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Russell Westbrook 2017 = Kobe Bryant 2006

Par  — 

Il y a quelques années, j’avais écrit que Russell Westbrook n’avait rien d’un « franchise player ». A l’époque, Kevin Durant était blessé et Westbrook multipliait les exploits individuels sans pour autant rendre ses coéquipiers meilleurs. C’est pourtant la qualité numéro 1 pour être considéré comme « valuable ».

Aujourd’hui, je ne changerais pas une virgule à ce que j’avais écrit puisque j’ai toujours autant de mal à apprécier les performances du meneur du Thunder. Bien sûr, tourner en triple double est un remarquable exploit. Quasi unique même puisque seul Oscar Robertson y est parvenu dans l’histoire. Bien sûr, sans lui, le Thunder ne gagnerait peut-être pas 20 matches sur la saison. Bien sûr, planter 58 points en 36 minutes, comme cette nuit, n’est pas donné à tout le monde. Bien sûr, il laissera une trace dans l’histoire. Jamais je n’ai vu un tel phénomène physique sur un parquet. A son poste, c’est l’équivalent d’un LeBron James ou d’un Shaquille O’Neal. Un véritable extra-terrestre.

Mais voilà, plus la saison avance, et plus Russell Westbrook me fait penser au Kobe Bryant de 2006. Celui qui avait planté 81 points face aux Raptors et 62 points points en trois quart-temps face aux Mavs. Cette année-là, Kobe était aussi sur une autre planète. Il n’avait peut-être jamais été aussi fort. Individuellement bien sûr, et ce n’est pas surprenant de se souvenir que Westbrook est le joueur préféré de Kobe. Avait-il pour autant été élu MVP en 2006 ?

33 tirs par match… quatre défaites de suite

Eh non… Les Lakers avaient terminé 7e de leur conférence (comme le Thunder cette saison…), et les votants avaient préféré désigner Steve Nash, le leader des Suns, menés à l’époque par… Mike D’Antoni. Onze ans plus tard, j’ai l’impression de revivre la même saison. D’un côté, il y a James Harden, meilleur passeur de la NBA, coaché par Mike D’Antoni (tiens… tiens…), et de l’autre, il y a Russell Westbrook, le meilleur marqueur de la NBA, seul contre tous. De plus en plus seul même puisqu’il prend de plus en plus de tirs, et fait de moins en moins de passes… De novembre à février, Westbrook prenait entre 22 et 24 tirs par match. En mars ? 33 ! Le bilan collectif : quatre défaites en quatre matches. Cette nuit, il a pris 15 tirs dans le dernier quart-temps. En 8 minutes et 30 secondes.

J’entends ceux qui me disent que Westbrook est obligé d’en faire trop pour sauver le Thunder. J’entends ceux qui me disent qu’il fait 10 passes par match sur la saison. J’entends ceux qui me disent que c’est un hyperactif qui donne tout pour son équipe. En revanche, je n’entends plus ceux qui m’affirment qu’il est mal entouré.

Oui Durant est parti, mais le « supporting cast » reste de qualité : Oladipo, Kanter, Roberson, Gibson, Adams… Ce n’est pas non plus les Nets !

Il s’isole à nouveau de ses coéquipiers

Au fil des matches, ce que je vois surtout, c’est un joueur qui monopolise de plus en plus le ballon, et qui délaisse ses coéquipiers. Il les frustre et les brime. Cette nuit, Steven Adams ne prend qu’un tir. Taj Gibson n’en prend que deux. A lui tout seul, Westbrook a presque pris autant de tirs que tous ses coéquipiers réunis ! C’est ça le basket ? C’est ça être « valuable » ? En se comportant comme ça, Westbrook se coupe finalement de ses coéquipiers, et c’est un mauvais calcul à quelques semaines des playoffs, et ça donne des actions comme celle-ci face aux Mavs il y a quelques jours.

Le Thunder est quasi assuré d’aller en playoffs. Il jouera sans doute les Spurs au premier tour. L’an passé, certes avec Durant, OKC avait créé l’exploit de sortir San Antonio, et il s’agissait d’abord d’un exploit collectif avec une défense exceptionnelle et des responsabilités partagées en attaque. Le trio Ibaka-Adams-Kanter avait été brillant, tandis que Roberson entamait son éclosion. C’est collectivement que le Thunder avait éliminé les Spurs puis fait douter les Warriors, menant même 3-1 dans leur série. Je crois aussi que c’est collectivement que le Thunder s’en sortira, et Westbrook a un mois pour se calmer en attaque.

Où est le plaisir de partage ?

Qu’il revienne à 20-25 tirs par match. Qu’il implique dès le début de match ses coéquipiers comme il le faisait en début de saison. En les servant en début de match, il les met en confiance, et les Adams, Sabonis ou encore Gibson savent qu’ils ne sont pas là uniquement pour faire des écrans et prendre des rebonds. Que Westbrook prenne exemple sur Harden. Lui aussi aime le ballon. Lui aussi a du déchet. Lui aussi peut prendre 40 tirs par match. Mais Harden a compris qu’il ne gagnerait jamais seul. Il rend Capela meilleur. Il rend Gordon meilleur. Il rend Anderson meilleur. Et ils le lui rendent bien avec enthousiasme. Je ne suis pas certain que les coéquipiers de Westbrook prennent aussi du plaisir sur le terrain, et c’est peut-être là le vrai problème du Thunder à l’attaque de la dernière partie de la saison.

D’ailleurs, Westbrook devrait déjà penser à demain. Il a prolongé jusqu’en 2019, et il aura besoin d’aide pour être champion NBA. La question est donc de savoir si des joueurs sont prêts aujourd’hui à le rejoindre. Est-ce que Westbrook donne envie jouer avec lui ? On aura un début de réponse en juillet prochain, mais qu’il sache qu’en 2006, les Lakers n’avaient attiré personne lors de l’intersaison, et qu’un an plus tard, Kobe s’en était pris à ses dirigeants et qu’il avait failli quitter les Lakers.

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