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L’idée d’un seul lancer-franc à tirer toujours sur le bureau de la NBA

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Je vous parle à nouveau d’un temps que les moins de 30 ans ne connaissent pas… Au milieu des années 80, dans le basket FIBA, il y avait la règle du 1+1. Après la 7e faute d’équipe, le joueur qui avait subi une faute avait le droit à un lancer-franc. S’il mettait le premier, il avait droit à un second. Si non, le jeu se poursuivait. D’où le nom de 1+1. Une règle qui sera finalement abandonnée au milieu des années 90 car elle avantageait les défenses, et mettait trop de pression sur le joueur qui avait subi la faute.

Ce n’était pas la première fois que la règle des lancers subissait une modification, et on se souvient ainsi qu’au milieu des années 50, la NCAA avait obligé les shooteurs à avoir les deux pieds derrière la ligne. Pourquoi ? Parce que Wilt Chamberlain tirait ses lancers en faisant une grande enjambée, avec un seul pied derrière la ligne…

En NBA, la règle des lancers-francs n’a pas évolué depuis le début des années 80, et aujourd’hui, il se tire toujours plus de 40 lancers par match. À l’heure où la NBA cherche à réduire la durée des matches pour plaire aux diffuseurs et maintenir l’attention du spectateur et du téléspectateur, c’est beaucoup trop, et des voix s’élèvent pour en limiter le nombre, et ainsi gagner plusieurs minutes par match.

Comment faire justement pour limiter le nombre de lancers ? La règle du 1+1 pourrait être une solution si on l’appliquait sur la totalité du match. À chaque faute, le joueur a un lancer. S’il met le premier, il a droit à un second. Et s’il s’agit d’une faute sur un tir à 3-points, on répète l’opération après le deuxième lancer. À tester…

Un seul lancer à tirer

Notre confrère de ESPN, Kevin Arnovitz, avait soumis une autre idée en 2014. Il proposait, après une faute, de n’en faire tirer qu’un. Si c’est sur une faute sur un tir à 2-points, le lancer vaut deux points. Si c’est sur un tir à 3-points, le lancer vaut 3-points. Dans le cas d’un and-one, pas de changement : le lancer vaut un point.

Quatre ans après avoir soumis cette évolution, il était l’invité jeudi du podcast de Slate, et il raconte qu’il a profité de la récente MIT Sloan Sports Analytics Conference pour relancer cette idée, et il en a causé avec Evan Wasch, le vice-président « Basketball Strategy and Analytics » à la NBA. Selon ce dernier, un match NBA dure aujourd’hui en moyenne 2 heures et 10 minutes, dont 20 sont passées sur la ligne des lancers-francs.

« On ne pense pas qu’il y ait un problème de durée » expliquait cependant Evan Wasch lors de cette conférence. « La durée moyenne d’un match est inférieure à 2h30 et ça nous va. Ce n’est pas une question de durée mais bien d’améliorer le rythme et l’expérience vécue par le public. Il s’agit d’optimiser le temps passé par le public devant notre produit. »

La NBA est à l’écoute de toute proposition

En clair, il faut que le spectateur et le téléspectateur restent focalisés sur la rencontre et, actuellement, les lancers représentent un moment de relâchement pour zapper ou faire autre chose… La NBA en est consciente et elle étudie effectivement des pistes pour raccourcir ce temps passé par les joueurs sur la ligne des lancers-francs.

L’idée de Kevin Arnovitz est donc sur le bureau de la NBA, et selon Evan Wasch, elle est intéressante à une condition : que l’on conserve la règle actuelle pour les deux dernières minutes d’un match serré. En clair, on ne tire qu’un lancer-franc de la 1ère à la 46e minute, puis on reprend le système actuel dans les deux dernières minutes, quand un lancer raté ou inscrit peut considérablement changer l’issue d’un match. Selon les calculs de la NBA, on pourrait gagner 7 minutes par match, mais ça reste une piste comme une autre, et cette idée n’a pour l’instant que peu de chances d’aboutir.

À titre personnel, je trouve l’idée intéressante car ça permettrait de raccourcir le temps de jeu, et d’obliger les joueurs à mettre le 1er lancer-franc et donc à être davantage concentrés. Exactement comme lorsqu’il y avait cette histoire de « Hack-a-Shaq ». Obligeons les joueurs à bosser et à mettre leurs lancers, et le problème aurait disparu de lui-même. En limitant les séances de lancers à un seul tir, on oblige aussi le joueur à être plus concentré et donc à bosser son adresse dans cet exercice. Depuis 40 ans, l’adresse globale aux lancers-francs oscille entre 74 et 77%, et on retrouve ces trois points d’écart sur l’adresse entre un premier lancer et un second. La pire année ? 1999 avec 72.8%. L’année du lockout…

Les lancers permettent aux joueurs de se reposer

Deux inconnues tout de même : est-ce que le système s’applique lorsque les équipes sont dans la pénalité ? Va-t-on ainsi faire tirer un seul lancer, qui compte deux points, sur une faute sur un déplacement et non sur un tir ?

Par ailleurs, les lancers-francs permettent aux joueurs de se reposer. En supprimant plus de la moitié des lancers, et donc environ 10 minutes de « repos », ne va-t-on pas à l’encontre de la stratégie actuelle de la NBA qui consiste à limiter au maximum la fatigue des joueurs, et donc le risque de blessures ?

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