record de 8-0 mais on sait que cela ne garantit rien puisque lors des 10 dernières saisons, une seule équipe ayant réussi un tel départ a terminé championne.

« Tous nos objectifs restent accessibles, mais nous avons encore un long chemin à parcourir » admettra le coach des Pacers Frank Vogel en conférence de presse. « C’était probablement notre match le plus complet de la saison ».

A noter le record en carrière pour Lance Stephenson qui réussira ce soir rien de moins qu’un triple double (ndlr : il a réussi son 2e samedi soir). Pour Memphis la soirée a été très difficile, et Marc Gasol a eu du mal à cacher sa frustration face à la défense ultra agressive des Pacers.
Lance Stephenson

En tous les cas si vous avez un jour l’occasion d’aller à Indianapolis, n’oublie pas de vous arrêter au Banker Life Fieldhouse car c’est de loin ce que la NBA propose de mieux en termes de spectacle pour les fans !

Toutes les photos de la rencontre sont sur cette page

Basket USA

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