Analyse News

Jeunesse contre Expérience : l’éternelle opposition entre Thunder et Spurs

thunder-spursDeux chiffres : 27 et 31. Ce sont les moyennes d’âge du Thunder et des Spurs dans cette demi-finale passionnante de la conférence Ouest. La différence est minime a priori, mais elle pourrait bien faire la pencher la balance dans cette série très indécise à l’orée du match 5, cette nuit dans le Sud Texas. 

Les jeunes du Thunder contre la vieille garde texane

En fait, le débat entre les « jeunes Thunder » et les « vieux Spurs » ne date pas d’aujourd’hui. Déjà en 2012, les deux équipes s’étaient affrontées. À l’époque, le physique de la troupe de Durant, Westbrook et Harden avait permis à Oklahoma City de se défaire des Spurs. Rapidement mené 2-0 dans la série, le Thunder avait ensuite « sweepé » les Spurs en gagnant quatre fois d’affilée, avec ses quatre meilleurs scoreurs sous les 23 ans, et Durant à plus de 29 points, 7 rebonds et 5 passes par match.

En 2014 également, la série avait été particulièrement tendue avec une égalité au bout des quatre premières manches. Mais cette fois, c’est le Thunder qui avait craqué. Kevin Durant en retrait derrière Russell Westbrook, et un Serge Ibaka diminué, permettront aux Spurs de se venger. San Antonio est alors mené par Duncan (18 points, 10 rebonds) et Ginobili (15 points, 4 passes), respectivement à 37 et 36 printemps.

kevin-durant-danny-green

Ce qui nous amène à la confrontation de cette année. Avec le même Timmy à 40 balais et Ginobili à 38 bien tassés. Cette saison, six des neuf meilleurs scoreurs de San Antonio ont la trentaine, voire l’ont largement dépassé. Kawhi Leonard (24 ans), Danny Green (28 ans) et Patty Mills (27 ans) sont les plus jeunes membres de la rotation resserrée de Popovich durant ces playoffs.

Si le premier tour facile face à Memphis a permis aux Spurs de faire tourner leur effectif, le noyau dur pourrait bel et bien venir à s’essouffler face au Thunder. En fait, Duncan quasiment hors-jeu, et Ginobili en déclin logique, ce sont surtout Danny Green, Boris Diaw et David West qui sont attendus avec un meilleur rendement. Tony Parker a redressé la barre dernièrement mais les options manquent dans cette configuration.

Les playoffs de trop pour Tim Duncan

De même, on peut se demander si ce ne sont pas les playoffs de trop pour Tim Duncan. La légende des Spurs n’est plus que l’ombre de lui-même avec 4 points et 5 rebonds en 19 minutes de moyenne.

« On ne peut pas s’attendre à ce qu’un quadragénaire joue comme quand il avait 24 ans, » avance Gregg Popovich dans l’Oklahoman. « Il nous donne encore une base solide. C’est un leader exceptionnel. Il est passionné par le jeu et reste un des meilleurs coéquipiers que l’on peut imaginer. Il est intelligent et fait les choses fondamentales. Il est là où il faut sur le terrain. »

Défensivement, on ne peut effectivement pas reprocher grand-chose au grand silencieux des Iles Vierges. Mais de l’autre côté du terrain, l’ancien destroyer n’y arrive plus. Surtout pas face aux golgoths du Thunder : Ibaka, Adams et Kanter. Le Kiwi du Thunder a ainsi appris de ses déboires de 2014 pour revenir plus fort… en ignorant royalement ce que Duncan peut lui dire pour essayer de l’amadouer !

En quatre matchs face à OKC, Tim Duncan a disputé seulement 75 minutes, pour 12 points (6/19 aux tirs) et 15 rebonds au total. En face, Steven Adams tourne à 10 points et 12 rebonds de moyenne et a placé 16 points et 11 rebonds, rien que dans le dernier match.

« Il ne va certes pas scorer comme il avait l’habitude de le faire. Mais pour tout le reste, il essaie de faire aussi bien que possible. Il est encore très efficace et important dans notre succès. »

Jeu rapide contre jeu posé

Néanmoins, la pression sera sur les épaules des Spurs cette nuit. Si la double présence de Kawhi Leonard et de LaMarcus Aldridge est tout de même deux belles garanties pour un match de ce niveau, San Antonio devra impérativement imposer son style de jeu pour espérer l’emporter face au physique supérieur du Thunder.

kawhi-leonard-dion-waiters

En gros, il s’agit d’une bataille entre le jeu rapide d’OKC et le jeu posé de San Antonio. La férocité d’un Russell Westbrook et l’intelligence de jeu de Tony Parker, si l’on réduit la focale sur les meneurs par exemple.

« On ne privilégie jamais le jeu de transition de toutes manières, » prévient Boris Diaw. « On ne veut pas courir dans tous les sens. On veut au contraire jouer sur des petits scores. C’est ce sur quoi on doit s’améliorer, ralentir le jeu, ne pas leur laisser autant de points sur jeu rapide. »

Cela passe de manière primordiale par une bonne gestion du ballon, peu de balles rendues à l’adversaire, et une pression contrôlée sur le rebond offensif. Le repli sera dès lors un aspect sur lequel le staff des Spurs ne manquera certainement pas d’insister. Les Westbrook, Waiters, Durant voire Payne continueront quant à eux de pousser la gonfle à chaque occasion.

Car, de leur côté, les joueurs du Thunder peuvent compter sur une assise défensive de plus en plus solide à l’intérieur. Après ses deux matchs tout feu tout flamme, Aldridge a baissé de pied offensivement (22 points contre 35) et c’est dû en grande partie à la montée en puissance d’Adams, voire d’Ibaka et Kanter également.

« [Steven] me parle tout le temps en défense, » précise Kanter pour l’Oklahoman. « C’est un quarterback. Il parle à tout le monde sur les phases défensives et il fait du super boulot. »

Les jeunes joueurs d’Oklahoma City apprennent encore au fur et à mesure des matchs. Pendant ce temps, les Spurs ne peuvent qu’espérer que le plan qu’ils échafaudent pour cette fin de série leur donnera un coup d’avance sur le Thunder. Avec des rencontres qui vont s’enchaîner avec de moins en moins de récupération, il le faudra…

La série de 2012 (remportée 4-2 par Oklahoma City)

La série de 2014 (remportée 4-2 par San Antonio)

La série de 2016, actuellement à 2-2

Basket USA

à lire aussi

Commentaires Forum (et HS)  |  +  |  Règles et contenus illicites  |  0 commentaire Afficher les commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *