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Vince Carter a 40 ans : retour sur les origines d’un dieu du dunk

Vince CarterContrairement à d’autres vétérans, Vince Carter (40 ans ce 26 janvier) n’est pas obsédé par la quête d’une bague. Son bonheur, c’est simplement de jouer, et c’est à Memphis qu’il s’y attelle depuis trois ans. Ce n’est pas chez lui puisque les racines de l’un des meilleurs dunkeurs de l’histoire sont à trouver en Floride centrale. Elles y sont bien profondes.

Retour aux sources sur le speedway avec le kid de Daytona Beach. « Vinsanity » comme vous ne l’avez jamais vu, 17 ans après la victoire dans le Slam Dunk Contest d’Oakland qui en fit un dieu du dunk.

Lorsqu’il évoluait au Magic, Vince Carter se reposait dans son manoir d’Isleworth, en regardant fixement, depuis son balcon, le clair de lune qui inonde la Floride. L’arrière-ailier des Grizzlies vivait seul dans l’une des communautés les plus fermées d’Orlando. Et il aimait ça. La tête levée vers les étoiles qu’il a atteintes en tant que basketteur, l’homme savoure. Pour la première fois de sa carrière, il avait l’impression d’être vraiment chez lui, dans cette maison bâtie il y a 15 ans. « Home sweet home », comme disent les purs Ricains.

« Dehors, sur ce balcon, je prends conscience du fait que je suis en Floride, chez moi », expliquait un Vince Carter contemplatif.

En 19 ans de circuit NBA, Vince s’est souvent éloigné géographiquement de ses roots, exilé dans le grand Nord, tour à tour « Air Canada » et « Vinsanity ». Son rêve, esquissé lors de ses premiers pas de basketteur à Daytona Beach, ville mondialement connue pour ses courses automobiles, était devenu réalité quand le champion olympique de Sydney, huit fois All-Star, avait posé ses sneakers dans le paddock de l’Amway Arena. L’histoire en prit acte contre les Philadelphia 76ers, en ouverture de la saison 2009/10. Un jour très spécial pour Vince Carter, recruté par le Magic dans un blockbuster trade un zest surprenant impliquant New Jersey. Les Nets cherchaient à reconstruire quand Orlando voulait s’offrir la pièce manquante pour retourner en Finales NBA. Et gagner le titre, cette fois. Pourquoi, dès lors, ne pas enrôler le régional de l’étape ?

« Le gars du coin (ndlr : « the local kid » plus exactement) est de retour à la maison », annonçait fièrement Vince en présentant sa nouvelle tenue étoilée. Welcome back.

Un couple qui ne s’est jamais vraiment séparé

carter-1Natif de Daytona Beach où il vint au monde le 26 janvier 1977 (la scène se passa au Halifax Hospital), Vincent Lamar Carter s’est ouvert la route de la célébrité à la Mainland High School, en conduisant les Buccaneers au titre de l’Etat en 1995 (photo ci-contre). Cette année-là, il décroche à la fois son diplôme, le titre de « Joueur de l’année de Floride » et une sélection dans le Team USA Juniors. Bel exemple.

Vince part ensuite pour la fac de North Carolina. En évoluant sous les ordres du légendaire Dean Smith, il brise le cœur de ses fans floridiens. Le « Tar Heel » sera deux fois consécutivement meilleur scoreur de l’université. Il décroche en 1998 l’award de meilleur défenseur et s’offre le meilleur pourcentage de réussite aux tirs. Deux petits Final Four (en 1997 et 98) plus tard, le voici superstar NBA chez les Toronto Raptors. Un séjour chez les Nets entamé en décembre 2004 ne lui fera jamais totalement oublier ses racines, bien implantées en Floride centrale. Il crée des camps pour les kids à travers sa fondation, The Embassy of Hope, dont le slogan (« Believing in your dreams ») illustre son approche personnelle du succès. Le gymnase de Mainland sera rebaptisé « Vince Carter Athletic Center » (voir photo ci-dessous) en remerciement des 2,5 millions de dollars de donation offerts par le joueur en 2002.

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Cinq ans plus tard, une statue de Carter le représentant en costume, avec un ballon de basket, est dévoilée devant l’école. Cette même année 2007, Vince et sa maman offrent 1,6 million de dollars à la Stewart Marchman Foundation pour aider à construire le Vince Carter Sanctuary, un centre de réhabilitation pour drogués et alcooliques à Bunnell (photo ci-dessous).

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Le n°15 s’est toujours senti proche du Magic et plus largement d’Orlando. Même si l’intéressé n’y restera qu’une saison et demie, Carter et la Floride, c’est comme un couple qui ne se serait jamais vraiment séparé.

Adolescent, « Vinsanity » assistait à quelques matches du Magic. L’été, il jouait des pick-up games à Orlando contre des éléments de l’équipe phare comme Nick Anderson et Bo Outlaw. Nick et Bo venaient eux-mêmes à Mainland High pour voir jouer Carter qui attirait déjà la grande foule avec ses acrobaties.

« Jouer à Orlando est ce dont Vince a toujours rêvé », explique Charles Brinkerhoff, son ancien coach de highschool devenu un ami proche.

carter-mamanBrinkerhoff fait partie des quelques personnes qui ont aidé à façonner le personnage Carter. Comme sa mère, Michelle Carter-Scott, une ancienne enseignante qui insistait prioritairement sur la religion (la petite famille allait à l’église le dimanche), le travail scolaire, les activités extra-scolaires et le sport, dans cet ordre. Le petit Vince avait l’habitude de dribbler avec son ballon en suivant sa maman au centre commercial. En grandissant, il excella dans plusieurs disciplines. Ce fut une star en volley-ball (il était capitaine de son équipe). Avec plus d’un mètre de détente sèche, le filet n’était évidemment pas un obstacle. Il joua également quarterback en foot américain, emmenant son équipe de Pop Warner à un titre national en 1987 (il avait 10 ans tout ronds). Sur la photo ci-dessous, il est au 4e rang, au centre, avec le n°34.

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Victoire finale sur une team de Chapel Hill. C’est précisément là qu’il rejoindra, plus tard, l’université de North Carolina. Il y sera comparé à un autre « Tar Heel » passé à la postérité, Michael Jordan himself. Son maillot n°15 a été retiré.

Carter joue du saxophone dans un jazz band

Sa plus belle réussite reste toutefois d’avoir décroché son diplôme d’études afro-américaines quelques années plus tard, en mai 2001. Carter explique qu’il a acquis l’esprit de compétition dans des duels acharnés avec son meilleur ami, Joe Giddens, qui était aussi son partenaire en highschool. Giddens est aujourd’hui coach à la Spruce Creek High School. Ensemble, ils ont aidé Mainland à remporter le titre de l’Etat en 1995.

« On jouait partout et on se mettait en compétition pour n’importe quoi », raconte Joe. « Ça continue toujours d’ailleurs… Aujourd’hui, c’est au bowling. En grandissant et en intégrant des classes d’ados, Vince est devenu très différent. Il avait même un comportement étrange. Il était tellement déterminé ! »

carter-musiqueSes parents ont une grosse influence sur lui, de même que son frère Chris. Tous l’encouragent à élargir sa palette pour s’ouvrir d’autres horizons. « VC » joue du saxophone dans un jazz band de Mainland. Il est également tambour major dans une fanfare, portant une cape et chorégraphiant ses propres mouvements de danse. C’est même lui qui écrivait la musique !

« Aujourd’hui, les jeunes trouveraient ringard de faire partie d’une marching band mais moi, j’aimais ça », sourit Carter.

Son beau-père, Harry Robinson (sa mère divorça d’Edgar Scott), était chef de la fanfare de l’école et membre de la fameuse « Marching 100 ». Vince ne bénéficiait pas pour autant de faveurs spéciales.

« Je n’avais pas le droit de faire une fausse note. Il m’a fallu du temps avant de me retrouver devant le groupe… »

Il ne fallut pas beaucoup de temps en revanche à Charles Brinkerhoff, alors coach de Mainland, pour apprécier les qualités balle en main de Carter durant son année sophomore.

« Je n’ai jamais été un grand joueur et je n’étais pas un juge de grand talent, explique-t-il. Mais j’étais un excellent professeur et je savais reconnaître un bon étudiant quand j’en voyais un. On pouvait voir que Vince connaissait le jeu, affirme Brinkerhoff. Sa ligne de stats était équilibrée match après match. Points, rebonds, assists, steals, il y avait de tout… Il n’y avait pas d’autres feuilles de stats comme la sienne. J’ai vu beaucoup de talents bruts. Lui a eu une poussée de croissance subite, toute en jambes et en sourires… Malgré tout, ce n’était pas le genre à dire qu’il allait plier le match seul. »

Brinkerhoff pense que le tournant de sa carrière a eu lieu à son retour du Five Star Basketball Camp, réservé aux meilleurs joueurs du pays.

« Vince avait été nommé co-MVP. Il était déchaîné. L’autre MVP était tellement costaud qu’il prit conscience de son potentiel. L’autre MVP, c’était Stephon Marbury. Carter réalisa combien il était fort et il se donna un but : jouer en NBA. »

Vivant avec une mère enseignante, Carter sait qu’il faut aussi être bon à l’école.

« Pas de bonnes notes, pas de basket », avait pour habitude de répéter sa mère Michelle. « J’avais l’habitude de lui dire : « Je vais te virer de cette équipe si tes notes ne sont pas bonnes »… »

Vince le savait. Ses coaches aussi. Michelle n’appliqua cette règle qu’une seule fois. Carter avait oublié de réaliser un exposé sur un poète danois pour son cours d’anglais, en 3e année à Mainland. Quand Michelle l’apprit, elle le força à rédiger son devoir un samedi, jour de match, même si le délai était passé.

« Demandez donc à Vince qui est Hans Christian Andersen, rigole-t-elle. Je parie qu’il fera un mouvement de recul quand vous citerez ce nom… »

« En dehors des parquets, il redevient Clark Kent »

Tous ceux qui le connaissent bien disent que Vince n’est pas du style flambeur en dehors du terrain, contrairement à ce que pourraient laisser penser ses dunks d’extraterrestre (remember le Slam Dunk Contest 2000 ou la célèbre partie de saute-mouton avec Fred Weis lors des J.O. de Sydney). Les highlights intersidéraux dont il a été le héros seraient eux aussi trompeurs.

« En dehors des parquets, Vince redevient Clark Kent », assure sa business manager de mère en faisant référence à l’homme qui se cache sous la tunique de Superman. « Il est assez timide. Pas d’histoires, pas de tapage, pas de drames. Oui, Vince peut hérisser ses plumes comme un oiseau, comme on dit, mais au fond, il ne demande qu’à vivre paisiblement. »

Ann Smith, sa prof d’anglais à la Campbell Junior High (sa première école), à Daytona Beach, n’a pas oublié Vince. A l’époque, il était en train de se faire un nom dans le basket. Sur le terrain, il était hyper expressif. Face à une feuille blanche en revanche, il se faisait tout petit et écrivait en pattes de mouche.

« Mon mari allait souvent le voir jouer et me parlait de cette électricité qu’il dégageait. Une fois en classe, il écrivait de manière minuscule. Il fallait des lunettes spéciales pour le relire ! Je me suis appliquée pour l’aider à faire des lettres plus grandes. »

Aujourd’hui, Doctor Carter doit écrire souvent. Ses autographes sont amples. Mais Mister Vince porte souvent une casquette en public pour dissimuler sa véritable identité.

« C’est mon bouclier, dit-il. Si je sors avec des copains, je m’installe toujours dans un coin. Certains prennent cela pour de l’arrogance. La plupart du temps, vous ne saurez même pas que je suis là. J’ai toujours été un gars discret et solitaire. »

Un « gars discret et solitaire » qui prouve qu’on peut encore avoir sa place en NBA à 40 ans. Pas forcément au bout du banc pour aller chercher une bague, mais simplement pour prolonger ce plaisir de jouer né en Floride il y a trois décennies.

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