Le meneur canadien des Suns est entré dans l’histoire en réussissant un doublé au titre de MVP.
Une façon de récompenser un joueur qui rend ses partenaires meilleurs avant de soigner ses stats personnelles. Avec Steve Nash, c’est une mini-révolution des mentalités qui est en marche.
Steve Nash n’a pas participé aux playoffs cette saison, une première depuis 1999. Une hérésie aussi pour une équipe qui alignait une pléiade de stars (O’Neal, Stoudemire, Hill…). Les choix plus que douteux du GM, Steve Kerr, ont eu la peau du showtime version Arizona. Un basket tout pour l’attaque, qui rendait fous adversaires et spectateurs mais qui se heurtait à quelques cactus en playoffs, quand les choses devenaient sérieuses.
Heureux comme un poisson dans l’eau durant la saison régulière, le chef d’orchestre de ce feu d’artifice a donc décroché deux titres de MVP consécutifs. Un doublé historique qui place Steve Nash, passeur-artilleur de génie, au niveau de Russell, Chamberlain, Abdul-Jabbar, Moses Malone, Bird, Magic, Jordan et Duncan… Excusez du peu ! Surtout pour un petit meneur blanc qui n’a jamais affiché des qualités athlétiques exceptionnelles mais qui court comme une gazelle, dégaine plus vite que son ombre, sert le caviar à la louche et possède un compas dans l’œil en dépit d’un très léger strabisme (de quoi avoir une meilleure vision périphérique !). Nash, citoyen du monde, devient le premier MVP non-américain (Duncan et Olajuwon ont joué pour USA Basketball) et le premier meneur élu depuis le grand Magic.
Sa consécration, le Canadien aux cheveux longs, parfait sosie du chanteur James Blunt, la doit évidemment à son impact sur le collectif des Suns. En 2004, Phoenix sort d’une saison cauchemardesque à 29 victoires. Le nice guy arrive et c’est la métamorphose : plein soleil, pole position, 62 succès. « Hair Canada » régale l’assistance avec 11.5 assists, 15.5 points à 50.2% et 43.1% derrière l’arc. Meilleur passeur de la Ligue, il rend évidemment ses coéquipiers meilleurs mais soutient pourtant le contraire :
« Je crois que mes partenaires, eux aussi, me rendent meilleur », déclare-t-il au moment de recevoir son second trophée l’année suivante.
Là encore, son altruisme paie (10.5). Il cartonne aux tirs (18.8 pts à 51.2%) et surtout, il fait progresser statistiquement six de ses coéquipiers parmi lesquels Amaré Stoudemire et Boris Diaw, qui pulvérisent leurs moyennes.
« A Phoenix, j’ai trouvé un environnement parfait, explique-t-il à l’époque. Les mecs autour de moi sont intelligents. C’est très agréable à vivre sur le terrain. »
Cette double récompense marque un tournant dans l’histoire du titre de MVP. Elle change quelque peu la signification du trophée, prouvant que faire jouer les autres du mieux possible compte tout autant que planter un maximum de points.
Nash incarne la créativité. Très jeune, il a appris à dribbler des deux mains, ce qui lui permet de se jouer de tous les obstacles. Au-delà du manieur de balle d’exception, c’est surtout un compétiteur hors pair.
« Oui, je suis un compétiteur dans l’âme. Je tiens ça de mon père qui était footballeur. Mais j’ai aussi besoin de prendre du plaisir. Pour ça, je dois trouver la meilleure façon de m’exprimer. J’aime jouer, j’aime bosser, essayer d’être encore plus fort, me fixer de nouveaux défis. »
Ecœuré par cette saison 2008-09 où il n’a pas franchi la barre des 10 passes (9.7) – une première depuis cinq ans -, Steve Nash aurait pu se lancer un dernier défi.
Par exemple à New York, sa ville d’adoption. Aux côtés de son ancien coach Mike D’Antoni. Il a finalement accepté une prolongation de 2 ans et 22 M$ dans l’Arizona, avec une équipe qui repart de zéro ou presque, et doit sans doute se résoudre à quitter la Ligue sans une bague en 2012. A moins que d’ici là…
Titres de MVP : 2005, 2006
Nombre de matches NBA : 934
Nombre de points en carrière : 13 438
