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Interview Vincent Poirier : « Je ne m’attendais pas à en arriver là si vite »

Scotché sur le banc durant la brève ère Rigaudeau au Paris Levallois, Vincent Poirier (2m13, 23 ans) a complètement explosé sur la scène de la Pro A après l’arrivée de Freddy Fauthoux aux manettes du club francilien.

Pour sa quatrième saison dans l’élite hexagonale, le pivot barbu a bouclé sa meilleure campagne avec 11 points, 7 rebonds et 1 contre de moyenne en 23 minutes de jeu. Membre de l’Equipe de France A’ ces dernières années, il va désormais goûter aux A… et avec une raquette tricolore sinistrée, il pourrait bien se glisser dans l’effectif des Bleus jusqu’à l’Euro !

« Je pense que c’était ma dernière ligue d’été »

Vincent, pour votre deuxième participation en Summer League, on a eu l’impression que vous n’avez pas vraiment eu beaucoup de temps de jeu, vous confirmez ? 

« Oui, c’est vrai. On avait un effectif de quinze joueurs donc, pour obtenir des minutes, ça devient forcément assez compliqué. Surtout quand on a déjà quatre joueurs NBA avec nous. Ils favorisent toujours les joueurs qu’ils veulent mettre en avant. En plus, quand tu viens de l’étranger… Humainement, c’était vraiment une bonne expérience, tout le monde était vraiment sympa. Mais basketballistiquement, je voulais montrer plus. Ce n’est pas idéal quoi… »

Alors que la saison précédente, avec Orlando, ça s’était mieux passé…

« On avait un plus petit effectif. On était trois postes 5, on avait plus la balle. Cette année, ce sont les joueurs NBA qui jouaient et toi, tu es juste là pour les restes. Honnêtement, je pense que c’était ma dernière ligue d’été. Maintenant, je les ai faites, j’ai vu ce que c’était, je me suis montré. Mais je pense que c’était ma dernière. »

Comment ça se passe concrètement ? Comment on passe d’Orlando à Brooklyn, comment est-on recruté pour la ligue d’été ?

« Durant l’année, j’ai eu des contacts avec plusieurs équipes, comme les Clippers par exemple. Après, c’est à toi de faire le meilleur choix possible. Brooklyn cherchait un intérieur. Ils en ont drafté un [Jarrett Allen, ndlr] mais heureusement qu’il était blessé car sinon, j’aurai eu encore moins de temps de jeu. On choisit la meilleure option sachant qu’une fois arrivé au terrain, on ne contrôle pas ce que veut faire le coach non plus. On fait avec [tous ces paramètres]. »

Vous allez jouer à Vitoria la saison prochaine, c’est un choix intéressant pour évoluer en Euroleague et puis en Liga ACB, ce qui se fait de mieux en Europe… Qu’est-ce qui vous y a décidé ?

« Oui, c’est pas mal hein [rires] ! Je n’avais pas vraiment de plan concret en NBA, donc on a rapidement écarté cette option. Moi, je ne veux pas aller en NBA sans contrat garanti pour finir en D-League. [Les two way contracts], ça ne m’intéresse pas non plus. Si je vais en NBA, ce sera avec un vrai contrat. Après, en France, j’avais des possibilités mais le niveau est plus élevé ailleurs donc pourquoi rester et stagner quand je peux m’essayer à l’Euroleague et continuer à progresser, je l’espère, à vitesse éclair. J’avais quelques clubs européens qui étaient intéressés mais Vitoria, avec leur passé avec d’autres Français, c’était la meilleure option pour progresser. »

Quels étaient les autres clubs intéressés ?

« Il y avait Valence en milieu de saison. Bamberg était intéressé. Kaunas avait checké aussi, je crois… »

Oui, donc vous vouliez l’Euroleague en gros ?

« Je voulais l’Europe. J’avais dit à mon agent que l’année prochaine, je voulais jouer en coupe d’Europe. Après, je ne savais pas que ça allait être l’Euroleague. Tant mieux [rires] ! Je voulais en tout cas passer à deux matchs par semaine. Je voulais arrêter de passer des longues semaines, du vendredi au lundi d’après à la salle à travailler. Je veux jouer, enchaîner les matchs. »

« Beaucoup de gens vont me découvrir mais je vais rester moi-même »

Vous vous sentez prêt à passer ce cap : de jouer au meilleur niveau européen ?

« De toute façon, maintenant, je n’ai plus le choix [rires] ! Non, mais si j’ai accepté, c’est que j’aime les défis. J’ai signé pour une longue durée [trois ans, ndlr] histoire de m’installer. Même s’il me faut du temps, je veux y arriver. Je suis prêt. Il est temps. »

Vous avez également une belle carte à jouer en Equipe de France cet été avec un secteur intérieur touché de plein fouet par les forfaits (Rudy Gobert, Ian Mahinmi) et les blessures (Moustapha Fall). Comment abordez-vous cette opportunité ?

« Avec le forfait de Moustapha [Fall] qui n’est pas bien, je suis le seul joueur de grande taille, entre guillemets, donc c’est un atout. Mais il ne faut pas se reposer sur ça. Parce que si je ne suis pas bon, grande taille ou pas, je ne jouerai pas. Je vais continuer à faire ce que je faisais toute la saison. Vincent Collet, il m’a pris pour ça, parce qu’il m’a vu jouer toute la saison. Je ne vais pas essayer de faire des choses que je ne sais pas faire, impressionner qui que ce soit. Si le coach veut que je pose des écrans, que je roule vers le cercle et que je prenne des rebonds, c’est ce que je ferai. Car c’est ce que je faisais en club. Je vais continuer exactement ce que je faisais à Paris. Et c’est ce que je ferai à Vitoria. Je vais me donner à fond et on verra si j’arrive à faire les douze. »

Vincent Collet a effectivement déclaré que le plus gros chantier de l’été sera celui de la défense. Il faudra également se serrer les coudes aux rebonds. Un plan qui pourrait vous permettre de passer le cut, non ?

« Oui, c’est ce qu’il attend de nous. Je sais qu’il ne va pas me demander de faire du Rudy [Gobert], il va me demander de faire du Vincent Poirier. Je vais me battre aux rebonds, poser de bons écrans, amener de l’intimidation. Je vais faire ce que je sais faire, tout simplement. »

Comment vivez-vous cette évolution rapide qu’est la vôtre ? En 2010, vous commencez le basket et en 2017, vous êtes déjà appelé en Equipe de France…

« C’est une fierté, c’est une récompense du travail fourni. C’est clair que je pars de loin. En arriver là, c’est sûr que je ne m’y attendais pas. Pas aussi tôt, pas aussi vite en tout cas. Maintenant, je suis très content, je profite. C’est encore une grande étape de ma carrière cet été. Même dans ma vie en général. Il faut apprendre à gérer ça, sans se prendre la tête, vivre le moment présent, pas essayer de se voir plus beau qu’on est. Je sais que je n’ai rien prouvé encore, ni en Euroleague, ni en Equipe de France. Beaucoup de gens vont me découvrir mais je vais rester moi-même. »

À quoi vous attendez-vous quand vous allez vivre votre première Marseillaise, avec le maillot bleu sur les épaules ?

« Je vais vivre ça sur le moment. Des Marseillaises, j’en ai connu déjà avec les U20 ou les A’. Mais c’est vrai que là, ce sera à côté de gars que je regarde à la télé. Je sais bien qu’il y aura un petit truc en plus. On va en profiter. »

Propos recueillis à l’INSEP

Basket USA

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