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Interview Tyson Chandler : « Le small ball, c’est bien, mais sans un bon pivot, tu ne gagnes pas ! »

Toujours aussi solide malgré le poids des années, l’intérieur des Suns, Tyson Chandler, qui démarre sa 17e saison en NBA, a pu observer de près l’évolution du poste de pivot depuis son arrivée dans la ligue. Pour Basket USA, il revient sur les changements à son poste et sur les évolutions du jeu dans la meilleure ligue du monde.

Vous êtes l’un des pivots les plus expérimentés de la ligue et un vétéran respecté de ses pairs. Comment vous sentez-vous à 35 ans passés ?

Je me sens bien même si ma routine et ma préparation changent avec le temps qui passe (Rires). Je suis heureux comme un gosse sur un terrain de basket et j’ai toujours ce sentiment depuis que j’ai commencé ce sport, donc je ne vais pas me plaindre. Il y a des gens dans des situations bien plus mauvaises que la notre, on fait du basket et on n’est pas à plaindre. J’ai 35 ans, mais je suis heureux de pouvoir encore être compétitif et vivre ma passion, donc tout va bien (sourire).

Vous vous retrouvez une saison de plus dans une équipe qui aime courir…

J’ai 35 ans, mais j’aime aussi courir, donc ça me va aussi. J’ai joué pendant plusieurs années dans des équipes qui aimaient jouer de manière plus lente et plus « posée », mais j’ai toujours eu des fourmis dans les jambes, donc je suis bien au milieu de tous ces jeunes joueurs plein d’énergie. Le jeu des Suns me convient bien, et cela me force aussi à être en grande forme, donc c’est aussi une très bonne chose pour moi. J’aime faire partie de ce groupe et mon rôle de vétéran me plait beaucoup. J’ai vécu beaucoup de choses dans ma carrière jusqu’à présent, et cette étape est tout aussi intéressante et enrichissante.

Vous êtes encore le pivot titulaire des Suns, une équipe qui a eu un début de saison très mouvementé. Que pensez-vous de votre saison pour l’instant ?

Je suis assez satisfait de mes prestations car je fais ce que le coach me demande et je suis au service de l’équipe comme je l’ai toujours été depuis plusieurs années. On a eu quelques petits soucis en début de saison, mais ça arrive de temps en temps en NBA, donc le plus important est d’avoir réagi et d’avoir changé la dynamique des résultats. J’aime bien mon rôle dans cette équipe, être un aboyeur, un leader par l’expérience. Il y a certains gars dans l’équipe qui n’avait même pas dix ans lorsque j’ai démarré en NBA ! On a du potentiel et les grands ont besoin d’un vétéran comme moi pour les aider à progresser. Je veux aider cette équipe à grandir.

« L’époque où tu prenais le Shaq sur le dos, c’était quelque chose d’énorme »

Vous avez été drafté en 2001, à la sortie de vos années au lycée Dominguez à Los Angeles. Comment observez-vous l’évolution du poste de pivot depuis votre arrivée dans la ligue ?

Les évolutions sont importantes, voire radicales dans certains cas. À l’époque, lors de mes débuts en NBA, il y avait 50 ou 60 pivots « lourds », des mecs de 2m12 et 125 kilos qu’il fallait bouger tous les soirs. Niveau coups et impact physique, c’était autre chose qu’aujourd’hui. Les bains de glace étaient surtout pour récupérer des hématomes et des coups ! (Rires). Aujourd’hui, les pivots sont plus fins, plus rapides et donc moins dans la raquette. Donc généralement, ils prennent moins de coups et l’aspect physique prime moins que par le passé. Je me rappelle à l’époque où tu prenais le Shaq sur le dos, c’était quelque chose d’énorme.

Est-il le pivot le plus dur contre lequel vous ayez joué ?

Oui, de loin. Shaq était un phénomène de la nature, une force immense sur laquelle il fallait être costaud physiquement et mentalement pour essayer de le tenir. Il a démoli tellement de mecs dans la ligue, c’était juste fou ! Je pense que Shaq a marqué l’histoire d’une manière qu’on n’avait jamais vue auparavant. Il savait faire beaucoup de choses, il courait comme un arrière, et son QI basket était énorme, et les gens oublient parfois d’en parler. Shaq a marqué une génération, et ça me faisait rire lorsque certaines personnes m’appelaient Shaq au lycée parce que j’étais grand. Mais je n’étais pas très costaud !

Quels ont été vos modèles, vos joueurs préférés qui vous ont inspirés durant votre enfance ?

Pas vraiment les pivots, mais les joueurs d’équipe comme Scottie Pippen par exemple. Ce gars me faisait rêver, j’aimais son jeu et le fait qu’il faisait tout très bien et qu’il était super compétitif. Il a gagné des titres et il a été le lieutenant de Jordan, ce qui est énorme. J’aime les joueurs qui jouent pour l’équipe, qui aide les autres à grandir et qui rend les autres meilleurs.

« Kristaps Porzingis a un talent fou ! »

Que dire de Dirk Nowitzki, avec qui vous avez joué et gagné un titre à Dallas ?

Ah Dirk ! (Sourire). Un vrai bon gars et un joueur d’exception. Il a été l’un des grands contributeurs de notre victoire en finales NBA, et c’est un futur Hall of Famer. Il a eu un impact et a changé le jeu à sa manière. Dirk est unique. Un mec qui a un corps de pivot et qui shoote à trois points ! C’est juste super. Je me rappelle lorsque je le voyais jouer avant d’être dans son équipe, j’hallucinais. Le mec shootait à 3-points, il avait déjà trop de moves en attaque. En allant aux Mavericks, je me suis rendu compte du leader qu’il était. Il impose le respect et c’est un partenaire, un coéquipier formidable. Il marque l’histoire, c’est certain.

Il a aussi inspiré les intérieurs actuels, comme Kristaps Porzingis par exemple…

Oui, c’est vrai. Il a inspiré tellement de joueurs, et l’impact sur les jeunes intérieurs européen est énorme je pense. KP a appris des moves de Dirk et il y a des ressemblances dans leur jeu. Porzingis est un superbe joueur, quand je vois ce qu’il fait alors qu’il n’a que 22 ans, c’est juste énorme. Il a un talent fou et il s’améliore année après année. Voir l’impact qu’il a dans cette équipe des Knicks et dans la ville de New York fait plaisir à voir. Il a les épaules solides et il va faire une immense carrière, c’est certain.

Avec des joueurs de 2m20 comme ça, a-t-on toujours autant besoin d’un pivot que par le passé ?

On a toujours autant besoin d’un bon pivot. Le small ball, c’est bien, mais si tu n’as pas un ou deux pivots solides, tu ne gagnes pas. Une force dissuasive dans la raquette et un joueur qui prend des rebonds et qui met des contres, ça fait la différence. On parle des Warriors et de leur jeu mais regardez : ils ont deux pivots solides qui ont leur importance dans le jeu et l’effectif : Zaza Pachulia et JaVale McGee. Ont-ils été importants dans la conquête du titre ? Oui, absolument ! Donc oui, les pivots sont encore utiles.

 

Basket USA

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