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Le « two way contract », une petite révolution pour les franchises NBA

Avec la mise en place de la nouvelle convention collective vient une nouvelle mesure qui pourrait avoir un impact conséquent sur la NBA, voire les ligues nationales hors du championnat américain : le « two way contract ». Cette disposition aura en premier lieu un impact majeur sur les effectifs NBA puisque ceux-ci passent de 15 postes à 17 maximum à partir de cette saison.

Ces deux postes supplémentaires sont justement ceux réservés aux joueurs ayant signé un « two way contract ». Dans les faits, en quoi consiste ce contrat ?

QUI SONT LES JOUEURS CONCERNÉS ?

Il a été créé afin de faciliter les allées-et-venues des joueurs entre la NBA et sa petite soeur, la G-League (l’ancienne D-League). Le contrat est réservé aux joueurs présentant trois ans ou moins d’expérience en NBA : les training camps ou une carrière hors championnat américain ne sont pas comptabilisés. Évidemment, les premiers tours de draft ne sont pas concernés par cette disposition pour la simple et bonne raison que les équipes sont obligées de leur offrir un contrat régi par la convention collective de deux ans avec une troisième et quatrième année optionnelles. À titre d’exemple, toujours non signé par Boston, Guerschon Yabusele ne pourrait pas parapher un « two way contract ». En clair, seuls les deuxièmes tours de draft et les joueurs non draftés sont susceptibles de s’engager sous cette disposition.

Un « two way contract » peut durer de un à deux ans. En revanche, les joueurs rentrant dans leur troisième saison professionnelle ne sont pas éligibles à une deuxième année de contrat sous cette disposition. Quelle que soit la durée du contrat, les équipes peuvent protéger le joueur par une « qualifying offer » à la fin de l’engagement, comme elles le font déjà avec les joueurs en sortie de contrat rookie, à la seule condition qu’il ait passé au moins 15 jours avec son équipe NBA dans la saison.

QUELLE RÉMUNÉRATION ?

Un joueur sous ce régime peut gagner entre 75 000 dollars et 275 000 dollars par saison. La fourchette est vaste et s’explique par plusieurs raisons. Chaque joueur signe pour le minimum salarial de ce statut à hauteur de 75 000 dollars puis peut gagner davantage selon s’il participe au training camp de la franchise puis la rejoint au cours de la saison. Il faut savoir qu’un joueur sous ce statut ne peut passer plus de 45 jours avec son équipe NBA. Plus il l’accompagnera dans la limite de ces 45 jours, plus il touchera puisqu’il gagnera une indemnité équivalente à 1/170 du minimum salarial rookie (815 000 dollars en 2017-18) par jour. S’il participe au training camp de son équipe NBA, il gagnera 50 000 dollars supplémentaires, payés par la G-League.

Le point important est que le salaire du joueur en question ne compte pas dans le salary cap de son équipe NBA tant qu’il reste sous ce régime.

Un « two way contract player » peut très bien être promu sur un contrat supérieur en NBA, au moins équivalent au minimum salarial en fonction de son expérience. Dans ce cas, le contrat précédent disparait. Évidemment, si le joueur change de régime, son équipe en NBA doit s’assurer d’avoir une place vacante parmi les quinze postes de son effectif, les deux autres étant limités aux seuls « two way contract players ».

Dans le sens inverse, un joueur NBA sous contrat standard peut changer de régime et devenir un « two way contract » si son contrat NBA n’est que d’une saison au minimum salarial et ne comporte aucun bonus, et si son équipe dispose de sa propre équipe affiliée en G-League.

Enfin, et dans un cadre très officieux, il est aussi possible que pour inciter les agents à proposer ce statut à leurs joueurs, les franchises leur garantissent tacitement les 45 jours dans l’équipe NBA, de manière à relever le salaire de base à 275 000 dollars automatiquement. Bien entendu, cet accord de main à main ne pourra pas être dévoilé mais c’est une pratique qui pourrait se répandre.

QUELS AVANTAGES POUR LES ÉQUIPES ?

Les franchises disposent désormais d’une option très intéressante pour prendre le temps de développer un joueur dans son environnement à un coût nul, ou presque. Certes, le temps dont elles disposent de lui est limité à 45 jours mais cette période est supérieure à celle des essais sur les joueurs sous « 10 day contracts », contraints d’être signés pour la saison après deux contrats consécutifs.

Sous cette forme, une franchise a la possibilité de garder les droits d’un joueur durant une ou deux saisons avant de le protéger, le tout sans dépense comptabilisée dans le salary cap. Les conditions sont généreuses et pourraient conforter les équipes à préférer ce type de contrat plutôt qu’observer un élément se développer en Europe.

UN DISPOSITIF LIMITÉ POUR LES JOUEURS ?

Les joueurs sont-ils gagnants avec ce dispositif ? La réponse est évidemment nuancée.

En premier lieu, la NBA est une ligue fermée, très fermée, dont l’accès est réservé à l’élite du basket mondial. Pour schématiser, il y a environ 18 600 joueurs de basket NCAA et environ 4 150 d’entre eux sont éligibles à la draft NBA. Celle-ci permet 60 sélections. En moyenne, 45 d’entre elles sont destinées à des joueurs universitaires, ce qui représente 1.1% de joueurs NCAA draftés. Les non-draftés peuvent ensuite tenter une carrière professionnelle en ligue mineure ou à l’étranger et cela représente 18% d’entre eux. Pour revenir en NBA, les choses se compliquent puisqu’avec 15 places par équipe avec la précédente convention, il n’y a que 450 places disponibles par an (sans compter les suppléments permis par les blessures).

De fait, avec cette nouvelle convention et ces « two way contracts », il existe désormais 60 places supplémentaires dans un effectif NBA, autant d’opportunités pour des joueurs proches de ce niveau. De plus, ceux signés sous ce statut sont censés susciter un intérêt plus marqué par leur équipe qu’un autre élément de G-League.

« C’est plutôt vu d’un bon oeil car ça peut donner à une équipe la possibilité de s’investir davantage auprès d’un joueur, de s’intéresser à lui et ça peut être une bonne passerelle pour des joueurs entre deux niveaux. » confirme Olivier Mazet.

Néanmoins, avant de s’engager dans un tel contrat, le joueur doit mûrir sa réflexion car plusieurs contraintes de taille peuvent compliquer son objectif de carrière. D’une part, en G-League, seule son équipe NBA pourra l’appeler contrairement aux autres joueurs de la ligue mineure qui peuvent être appelés par n’importe quelle équipe, ce qui multiplie les opportunités.

« La limite de ce dispositif est là, un peu comme une draft au deuxième tour : l’équipe n’a pas d’obligation. Parfois, quand on est drafté en fin de second tour, ne vaut-il finalement pas mieux ne pas être drafté afin d’avoir la possibilité de tenter des essais chez toutes les équipes. Sur les « two ways », c’est la même chose. C’est très restrictif, tu évolues avec les Windy Bulls et si les Celtics sont intéressés pour un contrat de 10 jours, ils ne le peuvent même pas. »

À titre d’exemple, si Wilson Chandler, Will Barton et Juancho Hernangomez réalisent une bonne saison et sans blessure, Torrey Craig (nouvellement signé par Denver sous ce statut) pourrait ne pas intégrer les Nuggets. C’est pour cette raison que les joueurs doivent privilégier des franchises NBA qui les suivent de près depuis un certain temps.

« Pour moi, ça doit passer à tout prix par un vrai intérêt marqué par la franchise avec une vraie antériorité relationnelle. Ce n’est pas un eldorado tout dessiné, ça doit être personnalisé, analysé en fonction du joueur et de la franchise mais sur un profil bien ciblé. » détaille Olivier Mazet.

Sans cela, le joueur peut se retrouver coincé, sans possibilité d’accéder en NBA, ce qui ne serait pas le cas si une franchise ne détenait pas ses droits.

UNE NOUVELLE CONCURRENCE POUR L’EUROPE ?

Cette nouvelle règle NBA ne fait pas que des heureux : en Europe, les équipes hors du circuit Euroleague et Eurocup, souvent dotées de moyens limités, s’inquiètent. Certaines d’entre elles craignent en effet que cette règle contribue au réservoir de joueurs américains, ceux à même de jouer en Europe pour 100 000 ou 150 000 dollars la saison.

« J’ai récemment diné avec un collègue italien et ses compatriotes general managers et ils le disent : cette règle représente une concurrence car, de cette façon, des joueurs peuvent se sentir appartenir à une franchise NBA. » nous confie l’agent Olivier Mazet. « Pour le championnat français, italien ou allemand, c’est un problème : un gars qui prend d’ordinaire 125 000 dollars la saison ne va-t-il pas préférer ce contrat plutôt que de partir en Europe sans sa famille pour 30 000 dollars de plus ? La question ne se pose pas pour un joueur d’Euroleague mais pour un joueur américain de championnat moins relevé, il peut être plus intéressant de rester à domicile, entouré de sa famille, plutôt que de partir vers l’inconnu pour quelques dollars de plus. »

Eric Griffin, joueur de 27 ans, non drafté en 2012, habitué aux championnats exotiques (Porto Rico, Émirat Arabes-Unis, Israël) a d’ailleurs paraphé un « two way contract » avec le Utah Jazz… après s’être engagé avec Cantu, en Italie. Le club transalpin a donc perdu sa recrue estivale.

Et le mouvement pourrait s’amplifier.  Pour le moment, il semble que les joueurs américains sont les plus intéressés par ce dispositif mais combien de temps avant qu’il n’intéresse un joueur français talentueux, peu responsabilisé en Pro A, et sensible à l’idée d’une proximité accrue avec une franchise NBA ?

« Je vois bien que ça a beaucoup plus de résonance pour les joueurs américains. » explique Olivier Mazet. « Ils peuvent ressentir un sentiment d’appartenance et malgré les restrictions, s’accrocher à leur rêve NBA. Ce sont deux prismes très différents avec les joueurs nationaux. Dans quelques mois, on verra l’impact que cela peut avoir. Pour le moment, c’est encore tôt mais il y a quand même un phénomène qui a commencé à grandir depuis la saison passée : l’exode de Français vers la D-League. Il faut le garder à l’esprit… »

Dans des circonstances différentes, Axel Toupane, Guerschon Yabusele, Damien Inglis, Boris Dallo, Livio Jean-Charles, Carl Ona-Embo ou encore Johan Petro ont tous fréquenté la D-League cette saison et ce, avant que les « two way contracts » ne soient d’actualité. Pour certains d’entre eux, notamment Axel Toupane ou Livio Jean-Charles (Guerschon Yabusele n’étant pas éligible en raison de son statut de 1er tour de draft), ce type de contrat pourrait devenir une réalité.

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