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Histoire News

Charles Barkley : « Sir » mais jamais roi

Charles BarkleyMeilleur scoreur de la « Dream Team » en 1992 à Barcelone, Charles Barkley reste l’une des figures majeures de l’âge d’or de la NBA.

Près de quinze ans après avoir mis un terme à sa carrière chez les Rockets, « Sir Charles » fait toujours parler de lui. Sur les plateaux de la chaîne TNT, où il officie comme consultant, mais aussi en dehors…

Charles Wade Barkley s’est calmé. Enfin, presque… Ses dernières frasques remontent au 31 décembre 2008, à proximité de Phoenix. Interpellé pour conduite en état d’ivresse, il expliqua qu’il avait grillé un stop, pressé qu’il était de recevoir une fellation de sa passagère… Barkley a écopé de dix jours de prison (finalement ramenés à trois) et d’une amende de 2 000 $. Le « dreamteamer » de Barcelone a présenté des excuses publiques puis repris ses activités de consultant sur la chaîne TNT le 19 février 2009.

Une vraie grande gueule

A 50 ans, le bonhomme n’a pas changé. Joueur fantasque et grande gueule du temps de sa splendeur, celui que l’on surnommait « Round mound of rebound » demeure une bête de scène, un animal médiatique. « Sir Charles » a pris quelques pounds, évidemment, mais son caractère jovial, son franc-parler et ses analyses techniques sans concession lui valent toujours une cote très élevée dans le paysage audiovisuel américain. Bien sûr, l’ennemi juré de la langue de bois a gagné quelques inimitiés. Allen Iverson fut sa tête de Turc préférée. Barkley adore le jeu de LeBron James mais n’appréciait pas sa mentalité. Idem aujourd’hui avec Dwight Howard aux Lakers…

Seize ans de carrière et un titre de MVP obtenu chez les Suns en 1993, entre autres, ont permis à « Sir Charles » d’intégrer le Hall of fame en 2006. Quand on demande à Bill Walton de résumer le personnage Barkley, il a ces mots :

« Charles était comme Magic (Johnson) et Larry (Bird). Des joueurs multidimensionnels, de vrais all around players. Personne n’était capable de faire ce que faisait Barkley. Il était dominant aux rebonds, dominant en défense, capable de tirer à 3 points, il savait dribbler… C’était un vrai playmaker dans le corps d’un ailier. »

Un petit ailier-fort monté sur ressorts

Formé chez lui, à Auburn, en Alabama, Barkley n’était pas un géant. Annoncé 6-6 (1,98 m), il était pour beaucoup plus proche de 6-4 (1,93 m). Ça ne l’a jamais dissuadé d’aller jouer des muscles en power forward. Lorsqu’il quitta la scène en 2000, il avait collectionné plus de 20 000 points, 10 000 rebonds et 4 000 passes décisives, ce qui lui permettait de rejoindre le duo Abdul-Jabbar/Chamberlain. Il sera bientôt suivi de Karl Malone avec des stats venues d’ailleurs.

Si Barkley a connu le must avec Phoenix, c’est à Philadelphie qu’il débuta, aux côtés de Julius Erving, alias « Dr. J », et Moses Malone. Barkley sortait de la draft 1984 (5e choix) comme un certain Michael Jordan qui lui fit souvent des misères par la suite. « Sir Charles » passe huit saisons à Philadelphie mais la meilleure reste la première. En 1985, les Sixers disputent une finale de Conférence contre Boston. Défaite en cinq matches. Après le retrait des vétérans Erving et Malone, Barkley va de déception en déception avec, très souvent, des éliminations au 1er tour des playoffs. Quelques pétages de plomb, une sale histoire avec une bagarre tragique à la sortie d’une boîte et Barkley est forcé de quitter la cité de l’amour fraternel, à quelques semaines des Jeux Olympiques de Barcelone. Il trouve refuge à Phoenix qui vient de construire sa nouvelle arena. Les Suns n’ont qu’une ambition : le titre NBA. Barkley est censé être la pièce manquante du puzzle.

MVP en 1993

Après un été de folie avec la « Dream Team » – or olympique et meilleur marqueur du tournoi -, « Sir Charles » explose les compteurs dès sa première saison dans l’Arizona. Barkley confirme là qu’il adore les premières. Avec une moyenne de 25.6 points et 12.2 rebonds, il met la patte sur le trophée de MVP de la Ligue en mai 1993. L’ailier des Suns termine 5e meilleur scoreur NBA et 6e meilleur rebondeur avant de livrer une campagne de playoffs intense avec 26.6 points et 13.6 rebonds par match. Lors de la finale de la Western Conference, il assène 44 points aux Seattle Supersonics dans le Match 7, plus 24 rebonds pour corser l’addition ! Barkley a pris rendez-vous avec Michael Jordan pour ce qui restera l’une des plus grandes Finales de toute l’histoire de la NBA. Certes, les Bulls finissent par mater Phoenix (4-2) mais Barkley est absolument royal.

« Ce fut ma meilleure saison et mes meilleurs playoffs », rappelle-t-il à souhait.

Des problèmes de dos récurrents perturbent son année suivante. Il ne joue que 65 matches. Le MVP 1993 songe même à mettre un terme à sa carrière. Les Suns l’en dissuadent. Il revient à la charge en playoffs mais les Rockets, futurs champions, mettent fin à l’aventure de Phoenix en demi-finales de Conférence, en 7 matches. « Sir Charles » tourne toujours au super. La preuve : en 1994-95, il met les Trail Blazers au supplice lors du 1er tour avec une moyenne de 33.7 points et 13.7 rebonds et un sweep retentissant. Une nouvelle fois, les Rockets – en mode back-to-back – mettront un frein aux ambitions des Suns. Barkley termine blessé.

A Houston pour un « Big Three » de papys

L’intérieur All-Star n’a plus qu’une saison à vivre sous le soleil de l’Arizona. Il compile plus de 23 points et 11 rebonds par match avant de tomber sans gloire au 1er tour des playoffs. La magie n’opère plus à Phoenix. Direction Houston. Avec Hakeem Olajuwon et Clyde Drexler, il compose un fabuleux « Big Three »… qui ne gagnera pourtant jamais le titre. En 1997, le Jazz de la paire Stockton-Malone douche les espoirs des Rockets en finale de Conférence. John Stockton ridiculise son adversaire direct, Matt Maloney. Barkley n’a pu jouer que 53 matches durant l’année et il est encore diminué en postseason. 1998 confirme le déclin de la star qui chute à 15.2 points et 11.7 rebonds. Clyde Drexler a mis fin à sa carrière. Les Rockets pensent rebondir avec Scottie Pippen. L’ex-prodige des Bulls a gagné six bagues de champion avec Michael Jordan. « Sir Charles » compte sur son expérience pour arracher ce titre qui s’est toujours refusé à lui. Mais dans cette saison écourtée par le lock-out, les Rockets sont hors du coup. Ils disparaissent dès le 1er tour des playoffs, éliminés par les Lakers. La greffe Pippen ne prend pas. Pire : durant l’été suivant, l’ex-n°33 des Bulls balance sur Barkley.

« Michael Jordan m’avait bien dit que Barkley ne gagnerait jamais rien avec son gros cul… »

Le divorce est consommé. Pippen prend la direction de Portland. Barkley entame une tournée d’adieu à l’aube de l’exercice 1999-2000. Une blessure au genou gauche met fin à sa carrière. Ironie du sport, il se blesse là il avait débuté, à Philadelphie.

« Sir Charles » se retire après 1 073 matches de saison régulière et 11 All-Star Games (dont un titre de MVP en 1991 à Charlotte). Cinq fois, son nom sera cité dans la All-NBA First Team. Deux breloques en or témoignent des titres olympiques obtenus en 1992 et 1996. Evidemment, il manque l’essentiel. Une bague de champion NBA. Barkley a trop souvent été du mauvais côté. Contre Boston, contre Detroit, contre Chicago lorsqu’il évoluait sur la Côte Est… Passé à l’Ouest, il demeura toujours de l’autre côté du miroir. Il a souvent médité la maxime « If you can’t beat ’em, join ’em » (Si tu ne peux pas les battre, rejoins-les) mais ne l’a jamais mise en application. Ou alors avec un temps de retard. Too bad.

Florilège des bons mots de « Sir Charles » :

- « Je n’écoute pas les arbitres. Je n’écoute jamais les gens qui se font moins d’argent que moi. »

- Aux JO de Barcelone : « La seule formation capable de nous battre est l’équipe féminine des Etats-Unis ».

– Avant un All-Star Game : « Je n’avais jamais réalisé qu’on pouvait réunir autant de mecs aussi laids dans un même endroit »

- « Moi, je n’ai pas volé mon argent aux Sixers. J’ai joué avec des gars qui avaient besoin de porter un masque pour aller chercher leur chèque. »

- « N’importe quel abruti peut marquer des points. »

- « La pression ? Ce n’est pas le truc qu’on met dans les pneus ? »

- A propos de l’instauration de la défense de zone en NBA : « C’est un grand jour pour les tocards ».

- « En quoi Larry Bird et Christian Laettner se ressemblent-ils ? Ils sont tous les deux blancs et ils pissent debout. »

- « Les Bulls d’aujourd’hui sont juste une bande de jeunes branleurs surpayés. Put…, je maudis ma mère pour m’avoir mis au monde dix ans trop tôt ! »

- « On peut m’acheter. S’ils y mettaient le prix, je pourrais bosser pour le Ku Klux Klan. »

- « Quand votre fils vous présente sa copine et que vous dites qu’elle a de la personnalité, ça signifie qu’elle est moche. Quand on dit qu’un basketteur travaille dur, c’est pareil. Ça veut dire qu’il n’a aucun talent. »

Stats en carrière

16 ans

1 073 matches (1 012 fois starter)

22.1 pts, 11.7 rbds, 3.9 pds, 1.54 int, 0.83 ct

54.1% aux tirs, 26.6% à 3 points, 73.5% aux lancers francs

Palmarès

MVP : 1993

MVP du All-Star Game : 1991

All-Star : 1987, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 97

All-NBA First team : 1988, 89, 90, 91, 93

All-NBA Second team : 1986, 87, 92, 94, 95

All-NBA Third team : 1996

NBA All-Rookie team : 1985

Champion olympique : 1992, 96

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