Humeurs

Don’t Believe The Hype

En musique, au cinéma, à la télévision et bien évidemment en sport, la notoriété n’attend pas le nombre des années. Du jour au lendemain, on peut se retrouver tout en haut de l’affiche, et proclamé « Nouvelle Star ».

La règle s’applique à la NBA, avec une certaine impartialité parfois sympathique, d’autres fois cruelle. Passé de l’ombre à la lumière, et de la lumière à l’ombre en l’espace de quelques secondes, pour la plupart des joueurs, c’est une réalité. Bienvenue dans le paradis du buzz et l’enfer de la hype. Le dernier exemple en date : Blake Griffin.

Jordan et les 90’s y sont pour quelque chose

Bien qu’ils s’agissent d’histoires vieilles comme le monde, ces phénomènes se sont décuplés avec la médiatisation de la ligue. Après une période dorée, entre les années 80 et les années 90, la NBA a perdu en Jordan et ses rivalités une image de marque. Plus que le départ de la star des Bulls, c’est tout un système qui a cherché à se renouveler. Une nouvelle page devait s’écrire, mais il est difficile de remplacer au jour le jour l’excellence. Tout le monde a commencé à y mettre son petit grain de sable. C’était un peu « A la Recherche du Nouveau Jordan ».

Et dans cet océan de comparaisons (Vince Carter, Harold Miner…) se trouvait probablement Kobe Bryant. La compatibilité avec le numéro 23 des Bulls n’a pas tardé, avec les débats que l’on connait. Aujourd’hui, qualifiés de « stériles », ils ne mènent vraisemblablement nulle part. Il faut tout de même comprendre que ça relève de la nature humaine de vouloir sans cesse comparer, évaluer et constater. Pour un tel univers, le renouvellement est pratiquement institutionnel. Il faut toujours voir plus fort, plus loin, plus haut. Notre société l’exige. Au point que de nos jours, n’importe quelle nouvelle tête se verra automatiquement coller une étiquette. Un déroulement obligatoire et impitoyable mais nécessaire ?

Pour un LeBron James, combien de haut draftés tombés très bas…

Alors forcément, la ligue est friande de ce genre de publicité, marketing oblige. L’effet LeBron a plutôt bien marché, il faut le reconnaitre. Il suffit de voir comment Cleveland a existé aux yeux des NBAer’s durant quelques années, malgré une communication pas toujours évidente. Cependant ce n’est pas le cas pour tout le monde. On pense notamment à la draft de l’an 2000 : Stromile Swift, Marcus Fizer, Darius Miles, DerMarr Johnson ou encore Chris Mihm pour le « Top 7 ». Que sont-ils devenus ? Ont-ils été au moins une fois en haut de l’affichae ?

On pense également à toute l’attention médiatique portée sur Kwame Brown et Darko Milicic en 2001 et 2003. Seul le second semble enfin s’en sortir à peu près, et il aura fallu attendre 7 ans. Des joueurs aux carrières universitaires ou lycéennes plus qu’honorables, mais absolument pas préparés à la confrontation avec le mur de la réalité : le public. Ne pouvant pas contrôlés la hype les entourant, ils se retrouvent enfermés dans le « merveilleux » système des billets verts et de la gloire. Un certain système de « sortie », seulement, on ne sait pas ce qui peut nous attendre au bout, alors on fonce droit dedans parce que ça semble hurler « liberté » à tout va.

Le triangle des Bermudes : Scouts – analystes – prospects

A moins que ça ne soit les agents, les partenaires publicitaires et autres scouts qui crient. Bien sur le talent joue beaucoup dans ce genre de situation, tout comme le mental, mais n’y a-t-il pas une célèbre phrase qui nous qualifie tous « d’êtres uniques ». Aujourd’hui, on le voit bien, John Wall à un peu de mal à gérer sa hype, son équipe végète en bas de tableau. Heureusement pour lui, les excuses sont largement recevables. Tandis que Blake Griffin l’a confirmé sans trop de soucis, oui mais pour combien de temps encore ? Il a tellement été érigé qu’aujourd’hui, le moindre faux pas donne la sensation qu’il va être guillotiné en place publique. Rien que la minuscule échauffourée avec Lamar Odom l’a prouvé.

Que dire enfin du cas Jeremy Tyler, celui qui a voulu essayer une « Brandon Jennings » en Europe et qui finalement s’est retrouvé tout seul à jouer au Japon tout ça parce qu’il avait fait le buzz et que ça hype n’a cessé de grandir. Il restera toujours des bonnes histoires à raconter, comme celle de Sundiata Gaines et des mauvaises comme celle de Marcus Fizer.

Un phénomène qui n’est pas près de s’arrêter…

Aujourd’hui c’est tout un système qui s’est déversé à l’ensemble du territoire. Dans n’importe quel coin des Etats-Unis, une star locale pense qu’elle est la nouvelle étoile du basket. C’est peut-être vrai, mais ce n’est pas une raison pour ne pas effectuer tout le travail en amont pour arriver à cette consécration. Car il est bel et bien là le problème. On annonce tellement vite un talent qu’on en oublie son jeune âge. Justement on pense pouvoir le façonner au mieux, mais en réalité on façonne son propre univers, tout en cassant celui des autres. Certains agents ou publicitaires en sont conscients, d’autre  peut-être pas. Malheureusement ce métier n’a jamais été rattaché à une notion de passion et d’amour-propre. C’est un métier en rapport avec le monde tel qu’il est, économique et avec une morale peu développée. Combien de victimes viendront s’échouer dans les années à venir sur les vastes parquets ? Une question sans réponse, mais tôt ou tard les éléments se présenteront.

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