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Histoire News Portrait

John Stockton a 55 ans : Docteur Steal et Mister Passe


C’est l’histoire d’un gars qui ressemble à Monsieur Tout-le-monde et qui sort d’une fac sans références. Personne ne miserait le moindre dollar sur lui.

Dix-neuf ans plus tard, quand il prend sa retraite, il est classé meilleur passeur et intercepteur de tous les temps… John Stockton a effectué toute sa carrière à Utah. Son duo légendaire avec Karl Malone mena deux fois la franchise de Salt Lake City en Finales NBA.

Eté 1992, Barcelone. Un petit Blanc se hisse sur le podium olympique au milieu des colosses noirs. Comme ses potes de la « Dream Team », il attend pour recevoir la médaille d’or. Le premier à le congratuler est Karl Malone, son ami et complice d’Utah. A eux deux, ils feraient le bonheur de n’importe quelle sélection nationale. Sous le maillot d’Utah, ils forment l’un des plus beaux tandems de la NBA. Observez l’équipe de Salt Lake City en contre-attaque. Karl Malone sur une aile. John Stockton – puisque c’est de lui qu’il s’agit – avec le ballon. Pas le temps de réagir.

« Dès qu’ils prennent le rebond, Stockton entre en scène », souligne Sherman Douglas, meneur des Celtics. « Ses yeux vont dans tous les sens, il regarde partout. Tu vois ça puis tu sens quelqu’un arriver de l’autre côté. C’est « le Facteur » qui déboule. Un vrai train ! »

On surnomme Malone « The Mailman » parce qu’il poste les paniers comme on délivre le courrier. Et sans John, Karl ne serait plus aussi efficace. Magic Johnson, l’as des as, le professeur ès passes, s’est retiré en 1991 avec un record de 9 921 caviars sur l’ensemble de sa carrière, playoffs exclus. Il deviendra la propriété de John Houston Stockton (15 806). Même chose pour les interceptions (3 265).

« Sa plus grande qualité est de toujours donner le ballon au joueur le mieux placé », résume sobrement Karl Malone. « Il peut être spectaculaire mais il est avant tout efficace. »

Les chiffres de Stockton donnent le tournis. Isiah Thomas a dépassé la barre des 1 000 passes en une saison une fois seulement dans sa carrière. Magic, jamais. John, lui, y parvient tous les ans (7 fois entre 1988 et 95). Il a fait d’un art une routine.

« Je crois honnêtement qu’il est le meilleur meneur de tous les temps », dit de lui Hot Rod Hundley, ancien Jazz.

Pour les J.O. de Barcelone, la fédération américaine a écarté Isiah Thomas (sous la pression de Jordan et Magic, notamment) au profit du n°12 de Salt Lake City.

« Il passe la balle comme personne », assure Frank Layden, président de la franchise mormone. « C’est pour ça que le comité l’a choisi. N’en déplaise à certains… »

« Il a toujours foncé dans un mur la tête la première »

Stockton, c’est comme l’ami de la famille. 1,85 m, 79 kg, cheveux noirs, sourcils épais, bien dégagé derrière les oreilles. Toujours bien rasé, poli, propre sur lui, avec une peau d’une blancheur presque maladive. Il n’a ni le look, ni le charisme, ni le comportement d’une star. Qu’il perde ou qu’il gagne, il affiche toujours le même faciès. En dehors du basket, il passe tranquillement son temps à la maison avec sa femme Nada et ses enfants (il en aura six).

Pendant les vacances, John retourne, dans sa Lexus noire, à Spokane (Etat de Washington). C’est là qu’il habite, à côté du saloon de papa, « Jack & Dan’s », où seuls le jazz et le houblon ont droit de cité. Tout le monde est le bienvenu, sauf peut-être Bobby Knight, le coach d’Indiana University. Celui qui l’avait évincé du Team USA pour les J.O. 1984 à Los Angeles. Tous les matches du Jazz sont diffusés chez « Jack & Dan’s ». Avant, c’était la patrie des Supersonics.

« Plus maintenant », souligne fièrement Jack Stockton.

Jack et son assistant Dan Crowley ont ouvert leur saloon en 1962. Trente ans plus tard, les murs sont couverts de photos d’amis et d’habitués. Mais pas le moindre portrait de John.

« Il y a deux raisons à cela », explique son père. « La première est que cela gênerait John. Il n’a jamais aimé ces choses-là. La seconde est que mon associé et moi avons construit cet endroit. S’il devait y avoir une photo d’un Stockton, ce serait la mienne… »

John est le troisième enfant d’une famille comprenant deux filles et deux garçons. Une famille de souche irlandaise. Son frère aîné et lui se payaient des un contre un féroces qui se terminaient parfois à coups de poing. Avec son cœur et sa pugnacité, John compensait son handicap de taille.

« Depuis que je le connais, il a toujours foncé dans un mur la tête la première quand c’était nécessaire », explique Kerry Pickett qui l’entraîna au lycée.

« John a toujours eu une image d’ange mais ce gars peut vous sauter à la gorge pour remporter un match », ajoute Dan Fitzgerald, son coach à Gonzaga, où son père et son grand-père firent eux aussi leurs études.

Une étoile dans l’ombre

« Je ne suis pas le meilleur athlète de la Ligue et encore moins le plus doué », soulignait l’intéressé. « Je ne peux pas compter sur mes talents naturels. Je laisse ça à ceux à qui je passe la balle. Moi, je garde les pieds sur terre et je joue avec ma tête. Quand tu évolues dans une fac comme Gonzaga, tu apprends l’humilité. Tu apprends aussi à combattre des basketteurs plus forts que toi et à y prendre plaisir. »

Etonnant pedigree que celui du 16e choix de la draft 1984. Il n’a jamais quitté Spokane, cirant ses culottes sur les bancs de St. Aloysius, le lycée du coin, avant de filer à Gonzaga. Lors de sa dernière saison universitaire, il a beau tourner à 21 points, il disparaît des tablettes des scouts. Enrôler un meneur blanc et petit ? Vous n’y pensez pas !

« Je suppose qu’on ne prenait pas mes performances au sérieux car Spokane n’avait pas la réputation de former des stars. »

Le Jazz en sait un peu plus sur ses capacités et le retient donc en 16e position, derrière Terence Stansbury, futur Levalloisien. Les fans attendaient un joueur flashy, ils voient débarquer un basketteur au physique de livreur de pizzas… Durant les négociations pour son contrat, Stockton ne participe pas au training camp mais il étudie le jeu des adversaires sur des vidéos. Dès son arrivée, il surprend le staff. On décide de partager le temps de jeu entre Ricky Green et lui. A partir de 1987, il sera le titulaire indiscutable du poste et s’imposera comme l’un des meilleurs lance-missiles de l’histoire.

« Quelqu’un m’a demandé d’où nous venait Stockton. Je lui ai répondu : « Du ciel ». C’est Dieu qui nous l’a envoyé », confiait Franck Layden. « On rencontre des gens comme lui dans les cours de justice, les salles de chirurgie, les monastères aussi… Et comme ces gens-là, John ne se met jamais en avant. C’est une étoile dans l’ombre. »

Un asticot malin et vicieux

Stockton fut peut-être le basketteur le plus discret de la Ligue. Logique quand on évolue dans la ville la moins médiatique des USA, perdue au fin fond d’un Etat presque désertique.

« Salt Lake City ressemble un peu à Spokane. C’est pour ça que je m’y sens bien. La vie publique, ce n’est pas trop mon truc. J’ai été élevé dans une famille de la classe moyenne avec certaines valeurs, dont le respect de la vie privée. »

Comme deuxième résidence, le meneur du Jazz a choisi une belle maison dans les faubourgs. La maison de Monsieur Tout-le-monde, évidemment. Et c’est évidemment un bon père de famille. Ses voisins le voient faire un peu de plomberie, repeindre sa porte ou tondre sa pelouse. On peut gagner 10 M$ par an et aimer bricoler. Y compris sur le terrain. Le cerveau, c’est lui. John possède un sens du jeu inné et une technique individuelle parfaite. Très malin et hyper vicieux, l’incroyable asticot, mine de cocker battu et short haut remonté, chipe les ballons à tour de bras et effectue des changements de rythme qui tuent. Il se dotera même d’un tir à 3 points respectable. C’est derrière la ligne qu’il crucifia Houston au buzzer dans le Game 6 de la finale de Conférence Ouest 1997.

Il n’y eut qu’une seule fausse note dans le papier à musique. Stockton et Malone, arrivé un an après lui, croisèrent la route du meilleur basketteur de tous les temps. Les co-MVP du All-Star Game 1993 au Delta Center et doubles champions olympiques subirent, comme tous les autres, la loi de Michael Jordan (4-2 dans les Finales 1997 et 98). Paradoxalement, c’est l’année où il termina 2e meilleur passeur de la Ligue – derrière Mark Jackson – qu’il atteignit pour la première fois la Finale. Les neuf années précédentes, il s’était classé n°1…

19 saisons, 19 fois en playoffs

Deux actions peut-être résument sa carrière : une passe d’anthologie – en mode quarterback – suivie d’une interception d’enfer aux dépens de « M.J. » dans le crunch time du Game 4 de la Finale 1997.

« C’est le genre de passe que je ne suis pas près d’oublier. C’était parfait ! Sans doute l’une des plus belles qu’il ait jamais réalisées », commenta Karl Malone, fidèle complice depuis leur rencontre à Bloomington, Indiana.

Les deux garçonnets tentaient alors de gagner une place pour les J.O. de Los Angeles parmi une centaine de prétendants dans un roster américain déjà dominé par Michael Jordan.

« La dernière fois que j’ai joué au foot US, je crois que c’était en 4e », expliqua Stockton au sujet de cette fameuse passe sur laquelle le duo du Jazz réinventa la connexion Joe Montana-Jerry Rice.

John se retira en 2003, à 41 ans. Il n’aura connu qu’une seule équipe en 19 saisons. Il disputa les playoffs tous les ans… Bilan : 9 premiers tours, 5 demi-finales de Conférence, 3 finales de Conférence et 2 Finales NBA.

Pour la petite histoire, sa sœur fut kiné des Utah Starzz (WNBA) après s’être occupé des athlètes de Kentucky. Son grand-père fut running back de l’équipe de Gonzaga, considérée à l’époque (en 1924…) comme la meilleure formation de foot américain en highschool. Enfin, le père de Nada (sa femme) fut le dernier gouverneur du territoire d’Alaska.

En 2006, Stockton a été désigné 4e meilleur point guard de tous les temps par ESPN.com. Son fils Michael a joué en D2 allemande, à Karlsruhe. David, un autre de ses quatre fils, a disputé trois matches aux Kings. John a fait son entrée au Hall of Fame le 11 septembre 2009. Il fait partie du Top 10 des joueurs jamais titrés, si ce n’est le Top 5…

 Top 10 Stockton/Malone

Stats

19 ans

1 504 matches (1 300 fois starter)

13.1 pts, 2.7 rbds, 10.5 pds, 2.2 ints

51.5% aux tirs, 38.4% à 3 pts, 82.6% aux lancers francs

Palmarès

All-Star : 1989, 90, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 97, 2000

All-NBA First Team : 1994, 95

All-NBA Second Team : 1988, 89, 90, 92, 93, 96

All-NBA Third Team : 1991, 97, 99

All-Defensive Second Team : 1989, 91, 92, 95, 97

MVP du All-Star Game 1993

Champion olympique : 1992, 96

Retenu parmi les 50 meilleurs joueurs de l’histoire

Meilleur passeur de l’histoire : 15 806

Meilleur intercepteur de l’histoire : 3 265

Gains en carrière

66,7 millions de dollars

Article déjà publié le 26 novembre 2011
Basket USA

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