19 juin 1986. En France, on pleure Coluche, le clown au grand coeur, mort dans un accident de la route.
Aux Etats-Unis aussi, on est en deuil. Numéro 2 de la draft 1986, Len Bias (22 ans) décède d’une overdose deux jours après avoir été choisi par les Boston Celtics, champions en titre.
Quel visage aurait la NBA sans ce jour maudit ? Boston serait au-dessus des 20 titres de champion… l’après Larry Bird se serait passé en douceur… Michael Jordan aurait eu un rival solide pendant sa carrière…
Voilà ce que l’on aurait pu vivre sans cette terrible journée du 19 juin 1986.
L’attente était énorme autour de Len Bias, un peu comme LeBron James en 2003. Un joueur aux qualités athlétiques monstrueuses, au shoot « le plus pur qu’il n’a jamais vu » selon le journaliste d’ESPN Michael Wilbon.Plusieurs journalistes l’annoncent comme le meilleur joueur de l’histoire du tournoi ACC, et tous les observateurs sont unanimes : c’est un joueur pas comme les autres.
Un autre confrère de Sports Illustrated, Jack McCallum raconte sa journée du 19 juin 1986 dans un excellent papier :
« Le 19 juin 1986, vers 9h30 du matin, je reçois un appel de John Papanek, un rédacteur en chef à Sports Illustrated. C’était un jeudi, le début de la semaine de travail.
Alors, qu’en est-il de Len Bias, me demande-t-il.
Je venais de finir ma première année sur le rythme de la NBA, donc j’ai commencé tout de suite sur mes connaissances basket : « Parfait choix pour les Celtics, il est trop grand et fort pour la plupart des ailiers shooteurs qui le défendront, et trop rapides pour les ailiers-forts »
« Jack » John m’interrompt. « Bias est mort ».
La nouvelle fait l’effet d’un tremblement de terre aux Etats-Unis.
A l’époque les réseaux sociaux et naturellement Internet n’existent pas. Tout le monde apprend la nouvelle en même temps.
Les hommages et les réactions se multiplient. Du président Ronald Reagan à son adversaire de fac’, Michael Jordan et son futur coéquipier, Larry Bird, tout le monde est sous le choc du décès de l’ancien ailier vedette de Maryland.
Ses funérailles sont exceptionnelles, dignes des plus grandes célébrités.
Si ce décès reste l’une des plus grandes tragédies sportives des États-Unis, il restera un des points clés de la lutte contre la drogue pour les Américains et surtout de la prévention pour les jeunes athlètes. Les jeunes joueurs, tout juste draftés, sont désormais pris en charge pour leur expliquer les risques de la gloire, des femmes, de l’argent et des drogues, notamment la cocaïne, responsable de la mort de Bias.
Pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur ce destin hors du commun, un conseil : regarder l’excellent documentaire d’ESPN, « Without Bias ».