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[Throwback Thursday] Tyrone Corbin, un livre d’histoire(s) à lui tout seul

Chaque jeudi, Basket USA vous propose son « Throwback Thursday », votre moment détente et nostalgie de la semaine. Après Michael CageStacey Augmon, ou encore Matt Bullard, on poursuit aujourd’hui avec Tyrone Corbin, un travailleur de l’ombre qui a tout de même bouclé une carrière longue de seize saisons, de 1985 jusqu’à l’an 2000.

Journeyman de la NBA s’il en est, Tyrone Corbin a connu 9 équipes en 16 campagnes. De ses débuts à San Antonio, à l’époque où la Grande Ligue ne l’était pas, en passant par Cleveland, Phoenix, Minnesota ou encore Sacramento et Toronto, Corbin est une véritable encyclopédie ambulante. Il a côtoyé les plus grands, que ce soit Magic ou Bird (en tant qu’adversaires), Jordan et Thomas (de ses étés à Chicago) ou encore Stockton et Malone (en tant que coéquipiers).

Passé coach chez le Jazz et les Kings ces dernières années, Corbin est désormais assistant coach chez les Suns avec lesquels il a connu une finale de conférence… à une autre époque, en 1989 face aux Lakers du Showtime ! On vous le dit, Ty Corbin est un livre d’histoire(s) qui ne demande(nt) qu’à se raconter…

 

« Tous les gros joueurs passaient par la Pro Am de Chicago pendant l’été »

Tyrone, vous avez été drafté au second tour en 1985, avec le 35e choix. Pouvez-vous nous raconter votre expérience le soir de la draft ? 

« Ça a été une expérience assez fatigante nerveusement, de ne pas savoir où j’allais finir. Il y avait pas mal de prédictions différentes. J’avais réussi une bonne petite carrière à la fac [DePaul, ndlr] et j’avais nourri quelques attentes d’aller assez haut. Mais bon, ce fut une bonne expérience tout de même. Même si j’ai été drafté au second tour, j’étais tout de même heureux d’avoir l’opportunité de jouer en NBA avec San Antonio. »

Comment se passait la soirée de la draft dans les années 80, quand il n’y avait pas encore de téléphone ou d’ordinateur pour aider les scouts et les dirigeants ? 

« C’était vraiment du bouche à oreille, ce sont les agents qui parlent entre eux. Il y avait aussi un groupe de joueurs qui avait été invité à New York ; mais moi, je n’y étais pas allé. A l’époque, c’étaient plutôt les médias locaux et les gars proches de ton cercle qui te disaient ce qu’ils entendaient en gros. »

J’imagine que ça causait beaucoup plus de stress du coup…

« Oui, maintenant, il y a tellement de couverture médiatique, de mock drafts et de prédictions. Donc chaque joueur a une meilleure idée de là où il va finir dans la draft. Ce n’est toujours pas une science exacte mais avec autant de moyens de communication, ils en savent davantage. Et on parle beaucoup plus ouvertement de tout ça maintenant. »

Vous évoquiez votre belle carrière en NCAA, comment s’est passée votre transition avec la NBA ? 

« D’abord, je pense que mon coach au lycée, puis mon coach à DePaul, Ray Meyers, étaient de très bons coachs. J’ai très tôt été confronté à de bons joueurs que ce soit au lycée ou à la fac. Et puis l’été, à Chicago, il y avait beaucoup de professionnels qui revenaient et jouaient ensemble. Donc, j’étais déjà habitué à jouer contre des joueurs de grand talent quand j’étais à l’université. Une fois en NBA, il y a eu une période d’adaptation avec des gars plus âgés et plus expérimentés mais j’étais à l’aise face à ces gars-là. »

Je parlais à Tim Hardaway récemment, lui aussi de Chicago, et il me disait la même chose. Quelle importance tiennent ces entraînements officieux durant l’été ? 

« C’est extrêmement important ! Car tu joues face aux gars que tu vois à la télé dans la ligue professionnelle. Et devenir pro est évidemment l’objectif ultime. C’est l’occasion idéale durant l’été de pouvoir te frotter à eux, quand eux bossent leur jeu et toi aussi à ton niveau. Et tu peux avoir une idée précise de la différence qu’il y a entre les deux niveaux. De pouvoir jouer face à eux quand j’étais à la fac a été super important pour moi. »

Qui étaient les joueurs que vous affrontiez durant l’été ? 

« Le Pro Am de Chicago avait tous les gros joueurs. Michael Jordan y jouait. Il y avait aussi Mark Aguirre, Terry Cummings, Isiah Thomas. Tous les grands joueurs passaient par Chicago pendant l’été car c’est une ville très agréable pendant l’été. Il y avait tellement de gars là-bas. Chicago était un centre névralgique durant l’été. »

« Quand je suis arrivé en NBA, il n’y avait que 23 équipes ! »

Qui a été votre mentor à votre arrivée en NBA ?

« Alvin Robertson. Mike Mitchell était aussi un gars que j’observais beaucoup. Et puis, Artis Gilmore était aussi dans l’équipe. George Gervin aussi. C’étaient des gars que je regardais à la télé et j’avais l’opportunité de jouer avec eux pendant ma saison rookie. Ce sont tous de très bons gars, qui étaient prêts à t’enseigner des trucs et à t’aider à comprendre comment avoir du succès dans la ligue. Cotton Fitzsimmons était le coach de l’équipe et lui aussi m’a beaucoup aidé. Il poussait vraiment les jeunes joueurs à bosser encore plus dur pour trouver leur place dans la ligue. »

A quel moment avez-vous su que vous alliez avoir une longue carrière ? Y a-t-il eu un tel moment dans votre carrière ? 

« Non ! C’était saison par saison pour moi. Quand j’ai commencé, j’ai su que je restais dans l’équipe après la fin de la présaison. Et malheureusement, je me suis tordu le genou pendant la présaison [la saison exhibition comme il dit, ndlr] durant ma saison rookie. Donc, j’ai commencé la saison déjà diminué. Mais Cotton m’avait assuré que j’avais suffisamment bien joué auparavant pour gagner ma place pour la saison. Jouer chaque jour avec les gars et bosser avec eux, je savais que j’avais le niveau mais je savais aussi que j’avais beaucoup de pain sur la planche. »

Racontez-nous un peu comment était la NBA dans les années 80, était-ce vraiment plus rugueux ? 

« Oh oui ! C’était beaucoup plus physique. Quand je suis arrivé dans la ligue, il n’y avait que 23 équipes en 1985. C’était vraiment la crème de la crème. Et on parle d’hommes mûrs et très costauds. La moyenne d’âge était plus élevée qu’aujourd’hui. Le jeu était logiquement bien plus physique. Et au niveau du talent pur, je pense que c’était plus élevé aussi car le groupe de gars qui arrivait à ce niveau était plus réduit. »

Est-ce vrai que le jeu était plus centré sur l’intérieur ? 

« Les intérieurs jouaient pour le coup dans la peinture, ça c’est clair. Et tout ce qui se passait dans la raquette était très physique ! Il y avait très peu de shooteurs à trois points à l’époque donc il fallait avoir un jeu intermédiaire, un jeu intérieur pour exister. Il fallait vraiment bosser sur ses fondamentaux pour pouvoir réussir. »

Comment se passaient les voyages à l’époque ?

« C’était… différent ! On prenait les vols commerciaux. On avait pas mal de back to back. Quand on jouait le soir et qu’il y avait un autre match le lendemain, il fallait se lever tôt et prendre le premier vol le matin. Le réveil sonnait à 4h30 ou à 5h et il fallait enregistrer les bagages et tout le toutim. C’était complètement différent, un autre monde…

Bien différent de l’avion privé !

« Oh oui, complètement différent [rires]. »

Vous avez pas mal bougé après San Antonio, où vous avez joué deux saisons. Cleveland, Phoenix, Minnesota. Etait-ce compliqué à vivre de tout le temps déménager ? 

« Honnêtement, au début, ce n’était pas si mal. Jusqu’à ce que je me marie et que j’ai des enfants en fait. Ensuite, ça a été plus compliqué car je ne devais plus déménager tout seul mais aussi toute la famille. C’est toujours délicat car tu quittes un groupe de gars avec lesquels tu as bossé. Mais c’était plus facile au début de ma carrière car j’étais encore seul. »

« Affronter les Lakers du Showtime, c’était énorme pour nous ! »

Durant votre passage avec Phoenix, vous avez atteint les finales de conférence en 1989, face aux Lakers de Magic Johnson et Kareem Abdul-Jabbar, quels souvenirs en gardez-vous aujourd’hui ? 

« Je me souviens surtout de toute la hype qui entourait les playoffs. Mark West, Kevin Johnson et moi, on est arrivé en échange en provenance de Cleveland et la franchise de Phoenix connaissait une grande transformation. Ils voulaient changer l’image de l’équipe et changeait le style de jeu. Il y avait Tom Chambers et puis ils avaient réussi une belle draft avec Dan Majerle, Steve Kerr et Andrew Lang. Tout le monde s’est retrouvé à bosser ensemble dès l’été et Cotton [Fitzsimmons] a été nommé coach à la fin de l’été. On a remporté 55 matchs durant la saison régulière. On était très satisfait de notre saison et on avait confiance en nous. On jouait vite et on défendait fort. On a remporté nos deux premières séries et on avait une grosse dynamique avant d’affronter les Lakers. C’était les Lakers du Showtime, avec Kareem, Magic, Worthy, Byron Scott. C’était une série tellement énorme pour nous. On pensait avoir notre chance de les battre, même s’il s’agissait des Lakers. On a perdu la série [un sweep, ndlr] mais c’était super d’avoir réussi une telle saison et d’avoir l’opportunité de jouer une finale de conférence. Par la suite, j’ai été recruté par Minnesota dans l’expansion draft. »

Oui, justement, comment s’est passé la transition entre les Suns qui sortaient d’une finale de conférence et les Wolves qui commençaient tout juste leur histoire ? Sans parler de la différence de température…

« C’était un autre monde ! Pour le niveau de l’équipe comme pour le climat en effet [rires]. Bill Musselman était le coach et on avait un bon groupe de jeunes joueurs qui bossaient dur. On essayait de construire une base pour l’avenir. Sur les trois saisons que j’ai passées là-bas, je pense qu’on a réussi à le faire. »

Et d’un point de vue individuel, vous avez réussi vos meilleures saisons avec une campagne bouclée à 15 points, 7 rebonds et la suivante encore mieux à 18 points, 7 rebonds…

« Oui, c’était l’occasion pour moi d’être plus impliqué offensivement, d’avoir plus de ballons en attaque. J’étais toujours un joueur défensif dans mes équipes précédentes et là j’avais ma chance d’aider à mener une jeune équipe. J’ai réussi à établir mon record en carrière avec 18 points par match. C’était très sympa d’endosser ce rôle et même si on était souvent en manque de joueurs, on a toujours joué dur. »

Peut-on dire que c’était la période préférée de votre carrière, de par ce succès individuel ? Ou alors vous préférez le succès de l’équipe…

« Oui, je préfère le succès de l’équipe. On veut gagner. On travaille dur pour gagner des matchs. Quand j’ai réussi à scorer pas mal de points, je ne le faisais pas pour obtenir des récompenses individuelles mais pour aider l’équipe à gagner. Je préfère gagner que faire du chiffre. »

J’en conclus donc que c’était à Utah que vous avez eu le plus de plaisir à jouer, aux côtés de John Stockton et Karl Malone. Comment c’était de jouer avec ces deux Hall of Famers ? 

« C’était super. Vraiment excellent. On avait une chance de gagner chaque soir avec eux. On savait que ces deux-là étaient toujours prêts à jouer, et qu’ils allaient prendre la majorité des tirs et ôter la pression à tous les autres joueurs. Donc, il suffisait de remplir son rôle pour avoir une chance de gagner. Avec le grand Jerry Sloan comme coach, qui demandait toujours le meilleur à ses joueurs chaque soir, c’était vraiment extra. J’ai adoré mon expérience à Utah. »

Et vous avez à nouveau rallié les finales de conférence à deux reprises, en 1992 et en 1994. Quel est votre plus grand souvenir avec le Jazz ? 

« La compétition ! D’avoir une chance de gagner. Avec Karl et John qui sont ce qu’ils sont, il suffisait de ne pas se foirer à côté et on pouvait gagner. On a toujours été une équipe de battants. Face à Houston, on n’était pas loin de remporter cette série [en 1994]. Et l’autre fois [en 1992], c’était face à Portland. C’étaient deux très grosses équipes. Houston a même été jusqu’au bout pour aller chercher le titre. On a eu notre chance et c’est tout ce qu’on peut demander. Et par la suite, Utah a réussi à atteindre les finales en 1997 et 1998. »

Mais qu’est-ce qui vous a manqué avec le Jazz ? Un manque d’expérience peut-être ?

« Non pas forcément. Parfois, il nous manque juste un élément. Quand on a affronté Portland, eux avait déjà été à notre place avant nous. Ils s’étaient déjà cassés les dents et ils avaient donc l’expérience de ces échecs. Ils s’étaient préparés en conséquence pour atteindre les finales. Et face à Houston, c’était la même chose. Quelques années avant, ils avaient aussi perdu et la dynamique était en leur faveur. C’était leur tour. Et Utah, ça a été leur tour par la suite [en 1997 et 1998]. Chaque chose en son temps. Utah a réussi à le faire après que je sois parti. »

« Il ne fallait pas faire de trash talking avec Larry Bird, il était trop fort ! »

Qui était votre coéquipier le plus proche ? 

« J’ai eu tellement de bons coéquipiers dans ma carrière, c’est difficile à dire. Xavier McDaniel en est un pour sûr, on était coéquipier au lycée. On est ami de longue date. Steve Smith et le groupe à Atlanta… Il y a tellement de noms. Je garde tellement de bonnes relations de mes années pros… »

Qui était votre adversaire le plus coriace ? 

« De mes débuts face à Magic Johnson et Larry Bird. A ma position, je devais défendre sur ces gars-là… »

Larry Bird vous a-t-il intimidé avec son trash talking ? Il était connu pour ça.

« Non, enfin, lui parlait mais moi je ne répondais pas. J’essayais déjà de maîtriser le jeu car il était tellement fort. Plus tu parlais, plus tu le motivais, donc non, je ne répliquais pas. Je ne voulais pas entrer dans ce jeu-là. Et puis, Jordan était dans mes années aussi. Avec Pippen et ce groupe-là. James Worthy. Il y avait énormément de grands joueurs à couvrir. »

Et vous avez été un témoin privilégié de l’évolution du jeu, des années 80 à la fin des années 90. Quel est votre regard sur ces changements progressifs ? 

« Ce qui s’est passé, c’est qu’ils ont commencé à enlever l’aspect physique du jeu. Avec les pivots, comme Shaquille O’Neal par exemple. Le jeu était physique mais c’était devenu trop physique. C’était devenu une véritable bataille et le jeu était ralenti. Ce n’était plus aussi attirant et David Stern a considéré que ce n’était pas bon pour le téléspectateur. Ils voulaient générer plus de scoring. C’est à partir de là qu’ils ont commencé à ôter la possibilité au défenseur de contrôler son adversaire avec la main. On ne pouvait plus « bumper » un gars quand il arrive en phase offensive, ce qu’on nous avait pourtant appris à faire avant. Il fallait quasiment qu’on lui laisse l’accès libre. C’est devenu plus divertissant, plus rapide, avec plus de dunks et plus de trois points. A l’époque, peu de joueurs pouvaient shooter à trois points. Et ce n’était pas considéré comme très avantageux de prendre beaucoup de tirs à trois points. Mais maintenant, les trois points sont très valorisés. J’ai grandi dans une autre ère. Et je vois bien comment le jeu a évolué pour devenir plus divertissant pour les fans. »

Vous évoquez l’aspect physique du jeu qui a disparu. Vous avez joué contre les Knicks en 1999 avec les Hawks… 

« [rires] Oui, et aussi face aux Bad Boys ! »

Justement, quelle a été l’équipe la plus physique que vous ayez affrontée ? 

« [il souffle et hésite] Globalement, les Bad Boys de Detroit. New York a eu des équipes très physiques mais Detroit, c’était leur fonds de commerce ! Quand tu allais dans la peinture, tu savais qu’ils feraient faute. Ils ne te laissaient jamais aller au layup… ou sinon, ils t’envoyaient au sol et te faisaient payer pour ça ! Et puis, dans le périmètre, si tu passais un joueur, il y en avait toujours un second qui arrivait avec les mains sur toi. On savait face à ces équipes que ça serait un combat permanent. »

Vous parliez de Steve Smith un peu plus tôt, dites-nous comment s’est passée votre expérience à Atlanta (deux passages en 1994-95 puis de 1996 à 1999), avec de belles équipes aussi.

« J’ai adoré. Absolument. Avec Lenny Wilkens comme coach, Smitty, Mookie Blaylock, Christian Laettner. On avait un super groupe de gars. On a pris beaucoup de plaisir, on a eu aussi pas mal de succès. Malheureusement, on n’a pas réussi à passer le cap. C’est dommage qu’on n’ait pas réussi à garder le groupe intact après le déménagement du Georgia Dome à la Philips Arena. On aurait pu faire quelque chose dans la conférence Est. Mais ce n’est pas la direction qu’a prise par la franchise… »

N’est-ce pas frustrant justement de faire un bout de chemin avec une équipe, et de ne pas pouvoir aller au bout du projet ?

« Oui, ça l’est ! Ça peut être frustrant. Mais il faut bien comprendre que ça fait partie du business. C’est toujours décevant de se faire échanger mais c’est aussi rafraîchissant car quelqu’un d’autre veut que tu viennes dans leur équipe. C’est comme ça que je vois les choses aussi. Car tu pourrais très bien ne plus être dans la ligue non plus. Il faut surmonter tes sentiments personnels rapidement et se reconcentrer sur le travail à accomplir avec l’équipe qui te recrute. »

« Ça pouvait venir de partout avec Jason Williams ! »

En l’occurrence, ce fut Sacramento pour vous (deux passages également, en 1995-96 puis 1999-2000), avec Chris Webber et Jason Williams…

« Et Vlade ! C’était très sympa. On avait un super groupe de gars. C’était différent. Ils avaient déjà connu le succès avant que j’y arrive. La saison d’avant, ils avaient réussi à aller en playoffs, pour la première fois depuis un bail pour la franchise. On a réussi une belle saison. On a passé le premier tour et on a perdu ensuite face aux Lakers. »

Vous étiez le vétéran dans ce groupe, vous deviez calmer leurs ardeurs, non ?

« Oui. J’ai pris beaucoup de plaisir à les côtoyer. C’étaient de bons gars qui travaillaient bien. Ils jouaient dur et comme il faut. Chris et Vlade étaient vraiment des joueurs à part. »

Jason Williams est-il le joueur le plus spectaculaire avec lequel vous avez joué ?

« Il était très divertissant, ça c’est clair. Il pouvait faire des trucs incroyables avec la balle. Il fallait toujours être prêt à recevoir le ballon avec lui quand tu traversais le terrain. Car il pouvait te sortir des passes de nulle part dans la foule. Ça pouvait venir de partout : derrière son dos, entre les jambes de l’adversaire. Il arrivait toujours à ses fins. »

Et vous avez fini votre carrière du côté de Toronto, avec Vince Carter…

« Je n’ai pas fini la saison avec eux car j’ai été échangé. Mais c’était aussi un bon groupe. Il y avait Charles Oakley, Dell Curry, Mugsy Bogues, Antonio Davis. Il y avait beaucoup de bons vétérans et Vince était un joueur exceptionnel. Ils ont eu du succès. Et je suis content d’avoir pu partager un peu de temps avec eux. »

A quel moment avez-vous ressenti qu’il était temps pour vous de raccrocher ?

« [rires] Je considère vraiment que j’ai eu de la chance de pouvoir jouer jusqu’à 38 ans. Pendant 16 saisons. A un moment, tu commences à avoir mal un peu partout. Le matin, quand tu te réveilles, tu regardes le sol et il te faut un petit moment pour mettre ton corps en éveil, que tout se mette à fonctionner correctement, que tes pieds craquent. Et puis, tu vois des rebonds qui te semblaient faciles auparavant mais que tu ne peux plus attraper même si tu sautes dessus. C’est à ce moment-là que tu te dis qu’il est peut-être temps d’y aller [rires]. »

Seize saisons, c’est assez rare en fait. Pensiez-vous à vos débuts durer si longtemps dans la ligue ?

« Non, pas du tout. J’ai travaillé dur et j’ai eu la chance de ne pas connaître de grosse blessure. J’appréciais tellement la compétition, de jouer chaque soir. »

Quel est votre meilleur souvenir ? 

« Il y a en tellement. Mais vraiment, c’est la compétition. La chance de gagner chaque soir. Se préparer pour jouer contre les meilleurs joueurs. Même si parfois tu admires un gars pour ce qu’il peut réaliser sur un terrain, il faut mettre tout ça de côté car tu dois l’affronter et tu dois essayer de le tenir chaque soir. La compétition mais aussi la camaraderie. »

Si vous deviez choisir une équipe parmi toutes celles que vous avez connues ? 

« C’est aussi très difficile à dire. [Utah ou Phoenix non ?] Mouais… Atlanta était super, Phoenix était super. L’équipe des Suns, quand on a réussi toutes ces transformations avec la saison à 55 victoires et la finale de conférence, c’est vraiment un souvenir spécial. Mais Utah aussi était très bien avec deux finales [de conférence] aussi, et jouer avec deux Hall of Famers. »

Si vous deviez faire une Dream Team de vos coéquipiers ?

« Oh mon Dieu [rires]… C’est trop compliqué ! [Malone et Stockton déjà, non ?] Oui, mais j’ai eu aussi Chris Webber et Vlade Divac. Et Mookie Blaylock. Steve Smith. Vince Carter. Ça fait beaucoup de gars. Il me faudrait un peu de temps de réflexion pour vous répondre à vrai dire. »

Propos recueillis à Portland

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