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[Michael Jordan, 20 ans déjà] la tempête médiatique de 1991

Tout au long de l’année, Basket USA vous a proposé une saga Michael Jordan à l’occasion des 20 ans du premier titre des Bulls, en 1991 face aux Lakers.

Le lockout terminé, nous reprenons le cours de l’histoire là où nous l’avons abandonnée. Nous sommes au printemps 1992, Chicago va réussir le back-to-back et le basket s’imposer dans le monde entier grâce à la fabuleuse épopée de la « Dream Team » à Barcelone, également retracée dans cette rubrique.

Mais avant cela, Michael Jordan va vivre une reprise de championnat compliquée en raison de mauvaises fréquentations et de choix controversés…

Trop de succès, ça dérange. Même aux Etats-Unis. Après le triomphe des Bulls face aux Lakers, certains ont tout tenté pour contrarier la star n°1 du basket mondial. Livre. Polémiques. Procès. Sa vie privée a été investie, autant que sa vie professionnelle. Michael a mis tout le monde d’accord durant les six confrontations face aux Trail Blazers. La seule chose inattaquable, c’est son talent. Ça, personne ne pourra le lui enlever. Ni Portland, ni personne d’autre.

« Je ne peux pas vous dire à quel point je suis heureux ce soir », confie-t-il à l’issue du Game 6 des Finales 1992. « On était attendus partout et personnellement, j’ai eu pas mal de problèmes à régler. Cela n’a pas toujours été très joli mais nous pouvons marcher la tête haute. »

La champagne coule à flot dans les gosiers et sur les crânes. Jordan a la mine réjouie, comme on peut l’avoir quand on a le sentiment d’avoir accompli son devoir. Détendu, rigolard, jouant avec les caméras, dansant avec ses potes : c’est Michael comme on avait perdu l’habitude de le voir. L’année précédente à la même époque, il pleurait de bonheur en serrant son premier trophée contre sa poitrine. A présent, il n’est plus que rires et sourires.

MJ snobe la réception à la Maison Blanche…

Entre ces deux images, une année. Et quelle année ! Heureusement, tout s’est bien terminé. Sinon, la pub pour une boisson énergétique axée sur le slogan « Be like Mike » aurait perdu de sa pertinence. Il n’aurait pas vraiment fait bon être dans les pompes de « MJ ». Car « Sa Majesté » avait quelques casseroles pendues au derrière après s’être tout juste débarrassé de son étiquette de loser sublime…

Après le titre de 1991, Michael voit son image attaqué par les défenseurs de la cause noire. Tout au long de sa carrière, on lui reprochera de ne pas avoir de véritable conscience politique et guère plus de conscience sociale (mais n’est pas Muhammad Ali qui veut). Cette année-là, il se voit plus précisément reprocher de ne rien faire pour ses frères de couleur, si ce n’est porter occasionnellement une casquette à la gloire de Malcolm X…

« J’aide beaucoup de gens, sans regarder leur couleur », rétorque-t-il. « Ma fondation offre des bourses à des étudiants noirs. Seulement, je ne le crie pas sur tous les toits. »

Courant octobre, les Bulls sont invités à la Maison Blanche. George Bush père a le plaisir de serrer la main de tous les joueurs. Tous sauf le n°23, absent.

« J’étais en vacances avec ma famille. »

L’excuse n’est pas suffisante pour l’opinion publique américaine, qui voit presque là un geste antipatriotique. Enième coup de canif à une image de marque déjà écornée. Car le personnage Jordan n’a jamais fait l’unanimité. Derrière l’esthète des parquets et le compétiteur ultime, certains soupçonnent un individu un peu (beaucoup ?) trop sûr et fier. Il n’est pas humain sur un parquet. En dehors, il ne donne pas nécessairement l’impression de l’être plus. Coup d’envoi de la saison régulière 1991-92. « MJ » rejoint le camp d’entraînement des Bulls avec plusieurs jours de retard. La raison ?

« Ce n’est pas votre problème », répond-il sèchement à un journaliste. « De toute façon, j’avais prévenu les dirigeants. »

Informateur du FBI, n°1 d’une association de malfaiteurs…

Rien à ajouter. Mais certains joueurs, comme Horace Grant, ne tolèrent pas ces passe-droits et ce qui s’apparente à du laxisme face à la toute-puissance d’une superstar. Pas très sain non plus, le comportement de Jordan décrit dans le livre « Jordan Rules ». Avec force anecdotes, Sam Smith dévoile une star capricieuse, égoïste, égocentrique, tyrannique et parfois gratuitement méchante. Plusieurs Bulls volent au secours de l’icône.

« C’est le meilleur livre de fiction que j’aie lu depuis un bon moment ! », ironise Stacey King.

La tempête se calme. Pas pour longtemps. Un dénommé James « Slim » Bouler se présente à une banque de Caroline du Nord pour encaisser un chèque de 57 000 $ émis par Jordan. Le problème est que le « Slim » en question est un dealer de cocaïne. Cela fait un peu désordre.

« Je lui ai prêté cet argent pour qu’il ouvre un garage », explique Michael.

Quelques jours plus tard, un ami, Eddie Dow, est intercepté en possession de trois chèques signés par « MJ » pour une valeur globale de 108 000 $. Motif : remboursement de dettes de jeu. Les paris sont interdits dans l’Etat. Ce n’est plus le désordre, c’est le bordel.

« J’ai été un peu naïf. J’ai été surpris de découvrir les activités de ces gens-là », avance le n°23 chicagoan pour sa défense.

A tout cela, on peut ajouter toutes sortes de rumeurs délirantes comme son prétendu divorce (qui deviendra réalité bien des années plus tard), son rôle d’informateur du FBI ou encore sa position à la tête d’une association de malfaiteurs… Avant le premier rendez-vous de la Finale et après des matches de playoffs difficiles qui ont laissé apparaître certaines faiblesses et de grosses tensions internes, les Bulls ne sont pas vraiment sereins. Notre bonhomme risque gros. De ce côté-ci de l’Atlantique, on ne pardonne pas grand-chose aux losers.

« J’ai reçu un don de Dieu mais comme tout le monde, je fais des erreurs »

Et que va faire le roi des airs ? La totale ! De la première mi-temps surnaturelle du Game 1 aux deux lancers francs réussis à la fin du Game 6 qui offrent un deuxième titre consécutif aux Bulls. Trente-cinq points en une mi-temps, nouveau record en Finale NBA, avec un 6/9 à 3 points (Game 1) ?

« Ce n’était pas ma spécialité… »

Dans le Game 2, Jordan fait perdre les Bulls. D’abord en prenant une faute technique qui remet Portland dans le match puis en manquant le dernier shoot pour la gagne à deux secondes de la fin. Ses stats : 39 points, comme au premier, 10 passes et 5 rebonds. Quand même !

Au Game 3, Monsieur se met un peu en retrait et laisse les copains s’éclater, Scottie Pippen et Horace Grant en tête. Il termine meilleur marqueur des Bulls avec 26 pions. Quand même !

Game 4 ? 32 points, meilleur marqueur à nouveau. Mais il y a ces 5 pertes de balle, dont une qui tue à 3 minutes de la fin. Portland égalise à 2-2. Au Game 5, cela devient sérieux. Alors, « Air » sort le grand jeu. 46 points. Intouchable.

Rendez-vous à Chicago pour le Game 6. Le dernier ? Portland n’a pas abandonné. Michael semble fatigué. Les Trail Blazers s’envolent. Quinze points d’avance à l’attaque du dernier quart-temps. Rien à faire, apparemment. Jordan est sur le banc, pensant déjà au Game 7. Pas les remplaçants qui réalisent l’incroyable. En 4 minutes, ils reviennent sur Portland, soutenus par un public en feu… et par Jordan himself. Le meilleur joueur du monde s’est transformé en meilleur supporter de la Terre.

Retour sur le terrain à 6 minutes de la fin. Royal. Six tirs réussis sur sept et deux lancers francs qui bouclent l’affaire. Jordan est élu MVP après avoir obtenu la même distinction durant la saison régulière. Comme l’année précédente. C’est la première fois qu’un joueur remporte ces deux distinctions deux années de suite. Encore un paragraphe dans les livres d’histoire. Vive le roi et que la fête commence…

Top 10 des Finals 1992

[videopub http://youtu.be/meDNQFSQsA8]

« Je n’ai jamais demandé à être mis sur un piédestal. J’ai reçu un don de Dieu et ce sont les gens qui m’ont posé là-haut. J’aimerais être parfait mais je ne le suis pas. Comme tout le monde, je fais des erreurs. J’essaie de m’en servir pour devenir meilleur », disait-il l’hiver précédent, en pleine tourmente médiatique.

Dans les premiers jours de l’été 1992, tout est oublié. Michael Jordan fait de nouveau rêver. Un peu plus encore, peut-être… Durant la parade dans les rues de Chicago, un jeune fan regarde la publicité pour la boisson énergétique diffusée sur un écran géant.

« Eh, je ne veux pas être comme Mike, je veux être Mike ! », lance-t-il à un copain.

Ce n’est pas le seul.

A suivre…

Basket USA

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