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[Portrait] John Starks, stars and stripes

L’Amérique raffole des success story où un p’tit gars parti de rien devient une icône nationale en venant à bout d’un destin contraire. C’est exactement l’histoire de John Starks (né le 10 août 1965). Le shooting guard emblématique des Knicks dut s’arracher pour gagner sa place en NBA. Il fut le symbole, l’âme et le cœur du New York défensif des années 90, à l’instar d’un Patrick Ewing ou d’un Charles Oakley.

Ne jamais abandonner. Quoi qu’il arrive. Des obstacles, des portes qui se ferment, l’objectif qui s’éloigne… Nous avons tous connu cela dans notre vie.

« Je savais que j’avais tout ce qu’il fallait pour réussir en NBA », confie John Levell Starks.

Très bien. Mais il fut un temps où il devait être le seul à le penser. Si Starks est, en cette année 1993, le deuxième meilleur marqueur des Knicks (17.5 pts), son parcours ne fut pas classique et la voie empruntée n’eut rien de royale. L’histoire débute à Tulsa, Oklahoma. John a cinq frères et deux sœurs mais pas de père. Parti sans laisser d’adresse, comme souvent. Et comme d’habitude, la maman et la grand-mère s’occupent de tout, autant qu’elles peuvent. Les zigzags de la vie de John commencent.

« J’ai habité un peu partout à Tulsa. Dès qu’on ne pouvait plus payer le loyer, il fallait déménager. On a vite pris l’habitude de faire et de défaire les paquets… »

Confiant, décidé et persévérant, John découvre le basket sur les playgrounds de Tulsa. C’est son truc. Il est tellement bon qu’on ne lui donne même pas de surnom.

« Je n’en avais pas besoin. On parlait de John Starks, tout simplement. »

En première, il intègre la Tulsa Central High School. La saison suivante doit le propulser vers les meilleures universités. Oui, mais… Il n’y aura pas de saison suivante. Fini le basket au lycée. Chaque chose en son temps. Il faut bien manger.

« C’était une décision difficile à prendre. J’avais la possibilité de gagner 100 dollars par semaine en portant des bobines à papier dans une papeterie. J’ai choisi les bobines… »

Fin du lycée, donc. John attend les propositions de bourse des universités… qui ne viennent pas. Les recruteurs NCAA l’ont oublié pendant son année d’absence. Seule solution : un junior college. A l’automne, il se rend au Rogers State J.C. Manque de pot, toutes les bourses ont déjà été distribuées.

Retour à la papeterie. Retour sur les playgrounds de Tulsa. L’année suivante, John tente sa chance au Northern Oklahoma J.C. Carrière lancée ? Non ! Une erreur administrative le prive de sa bourse. Retour à la maison mais changement de décor. John emballe les légumes dans une épicerie, le Piggly Wiggly supermarket, et s’entraîne comme il peut. Finalement, en 1986, il se trouve une bourse à l’Oklahoma J.C. Enfin une vraie saison de basketteur. John assure. Il n’en faut pas plus pour convaincre Leonard Hamilton, le coach de l’université d’Oklahoma State (Division I).

« Nous avions besoin d’un leader, d’une forte personnalité. John a été parfait. Il avait le désir et la détermination nécessaires pour réussir. »

Un joueur sauvage et indiscipliné

Avec 15.4 points, 4.7 rebonds et 4.6 passes par match, Starks fait parler de lui dans la Big Eight Conference, pour sa seule saison – âge oblige – en NCAA. Pas suffisant pour être retenu lors de la draft 1988. Il est néanmoins invité à participer à un camp d’été à San Antonio. Là, les coaches de la Ligue découvrent un talent certain mais un joueur « sauvage » et indiscipliné. John manque de fondamentaux collectifs et ne maîtrise pas toujours ses qualités athlétiques. Don Nelson, tout de même intrigué, l’emmène à Golden State. Starks y arrache son premier contrat professionnel le 1er octobre 1988.

Doublure de Mitch Richmond, il ne jouera qu’au compte-gouttes. Il est coupé le 16 juin 1989 après avoir disputé 36 matches, playoffs exclus. Dans les jours qui suivent, Sarunas Marciulionis et Tim Hardaway rejoignent les Warriors. Place au doute ? Sûrement pas ! On enchaîne, direction la CBA.

Ses 22 points de moyenne (21.7 exactement, plus 5.5 pds et 5.3 rbds) avec les Cedar Rapids Silver Bullets le rassurent. Pour rester en forme, il signe aux Memphis Rockers, en WBL (World Basketball League, une ligue réservée aux joueurs de moins de 1,95 m), et effectue même une tournée en France avec les WBL All-Stars. A son retour sur le sol américain, les Knicks lui proposent de faire un essai. Pour plusieurs scouts de la NBA, John fait déjà partie du passé. Son itinéraire chaotique et son pseudo-échec à Golden State ne plaident pas en sa faveur. Dernière chance ? Starks ne voit pas la chose ainsi.

« J’étais tout à fait confiant en venant ici. J’étais persuadé de pouvoir impressionner une autre équipe si je ne gagnais pas ma place chez les Knicks. Mais comme Patrick Ewing m’a cassé le genou, je suis resté… »

Lors du dernier entraînement avant la sélection finale, l’avenir de John à New York semble compromis. Il s’est bien débrouillé durant le camp mais avec Mark Jackson, Gerald Wilkins – le frère de Dominique -, Trent Tucker, Maurice Cheeks et Greg Grant, les Knicks ont leur quota d’arrières.

« Je me suis dit que pour intégrer l’équipe, je devais réaliser une action spectaculaire. »

Smasher sur Pat Ewing, par exemple. 1,95 m et 86 kg contre 2,14 m et 115 kg… Starks a prouvé maintes et maintes fois qu’il pouvait le faire mais là… « The Beast » contre violemment John et l’expédie au tapis.

Aïe ! Le genou vrille. Mais ce n’est pas trop grave. Et ça tombe bien : les Knicks doivent le garder dans l’effectif jusqu’à sa guérison. C’est le règlement. Deux mois plus tard, Tucker se blesse au moment où Starks peut rejouer. Longtemps, il expliquera qu’il doit sa place, indirectement, au grand Pat. Dix ans plus tard, l’évocation de la scène arrachait encore un sourire au pivot new-yorkais.

« Je me souviens parfaitement de l’action dans sa totalité. J’avais bloqué John, ouais… »

Ewing et Starks deviendront les meilleurs amis du monde. Leurs familles passeront beaucoup de temps ensemble. Leurs fils, Patrick Jr et John Jr, joueront au basket sous les mêmes couleurs. Starks est tout simplement « le coéquipier préféré » de Pat. Précisons que « John-T » eut trois enfants avec sa femme Jackie (John Jr, Chelsea et Tiara).

Il assomme Pippen et fracture le poignet d’Anderson

A chaque fois qu’on fait appel à lui, le petit lutin effronté fait preuve d’une confiance à toute épreuve et impressionne.

« C’était son troisième match. On a eu des lancers francs à tirer pour une faute technique. John est allé se placer pour shooter, sans rien demander à personne. Sur le terrain, il y avait Kiki Vandeweghe et d’autres très bons tireurs. Il fallait avoir des couilles pour faire ça », se souvient Paul Silas, assistant coach à l’époque.

John s’installe donc à New York. Pat Riley arrive durant l’intersaison 1991. Starks sait bien qu’il faut plus d’une facette pour convaincre le coach gominé. Il passe l’été à travailler le shoot à distance et le maniement de balle. Ça paie. Pat Riley fait de lui le shooteur extérieur patenté de l’équipe.

Pour un bon moment. Avec son allure fière et aérienne, le petit dur fait mal à l’adversaire, en attaque comme en défense. Trop, parfois, comme quand il assomme littéralement Scottie Pippen pendant les playoffs 1992 ou comme quand il fracture le poignet de Kenny Anderson, le meneur des Nets.

« Je ne cherche pas à détruire mais je joue à fond. Parfois, il y a de la casse », s’excuse-t-il.

Ne comptez pas sur un changement d’attitude. Après un tel parcours, John ne risque pas de se poser de questions. Ou alors celle-ci :

« Qui a parlé d’impossible ? »

Tonique et explosif, le n°3 new-yorkais possède ce petit grain de folie qui permet de partir à l’assaut des plus hautes montagnes (il participera d’ailleurs au Slam Dunk Contest en 1992). Il sait également se montrer très collant en défense. Starks trouve parfaitement sa place dans cette équipe rugueuse et physique à souhait, avec des déménageurs durs au mal comme le regretté Anthony Mason et Charles Oakley.

Peut-être plus encore qu’un Patrick Ewing, John symbolisera le New York ultra-défensif, âpre, bagarreur des années 90. Le Madison Square Garden adopte rapidement ce basketteur généreux, combatif, hargneux qui joue avec de l’intensité, de l’énergie, du cœur et des tripes. Un bonhomme à l’image de la ville, en somme, en dépit de cet accent de l’Oklahoma assez prononcé. Starks trouve souvent sur sa route des basketteurs plus doués que lui mais il refuse de s’avouer vaincu. Il faut lui passer sur le corps.

Les séries Chicago-New York tournent parfois – et même souvent – au combat de rue. Trois ans de suite, les Bulls imposent leur force tranquille (sweep au premier tour en 1991, 4-3 dans la demi-finale de Conférence 1992, 4-2 dans la finale de Conférence 1993).

Les Américains ont l’habitude de donner un nom aux actions d’anthologie. Cette finale de Conf’ 1993 voit Starks accéder à la postérité avec un mouvement qu’on se remémorera sous le nom « The Dunk ». John est serré de près par B.J. Armstrong sur le côté droit du terrain. Ewing vient poser un écran et fait trébucher Armstrong. Starks drive ligne de fond et va dunker main gauche sur la tête d’Horace Grant, alors que Michael Jordan apporte une aide tardive. Coup d’éclat sans lendemain. Les Knicks ne battront jamais le Chicago version M.J. Pourtant, Starks fut un chien de garde redoutable pour le n°23.

2/18 dans le Game 7 des Finales 1994…

Que se passe-t-il durant le premier congé de Sa Majesté ? « Big Apple » trace sa route jusqu’aux Finales NBA. 1-1 dans la série contre Houston. Dernières secondes du Game 3. Hakeem Olajuwon fait faute sur Starks qui loupe un tir primé.

A l’époque, la Ligue n’accorde que deux lancers francs pour une infraction sur un shoot à 3 points (la règle changera l’année suivante). Starks fait 2/2 mais les Rockets s’imposent 93-89 au Madison. Menés 2-1, les Knicks sont en mauvaise posture. Mais un événement un peu particulier vient regonfler le moral des troupes. Après 54 ans d’attente en hockey sur glace, les New York Rangers remportent la Stanley Cup en dominant Vancouver 4-3. La gagne est contagieuse. Les Knicks battent Houston deux fois de suite. Retour dans le Texas avec un avantage de 3-2. 86-84 pour les Rockets dans le Game 6.

A la dernière seconde, Starks prend un tir derrière l’arc. Le shoot du titre NBA. New York attend cela depuis 1973. Manqué : Olajuwon est encore là pour contrer…

Le 22 juin 1994, dans le Game 7, John connaît l’une des pires soirées de son existence avec un 2/18 aux tirs (0/11 à 3 pts, 50 tirs primés tentés sur l’ensemble de la série) et 0/10 dans le quatrième quart-temps… Houston est couronné avec une ultime victoire 90-84. Starks passe une heure dans la douche à pleurer.

Il ruminera longtemps cette faillite aux tirs. D’autant plus incompréhensible qu’il devient la saison suivante le premier joueur de l’histoire à réussir 200 tirs à 3 points sur une saison (217)… La marque sera ensuite battue par des dizaines de joueurs dont Dennis Scott (267 en 1996), Ray Allen (269 en 2006) et bien sûr Stephen Curry (402 !). John restera quant à lui comme le meilleur shooteur longue distance de Gotham (982).

Le départ de Pat Riley pour Miami en 1995 au lendemain d’un couac contre Indiana en demi-finales de Conférence (3-4), avec les fameux 8 points de Reggie Miller en 9 secondes, plombe l’ambiance du vestiaire new-yorkais. Starks accueille avec méfiance une vieille connaissance : Don Nelson… « Nellie » présente une note correcte en saison régulière (34-25) mais ses relations avec le groupe et le GM, Dave Checketts, sont tendues.

Adepte d’un basket up-tempo, il veut changer le style d’une équipe qui a bâti son succès dans les tranchées. Et il parle de trader Patrick Ewing pour pouvoir faire une grosse offre au futur free-agent Shaquille O’Neal… En mars 1996, Nelson est limogé et remplacé par son assistant, Jeff Van Gundy. Un Van Gundy qui prit l’habitude, dès la deuxième saison de Starks dans la Ligue, d’aller rendre visite à l’intéressé durant l’été pour lui faire bosser ses points faibles à l’Oral Robert University. Pas de miracles contre Chicago en demi-finales de Conférence Est (1-4).

Il prend Allan Houston sous son aile

Avec l’arrivée de l’arrière shooteur Allan Houston, engagé comme free-agent pour 56 millions de dollars, Starks sort du cinq majeur mais il a la meilleure réaction qui soit. Il ne considère pas Houston comme un rival qui vient picorer dans son assiette ou lui retirer son gagne-pain, il veille sur son protégé et continue d’apporter une solide contribution en tant que remplaçant.

« Mon père m’a toujours dit que la première impression était la bonne », raconte Allan Houston. « Je me souviens très bien du jour de mon arrivée. John était un gars très tranquille, posé et responsable. Il se fichait de ce qu’on pensait de lui, de ce qu’on ignorait sur lui. Tout ce qui importait à ses yeux était le bien de l’équipe. Je n’ai jamais connu quelqu’un d’aussi dévoué à son club et décidé à tout entreprendre pour faire gagner son équipe. »

Avec 13.8 points, 2.7 rebonds, 2.8 passes et 1.2 interception sur 26.5 minutes en 1997, Starks est désigné meilleur sixième homme de la Ligue. En playoffs, New York cale deux fois en demi-finales de Conférence contre ses nouveaux bourreaux, Miami (1997) et Indiana (4-1 en 1998). Contre le Heat, la série tourne au pugilat à 3-1 pour les Knicks. Quatre New-Yorkais, dont Starks, sont suspendus suite à la bagarre qui éclate dans le Game 5. Ils perdent cette demi-finale 4-3… Un an plus tard, John se trouve une nouvelle tête de Turc : Reggie Miller. Sur le parquet, il n’a jamais caché ses émotions. Il est en transe.

Dans un état second. Son jeu déborde d’agressivité. Quand le match prend une mauvaise tournure, ça dérape facilement. En 1996, un supporter des Pacers disjoncte derrière le banc new-yorkais à la vue de ce joueur littéralement possédé par le jeu comme Regan, la petite fille de « L’exorciste », est possédé par le démon Pazuzu.

Le 21 janvier 1999, au sortir du lock-out, les Knicks envoient Starks, Terry Cummings et Chris Mills à Golden State pour obtenir l’étrangleur Latrell Sprewell. Spike Lee troque le maillot n°3 de John contre le 8 porté par l’égorgeur de la Baie. Pour Starks, autrefois remercié par les Warriors, c’est le retour à la case départ. Back to the roots. Il termine meilleur marqueur de l’équipe devant Donyell Marshall avec… 13.8 points.

« Je croise souvent des fans des Knicks qui me disent : « On aimerait que tu sois encore là… » C’est frustrant de vivre une situation d’échec à Golden State après avoir passé des années dans une équipe victorieuse. Mais ce que j’ai appris du basket et de la vie en général, c’est qu’il faut toujours continuer à se battre. »

En février 2000, un échange à trois l’envoie chez l’ennemi juré d’hier, Chicago. Toni Kukoc rejoint les Sixers, Larry Hughes file sur la Côte Ouest. Starks, 34 ans, dispute 4 matches pour les Bulls. Free-agent l’été suivant, il prend la direction de Salt Lake City. En l’espace de deux ans, il portera 141 fois le maillot du Jazz avec une contribution limitée. En 2002, l’icône new-yorkaise d’hier n’a plus de contrat.

Son téléphone ne sonne pas. Il décide de raccrocher ses baskets et occupe son temps en commentant les matches des Knicks à domicile pour la chaîne de télé du Madison. Il coacha également une équipe de slamball, une équipe de ligue USBL et fit paraître son autobiographie en 2004 (« John Starks, my life »).

Un joueur à l’image de New York

All-Star à Minneapolis en 1994 (9 pts, 3 rbds, 3 pds en 20 mn), le natif de Tulsa fut retenu dans la All-Defensive Second team en 1993. Jeff Van Gundy résume ainsi ses années new-yorkaises :

« New York est aussi la ville où John a beaucoup appris de la vie. Les premières années, il était apparu un peu plus bourru et gauche, moins à l’aise en société. En mûrissant, il a appris à mieux s’exprimer, à devenir sociable. Et puis c’est l’un de ces gars qui se préoccupent réellement des enfants. Durant son séjour à Big Apple, il a parfaitement compris les fans de New York. C’est l’un de ceux qui ont bien appréhendé leur mentalité. Il n’a jamais eu un don particulier mais il possédait un cœur énorme. Ceux qui résument sa carrière à ce 2/18 sont malhonnêtes. Ce qu’ils oublient, c’est que John avait dû être opéré du genou à quatre semaines de la fin de la saison régulière. Il fut de retour à temps pour la première série de playoffs. Son envie et sa résistance à la douleur n’avaient pas de limites. »

Le jour de son transfert à Golden State, John Starks fit parvenir une lettre ouverte à tous les quotidiens de New York pour remercier les supporters de leur soutien indéfectible.

« Beaucoup de joueurs dans cette Ligue ont eu des fans partout où ils se déplaçaient dès leur passage au lycée ou à la fac. Moi, je n’ai jamais connu ça. Le jour où j’ai débarqué en NBA, j’étais simplement heureux que quelqu’un me soutienne. Les gens qui viennent au Madison bossent dur au quotidien. C’est un public difficile mais connaisseur. Ils connaissent aussi la valeur de l’argent et le prix de l’effort. Ils mettent leurs économies dans l’achat d’un billet, ils ont le droit d’exprimer ce qu’ils ressentent. Même quand j’ai été hué, je n’ai jamais pris cela comme une attaque personnelle. »

Stats

13 ans

866 matches (420 fois starter)

12.5 pts, 2.5 rbds, 3.6 pds, 1.1 int, 0.1 ct

41.2% aux tirs, 34% à 3 points, 76.9% aux lancers francs

Palmarès

All-Star : 1994

Meilleur sixième homme : 1997

NBA All-Defensive Second team : 1993

Highlights en carrière

 

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