News

Kris Dunn revient sur son échec aux Wolves

Depuis 1998, seuls cinq joueurs sélectionnés dans le Top 5 de la draft ont été transférés à l’issue (ou avant la fin) de leur saison rookie. Il y eu Drew Gooden, drafté en 4e position par Vancouver et transféré à Orlando en cours de saison. Puis Derrick Favors en 2010, Thomas Robinson en 2012 et le premier choix 2013 Anthony Benett, envoyé à Minnesota un an plus tard. Et enfin Kris Dunn, cinquième choix de Draft il y a un an, passé des Wolves aux Bulls cet été. Même s’il s’agissait pour Minnesota de récupérer Jimmy Butler, une superstar, on peut dire que la première année de Kris Dunn chez les pros fut un échec.

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : le jeune homme a joué 78 matchs, dont 7 comme titulaire, pour des moyennes de 3.8 points à 38% aux tirs dont 29% à 3-points, 2.4 passes et 2.1 rebonds en moins de 17 minutes par rencontre. Incontestablement décevant, le principal intéressé a été lui-même le premier frustré. Déçu notamment que la franchise et le coach qui l’ont drafté ne lui aient pas offert une piste plus dégagé pour s’envoler chez les pros.

« Pour être honnête, je pensais que j’allais beaucoup jouer » avoue-t-il à NBA.com. « J’avais fait une bonne Summer League, un bon training camp, donc je pensais que j’allais y aller et jouer beaucoup. Thibs aime les joueurs défensifs, c’est ce que j’apporte, mais il y va tranquillement avec les rookies. Je sais par expérience que je suis un joueur qu’il faut mettre sur le terrain et laisser progresser sur le parquet. »

Le technicien dispose en plus d’un autre meneur de jeu ayant besoin de minutes pour trouver son rythme, mais l’autre meneur remplaçant, Tyus Jones, ne représente a priori pas une grande menace. D’ailleurs, Kris Dunn joue trois fois plus de 28 minutes lors des cinq premiers matchs en l’absence de Ricky Rubio et démarre cinq des sept premières rencontres. Son pourcentage au tir n’est pas brillant mais rien d’alarmant pour un débutant. Pourtant son temps de jeu chute, et sa confiance avec.

« Il faut être à l’aise et en confiance, être en mesure de jouer malgré les erreurs. Ton niveau de confiance monte, tu te détends sur le parquet, tu joues ton jeu, celui que les gens attendent de toi. J’ai toujours été comme ça : mettez-moi sur le terrain face aux meilleurs joueurs et voyez ce que je peux faire, ce que je fais bien, ce que je fais mal, et on voit. »

Le sentiment d’être la honte de la famille

Il n’atteindra plus ces 28 minutes de temps de jeu plus avant la deuxième moitié de saison, et le mal est fait. Ses 17 minutes de moyenne ne lui permettent plus que d’afficher ses doutes sur le parquet.

« Il y a eu pleins de fois où je me suis demandé si j’étais un bon joueur » confie-t-il. « Si je le suis, pourquoi ne suis-je pas sur le terrain ? Pourquoi je ne joue pas ? J’avais le sentiment de pouvoir rivaliser avec n’importe qui au début de l’année, que j’avais le talent et l’éthique de travail. Mais j’avais droit à huit minutes, trois, dix, cinq. Je n’aime pas regarder les autres se battre. C’était un moment difficile pour moi. Peut-être même plus pour ma famille. »

En réalité, Kirs Dunn n’a joué qu’à neuf reprises moins de dix minutes, et une seule fois moins de huit minutes. Mais ce qui est certain, c’est que le garçon est mal dans sa peau dans cette situation qu’il juge « horrible », et il est effrayé à l’idée d’affronter le regard de ses proches, qu’il pense déçus, eux aussi..

« Imaginez votre famille venir vous voir jouer et vous restez sur le banc. Ça ne nous était jamais arrivé auparavant. C’était dur. J’étais presque gêné. Toute ma vie, ma famille m’a vu comme l’élu, la star. J’avais le sentiment de laisser tomber tout le monde. C’était un peu embarrassant. Il y avait des fois où je ne voulais pas les voir après le match parce que je n’étais pas le gars qu’ils connaissaient. »

« Je crois que j’avais tout faux »

Il n’était plus celui vers qui tous les regards et les projecteurs sont tournés, plus la star de Providence, la pépite du Connecticut, celui que les GMs avaient désigné comme ROY probable avant le début de la saison. Sur le terrain aussi il change, pour répondre au mieux aux attentes de Tom Thibodeau. Une mauvaise idée, de son propre aveu.

« Tu veux montrer à ton entraîneur que tu as ta place sur le terrain, donc tu t’éloignes de ton jeu. S’il veut que tu scores, tu essaies de scorer, s’il veut de la défense, tu essaies de faire un stop. Je me disais : ‘Montre-lui que tu es là, que tu veux jouer et te battre’. Mais je crois que j’avais tout faux. Quand j’étais sur le parquet, je jouais pour lui. »

D’autant plus flagrant à la lumière de ses performances cette année avec Chicago : le jeune homme de 23 ans tourne à 12.9 points, 5.2 passes et 4.8 rebonds sous ses nouvelles couleurs. Sur les dix derniers matchs, il dépasse même les 16 points et 7 passes, avec des pourcentages à la hausse (48% aux tirs dont 38% à 3-points). Avec en point d’orgue ce tir décisif contre Utah mercredi dernier.

« Sortir du banc en début de saison puis devenir titulaire, c’est une situation différente. Maintenant je dois être prêt à y aller, surtout contre les meilleurs meneurs de jeu, essayer de mener le groupe. Le meneur de jeu est le quarterback, il faut que tout le monde soit en position, s’assurer que tout le monde connait le système, faire que tout s’emboîte bien. Il faut donc beaucoup réfléchir en jouant. Je pense que je fais le travail, mais je dois être plus à l’aise et mieux gérer l’équipe. »

Kris Dunn Pourcentage Rebonds
Saison Equipe MJ Min Tirs 3pts LF Off Def Tot Pd Fte Int Bp Ct Pts
2016-17 MIN 78 17 37.7 28.8 61.0 0.3 1.8 2.1 2.4 2.3 1.0 1.1 0.5 3.8
2017-18 CHI 40 30 43.3 32.4 71.2 0.5 4.1 4.6 6.4 3.3 2.1 3.0 0.5 13.7
Total   118 21 41.2 30.9 66.7 0.4 2.6 3.0 3.8 2.6 1.4 1.8 0.5 7.1
Basket USA

à lire aussi

Commentaires Forum (et HS)  |  +  |  Règles et contenus illicites  |  0 commentaire Afficher les commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *