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Andre Iguodala, le chaînon manquant qui a fait dérailler les Warriors

Dimanche, avec six minutes à jouer dans la démonstration de Golden State lors du Game 3, un choc genou contre genou entre Andre Iguodala et James Harden a envoyé le vétéran des Warriors au vestiaire. Ironiquement, c’est peut être ce fait de jeu anodin dans les dernières minutes d’un match déjà plié qui a coûté le Game 4 et l’avantage du terrain aux Warriors.

Cette nuit, Andre Iguodala n’était pas sur la feuille de match et son absence a eu un effet domino sur la rotation de Golden State. C’est Kevon Looney qui a pris sa place dans le cinq de départ, déplumant un banc déjà bancal composé de quatre pivots – David West, JaVale McGee, Zaza Pachulia, Damian Jones – et d’un meneur, Quinn Cook, injouables dans cette série, d’un intérieur rookie, en la personne de Jordan Bell, et de deux extérieurs vétérans, Shaun Livingston et Nick Young.

Une rotation plus courte et des All-Stars épuisés

Sans Andre Iguodala, ces deux derniers étaient attendus au tournant… et on les attend toujours. Shaun Livingston a ainsi perdu quatre ballons en 15 minutes de jeu pour un +/- de -15. Nick Young a été transparent pendant 13 minutes avec un +/- de -14.

C’est dans un moment comme celui-ci que l’indisponibilité de Patrick McCaw fait mal Golden State. Non pas qu’il aurait changé le cours du match mais il donne au moins une option supplémentaire à Steve Kerr pour jouer « petit », Golden State ayant fini à -18 dans les douze minutes de jeu de Kevon Looney face au « small ball » des Rockets, afin d’offrir quelques minutes de repos à ses All-Stars.

Draymond Green a en effet joué 45 minutes, Kevin Durant 43, Stephen Curry 39, soit leur plus grosse charge de travail des playoffs et ils l’ont payé en quatrième quart-temps. La fatigue a généré un manque de lucidité et un 2/13 aux tirs pour KD et Curry. Ce n’est également pas un hasard si Houston a attrapé quatre rebonds offensifs capitaux dans les dernières minutes.

« On a fait notre effort dans le troisième quart temps mais nous n’avons pas voulu faire tourner car nous ne voulions pas perturber notre rythme et notre rotation était de toute façon faussée sans Andre (Iguodala). Et dans le quatrième, on a manqué de jus. On s’est contenté d’isolations en tête de raquette. On ne leur a pas imposé de prendre plusieurs décisions en défense, » explique un Steve Kerr fataliste. 

Outre l’absence d’Andre Iguodala, le technicien des champions a aussi dû composer avec le problème de fautes de Stephen Curry en première mi-temps et la blessure au genou de Klay Thompson, qui a raté cinq minutes importantes quand James Harden et Chris Paul, auteurs de 29 des 34 points de leur équipe en deuxième quart, ont changé la physionomie du match.

« C’était un moment important, » concède Steve Kerr. « Les fautes de Steph, les balles perdues, il me semble qu’on en perd trois de suite en fin de quart temps. Ça les a boostés et ça a complètement inversé la tendance. » C’est dans ce contexte que ne pas pouvoir compter sur Andre Iguodala révèle toute l’influence de celui que Steve Kerr surnomme « la babysitter ».

Une présence apaisante et stabilisante pour les Warriors

Depuis la prise de fonction de Steve Kerr, le MVP des finales 2015 a toujours eu un rôle central, et souvent sous-estimé dans le succès de Golden State. Son impact, rarement visible dans les catégories statistiques rudimentaires, est subtil. La présence d’Andre Iguodala possède en effet une vertu apaisante pour le reste du groupe, en particulier quand les Warriors titubent à la fine frontière entre géniale folie et démence auto-destructive.

À plusieurs reprises, les Dubs auraient pu tuer le match. Ils se sont, à l’inverse, tirés une balle dans le pied.

« Tôt dans le match à 12-0, on a eu l’opportunité de leur mettre la tête sous l’eau mais on a commencé à perdre des ballons et à faire des fautes. C’était décevant car on aurait pu prendre le large, » regrettait Steve Kerr. « On les a envoyés sur la ligne action après action, surtout en deuxième quart-temps (11 lancers francs pour Houston dans cette période). On a perdu dix ballons en première mi-temps, et ça leur a permis de rester dans le match. Ils ont pris l’avantage avant la mi-temps et c’est devenu une bataille de tranchée après ça. »

Le troisième quart-temps n’avait pourtant rien de Verdun en 1916. Stephen Curry prit feu mais dans le dernier quart, les symptômes sont revenus. Ce manque de rigueur a offert neuf lancers aux Rockets et quatre nouvelles pertes de balles.

« On n’a pas respecté le plan de jeu, » se lamentait Draymond Green qui a terminé à deux rebonds d’un triple double mais qui a également gaspillé cinq ballons. « C’est arrivé à plusieurs moments du match et pour gagner en playoffs, vous n’avez pas le droit de faire ce genre d’erreurs.

Alors qu’une troisième victoire leur tendait les bras, les Warriors se sont donc compliqués la tâche. Pour atteindre une quatrième finale NBA consécutive, il leur faudra désormais gagner un deuxième match au Toyota Center, si possible dès jeudi. Espérons tout de même pour eux qu’Andre Iguodala soit rétabli d’ici là.

« Andre est un élément majeur du jeu que nous développons et sa polyvalence nous aide beaucoup. On aurait aimé l’avoir avec nous ce soir mais c’est une longue série et on a besoin qu’il soit apte pour vraiment avoir un impact sur le terrain, » confiait Stephen Curry. « On croise les doigts pour qu’il soit là lors du Game 5 car maintenant nous devons nous battre et prendre conscience qu’on doit faire face à une vraie expérience de playoffs. »

Depuis l’arrivée de Kevin Durant, les Warriors n’ont en effet jamais joué plus de cinq matchs par série de playoffs. Face à cette nouvelle épreuve, à eux désormais de réagir en champions.

Propos recueillis à Oakland.

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